La lecture numérique en France : mise en perspective

8 04 2012

Un baromètre semestriel sur les usages du livre numérique en France a été mis en place par la Sofia, le SNE et la SGDL avec une première étude en mars 2012 qui a porté sur 2014 personnes pour l’échantillon « population française » et sur 505 personnes pour l’échantillon « lecteurs de livres numériques ». Nous vous en présenterons ici quelques conclusions majeures, mises en perspective avec celles issues de l’étude menée par le cabinet GFK en mai 2011 (sur un échantillon de 1000 personnes) ainsi que de chiffres nous provenant des Etats-Unis afin de mieux discerner le chemin qu’elles semblent tracer pour l’évolution de la lecture numérique en France.

L’ebook, aujourd’hui, ça concerne qui ?

Selon ce nouveau baromètre, réalisé par OpinionWay, seuls 5% des français auraient déjà lu, au moins en partie, un livre numérique, un chiffre étonnamment bas comparé au résultat de 14% obtenu par Gfk. Selon le baromètre OpinionWay, seuls 5% supplémentaires de la population française envisageraient de lire en numérique. A titre indicatif, aux Etats-Unis, on estime en février 2012 que 21% de la population aurait déjà lu un ebook.

Quel est le profil du lecteur d’ebooks ? Sans surprise, plutôt un homme, de moins de 35 ans et de CSP supérieure, et surtout, déjà gros consommateur de livres papier. Parmi les lecteurs de livres numériques, au cours du mois écoulé, 65% auraient lu un livre papier et 49% un ebook. Le livre numérique apporterait ainsi de nouvelles pratiques (et un plus gros volume de lecture, pour 24% des sondés), plus que de nouveaux lecteurs. Ceci est cohérent avec la tendance observée aux Etats-Unis. Une étude menée par le Pew Research Center conclut ainsi qu’en 2011, 72 % des lecteurs auraient lu un livre imprimé, et environ 88 % des personnes ayant lu au moins un ebook pendant l’année auraient également lu un livre imprimé.

 

Ebooks vs. livres papier

Comment se positionnent livres numériques et livres papier dans ces nouveaux usages ? La possession d’un terminal de lecture, la facilité de stockage, la mobilité et le prix sont selon le baromètre OpinionWay les principaux arguments qui semblent jouer en faveur du livre numérique, tandis que le confort de lecture, la variété du choix et le plaisir d’offrir constituent les atouts majeurs du livre imprimé. Ces résultats s’inscrivent dans la droite ligne de ce que l’on observe aux Etats-Unis.

En termes de type de livres lus, la littérature semble avoir la part belle dans les usages des lecteurs d’ebooks ; 62% déclarent en lire. Leur second choix va aux documents, actualités, essais, livres de beaux arts et livres pratiques (32% des achats) puis aux livres scientifiques et techniques (30%), aux dictionnaires et encyclopédies (27%), aux livres de sciences sociales (24%), aux bandes dessinées (22%) et à l’enseignement scolaire (18%). Seuls 13% lisent de la littérature numérique jeunesse, 12% des livres traitant de religion ou d’ésotérisme, et 11% des guides touristiques et autres ouvrages de documentation. Cette classification ne permet pas d’observer si se vérifie en France l’engouement pour les ebooks de SF et de littérature sentimentale et/ou érotique constaté aux Etats-Unis.

Pour les années à venir, 44% des lecteurs d’ebooks prévoient d’accroître leurs usages légaux de livres numériques et 43% de les maintenir au même niveau. 73% des lecteurs d’ebooks envisagent une stabilité ou une augmentation de leur usage du livre imprimé.

Sur quoi lit-on des ebooks aujourd’hui ?

Selon le baromètre OpinionWay, les principaux supports de lecture de livres numériques actuellement restent l’ordinateur, portable (45% des lecteurs d’ebooks) ou fixe (30%), suivi des téléphones portables et smartphones (22%), des tablettes (18%) et des liseuses (17%). Ces chiffres sont tout à fait comparables à ceux auxquels aboutissait l’étude Gfk en mai dernier (support de lecture principal l’ordinateur à 56%, le téléphone portable à 19%, la tablette à 15%). La pénétration des liseuses est beaucoup plus marquée aux Etats-Unis où elle talonne l’ordinateur comme support de lecture (41% des lecteurs d’ebooks contre 42% pour l’ordinateur).

Le baromètre apporte également un autre éclairage intéressant sur le choix du support de lecture en corrélant possession d’un support électronique et utilisation de ce support pour la lecture. Sans surprise, 92% des possesseurs de liseuses l’utilisent pour lire, mais c’est également le cas de 79% des lecteurs possesseurs de tablettes. Ce chiffres tombent à 56% pour les possesseurs d’ordinateurs portables, 45% pour les ordinateurs fixes et 27% pour les smartphones.

 

Où s’approvisionne t-on en ebooks ?

Selon le baromètre OpinionWay, 80% des lecteurs d’ebooks se contenteraient de l’offre légale disponible, par respect du droit d’auteur (55% des répondants), par crainte de la sanction (30%) ou par satisfaction de l’offre existante (25%).

20% des lecteurs d’ebooks auraient en revanche déjà eu recours à une offre illégale de livres numériques, le plus souvent parce que l’offre légale manquait ou était trop chère (63% des répondants). Effet de hasard, pudeur des répondants ? Ce chiffre de 20%, déjà élevé, est pourtant bien inférieur à celui obtenu par Gfk (29%).

Toujours selon le baromètre OpinionWay, 74% de lecteurs d’ebooks auraient déjà acheté au moins un livre numérique. 36% se cantonnent donc aux ebooks gratuits, proportion à laquelle parvenait également l’étude Gfk.

Les ebooks sont achetés principalement en paiement à l’acte (67%) et chez des « géants » de l’Internet comme Amazon, l’Apple Store ou Google Books (cela arrive à 38% des lecteurs d’ebooks) ou du commerce culturel comme Fnac, Cultura ou Virgin (30%). Les sites de libraires (Dialogue, La Procure, Le furet du nord…) attirent encore 19% des lecteurs d’ebooks. Les sites d’acteurs « pure-players » ou d’auteurs restent en revanche une source d’approvisionnement marginale (11% vont dans des e-librairies pure-players, 8% sur des sites d’éditeurs ou d’auteurs), confirmant si besoin en était, que ce marché émergent est encore complètement entre les mains d’acteurs « traditionnels ».

 

Il est intéressant de constater que d’une année sur l’autre, les grandes tendances de la lecture numérique en France ne semblent pas évoluer de manière fondamentale et restent globalement cohérentes avec ce que l’on peut observer aux Etats-Unis. Une différence majeure entre ces deux pays est le taux de pénétration des liseuses, qui a sans doute une influence non-négligeable sur le décollage du marché, et que l’on peut expliquer au moins en partie par un simple décalage dans le temps ; aux Etats-Unis, la première liseuse vraiment pratique, et autonome, avec sa connexion Internet, est apparue en 2007 (c’était la première version du Kindle) quand en France il a fallu attendre 2011. Garder les yeux rivés au delà de l’Atlantique pour essayer de prévoir les évolutions du livre numérique en France n’est donc pas complètement absurde.

En attendant, dans les années à venir, selon le baromètre OpinionWay, 44% des lecteurs d’ebooks pensent augmenter leur usage de livres numériques légaux et 43% le maintenir ; 11% seulement pensent le diminuer. Rappelons tout de même que ces lecteurs ne constituent selon ce baromètre que 5% de la population française ; si la tendance est positive, la route reste longue. Et parsemée de défis : rendre le prix des livres numériques plus accessible, accroître et diversifier l’offre légale, améliorer les supports de lecture, les fichiers… ce n’est encore que le début de l’aventure !

Pour ceux qui veulent aller plus loin, l’étude complète est disponible ici.





Kobo by Fnac : un concurrent sérieux pour le Kindle d’Amazon ?

4 11 2011

Avec les résultats décevants d’Apple et le moindre remous provoqué par l’arrivée de Google sur le marché du livre numérique, Amazon continue de dominer souverainement ce marché (pour rappel : on estime qu’ils représentent au moins 50 à 60% du marché du livre numérique aux Etats-Unis). Mais si la véritable concurrence était à attendre plutôt en provenance de Kobo ?

Lancé début 2009 par la chaîne de librairies canadienne Indigo Books and Music, initialement sous le nom de Shortcovers, Kobo s’est assez vite hissé au rang d’acteur majeur sur le marché américain du livre numérique, dont on estime qu’il représente aujourd’hui environ 10 à 15%. Comme Amazon, son offre d’origine, un e-reader associé à un catalogue d’ebooks, s’est progressivement enrichie d’applications, permettant d’utiliser le système Kobo sur une variété toujours plus grande de terminaux électroniques, puis d’outils de lecture sociale (sur ce point, avec ses services Kobo Pulse et Reading Life, Kobo est même plutôt en avance sur Amazon), et à présent d’une gamme élargie de terminaux électroniques de lecture.

Prochaine étape ? L’Europe. « Notre stratégie est de pénétrer de nouveaux marchés en nous associant aux leaders, aux acteurs de référence. », explique Michael Serbinis (CEO de Kobo). Après l’Allemagne et l’Espagne, Kobo applique cette stratégie en France : il proposera son e-reader en partenariat avec la Fnac. « Notre ambition commune est d’offrir une solution performante et l’offre de catalogue la plus large pour répondre aux attentes de nos clients et s’affirmer sur le marché français.» selon Alexandre Bompard (PDG de la Fnac). L’offre « Kobo par Fnac » est attendue pour les fêtes de fin d’année…

Nous n’avons pas encore de détails techniques concernant le modèle d’e-reader proposé par Kobo dans le cadre de ce partenariat mais il y a fort à parier qu’il sera très proche de son Kobo Touch. Design très épuré, écran E-ink Pearl de 6 pouces, tactile jusqu’au bout des ongles (il n’y a aucun bouton !), relativement léger (185 grammes), avec un stockage réel utilisateur de 1Go (mais jusqu’à 32Go avec des cartes MicroSD) et une autonomie de batterie d’environ un mois, une connectivité Wi-Fi ; le Kobo Touch est complètement dans les standards techniques actuels du marché. Son accès facilité au catalogue d’ouvrages Kobo ainsi que ses fonctions de lecture sociale particulièrement avancées (connexion de Reading Life avec les comptes Twitter et Facebook de l’utilisateur, statistiques de lecture, échange de commentaires avec le reste de la – déjà importante – communauté de lecteurs Kobo) le placent néanmoins parmi les e-readers les plus attractifs à l’heure actuelle. Ci-dessous une comparaison entre le Kobo Touch et le Kindle 3, en images :

Avec la fusion des catalogues Kobo et Fnac, les possesseurs d’un « Kobo by Fnac » auront accès à un catalogue de 80 000 ouvrages en français (contre 35 000 sur le Kindle Store à l’heure actuelle), et 2 millions d’ouvrages en anglais. Et ils y auront vraisemblablement accès depuis une tablette tactile (à l’inverse des utilisateurs du Kindle 4). De sérieux atouts pour contrer Amazon… dont on murmure qu’elle pourrait réagir en anticipant la date prévue de lancement du Kindle Touch sur le marché français. La bagarre pourrait se continuer ensuite sur le terrain des tablettes : Kindle Fire vs. Kobo Vox ? Les deux sont attendues dans l’Hexagone dans les prochains mois…

Une inconnue majeure à l’heure actuelle : le prix auquel sera proposé le Kobo by Fnac, et qui pourrait être un argument de poids pour les consommateurs. Pourra t-il s’aligner sur les 99€ du Kindle ?…

Mise à jour du 07/11 : l’information est tombée ! C’est bien le modèle Kobo Touch qui sera proposé dans le cadre de l’offre Kobo by Fnac. Il sera vendu 129,99€, soit tout de même 30% de plus que le Kindle d’Amazon (sauf pour les adhérents de la Fnac qui pourront bénéficier d’une remise de 30€ en chèque-cadeau). Les précommandes ouvrent aujourd’hui et la vente en magasin au 28 novembre.





Joyeux e-Halloween !

31 10 2011

Pour ceux qui souhaiteraient profiter de l’ambiance d’Halloween bien calés dans leur fauteuil avec leur tablette de lecture, voici quelques treats numériques !

- Quelques applications pour iPhone et iPad bénéficiant de promotions spéciales Halloween

- La sélection Halloween des éditions Harlequin

- Juste pour le plaisir : Comment se fabriquer un costume d’Halloween avec deux iPads 2

Et pour finir, un tour de magie spécial Halloween sympa exécuté avec un iPad, par le prestidigitateur allemand Simon Pierro :





« Les Experts » ouvrent la marche

14 10 2011

A l’occasion du lancement de la saison 12 de la série TV « Les Experts : Las Vegas », les éditions Chemins de tr@verse publient un ouvrage qui décortique cette série désormais culte afin d’essayer de comprendre l’attraction que celle-ci continue à exercer sur des millions de téléspectateurs.

Écrit par un journaliste spécialisé dans les séries TV, Guillaume Regourd,                    

« Anatomie d’un succès : 50 questions sur Les Experts » se présente sous la forme de questions/réponses permettant une lecture linéaire ou « à la carte » de l’ouvrage.

« Les Experts : Las Vegas » reflète t-elle vraiment la vision d’un auteur, ou d’une série d’auteurs, de réalisateurs ? Que penser de son réalisme, de son côté « bling bling » et « tape à l’oeil », de ses tendances néo-voyeuristes ? Quelles influences reflète t-elle et comment elle-même a t-elle influencé le monde des séries télévisées ? Guillaume Regourd questionne ce qui en fait une série hors norme, fondatrice, devenue une grosse machine mais toujours dotée d’une âme spécifique ; il s’interroge également sur son avenir.

Un ouvrage indispensable pour les amateurs des aventures de Gil Grissom, Catherine Willows et leur équipe d’enquêteurs, disponible en version numérique (6,99 €) sur Bouquineo.fr, sur l’iBookstore (6,99 €) et sur le Kindle Store (7,72 €). Il est également disponible en version papier (16,93€) sur Bouquineo.fr ainsi que sur Amazon.

« Anatomie d’un succès : 50 questions sur Les Experts » est le premier ouvrage de la collection : « Séries TV » dirigée par Pierre Serisier (auteur du blog “Le Monde des séries“) aux éditions Chemins de tr@verse. D’autres séries cultes seront ainsi mises à nu au fil des prochains mois…





Les lecteurs Kobo, bientôt disponibles en France ?

22 06 2011

Depuis quelques temps, l’arrivée imminente des lecteurs Kobo en France fait du bruit. Peu connu en Europe, Kobo est pourtant aux Etats-Unis un concurrent de taille face aux géants du secteur que sont Amazon, Barnes & Noble, Google et Apple ; il y détiendrait 10 % du marché du livre numérique. Véritable “touche à tout”, Kobo, c’est des applications pour iPhone et tablette, mais aussi des e-readers peu chers, une plateforme communautaire, un catalogue francophone de  211 208 ouvrages à l’heure actuelle (dont 208 668 gratuits), et bientôt, dans les traces d’Amazon, une plateforme d’auto-publication et de prêt d’ebooks !

Kobo a également présenté récemment son tout nouveau lecteur de livres numériques, le Kobo eReader Touch Edition. Ce qu’il faut en retenir : un écran Pearl, des fonctionnalités sociales unique avec « Reading Life », la possibilité de transférer beaucoup d’ebooks, un écran tactile performant, un clavier numérique très réactif, un changement de pages rapide, un bon gestionnaire de bureau (Kobo Desktop) et un catalogue important de 2,3 millions d’ouvrages. Ses faiblesses : pas de fonction audio, seulement deux polices, pas de dictionnaires ou de système de recherche dans le texte et la nécessité de passer par un ordinateur pour enregistrer l’appareil.

Le Kobo Touch reste toutefois un appareil intéressant pour ceux qui veulent acheter un reader à encre électronique de qualité pour moins de 150 €. En attendant qu’il soit disponible en France, le catalogue francophone est d’ores et déjà disponible ici.

Si aucune de ces nouveautés prises séparément n’est fondamentalement innovante ou impressionnante, il n’en reste pas moins que leur cumul est en train de construire une offre assez complète et cohérente qui présentera des avantages évidents aux yeux des consommateurs français par rapport aux systèmes comparables : le Kindle (également censé arriver en France sous peu !), plus “fermé” et pas tactile, le FnacBook dont l’offre n’a jusqu’ici que modérément séduit (et dont le fabricant est en dépôt de bilan), ou encore le Cybook Orizon qui contre-attaque déjà par une baisse de prix (de 229€ à 199€) et une mise à jour de l’appareil.  Autre actualité remarquée :  Le pocketbook 360 qui passe de 169€ à 129€ avec 1 000 titres français gratuits, déjà pré-enregistrés sur l’appareil

Affaires à suivre…





Les enfants, en ligne de mire des innovations numériques !

13 06 2011

Les livres jeunesse sont en ce moment de véritables terrains de jeu et d’expérimentation tant par la forme que par le fond, pour les auteurs et les éditeurs. Petit tour d’horizon des dernières trouvailles !

Avec pour commencer la dernière version d’iBooks, le logiciel de lecture numérique d’Apple. Une mise à jour des plus intéressantes pour les enfants et leurs parents. Cette nouvelle formule permet de faire la lecture aux enfants mais pas que ! Au delà du simple narrateur, certains ouvrages incluent une aide pour apprendre à lire, avec le surlignage des mots au fur et à mesure de la lecture. De plus, dans les livres enrichis, la lecture des fichiers audio ou vidéo accompagnant le livre se fait désormais automatiquement. Cette application est toujours téléchargeable gratuitement pour iPhone, iPad ou iPod touch à cette adresse !

Dans un autre registre, Google Books innove avec la création du Doodle Mode, une toute nouvelle option, présente sur Google Reader, pour colorier et barbouiller des livres numériques. Pour démarrer l’activité, il suffit de télécharger l’un des livres disponibles à cette adresse, puis de l’ouvrir dans Google Reader et de cliquez sur l’option Doodle. A la fin de vos élans créatifs (ou de ceux de vos enfants), vous pouvez conserver ces chefs d’œuvres en réalisant une capture d’écran.

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, pour clore cet article, vous souvenez vous de vos livres composés de maquettes en 3D qui se dévoilaient à chaque page ? Découvrez, dès aujourd’hui les premiers livres pop-up en réalité augmentée !

 

Des versions numériques françaises, bientôt disponibles ?

 





L’ePub 3.0 arrive !

24 05 2011

L’IDPF (International Digital Publishing Forum, l’organisme à l’origine du format ePub) vient d’émettre un communiqué de presse annonçant l’entrée de la version 3.0 du format ePub en phase de finalisation, avec la perspective d’une livraison dans les prochains mois.

Format ouvert devenu progressivement la norme en matière de livres numériques, l’ePub était jusqu’alors conçu et adapté surtout pour la lecture de livres numériques simples (souvent appelés “homothétiques”) sur de petits écrans, grâce à sa capacité à recomposer la page en fonction des préférences de présentation de chacun. Mais il montrait vite ses limites dès qu’il était question de mises en pages complexes ou d’inclusion d’éléments interactifs dans un ouvrage, ce qui, avec la prolifération récente des expériences en matière d’ebooks enrichis, devenait problématique.

Qu’à cela ne tienne, l’équipe de l’IDPF a retroussé ses manches et voilà le travail : l’ePub 3.0 permettra d’intégrer dans un livre des fichiers audio et vidéo, mais également des images redimensionnables (pour s’adapter à la taille de l’écran utilisé) et des fonctionnalités interactives. Les contenus texte et audio pourront être synchronisés. La gestion des styles de mise en forme et des spécificités linguistiques (par exemple, l’écriture verticale) sera également grandement améliorée.

Voici une petite démonstration de ce que tout cela peut donner concrètement :

Cette nouvelle version est donc une petite révolution dans le monde des livres numériques enrichis, qui ne seront bientôt plus cantonnés aux actuels livres-applications développés pour une plateforme spécifique (en général, pour l’App store d’Apple…), mais pourront prendre la forme de livres ePub lisibles sur n’importe quel outil de lecture. Une belle avancée !





Lire sur iPhone, c’est facile… et agréable : essayez !

6 05 2011

L’idée de lire un livre entier sur un iPhone paraît irréaliste. On se dit que l’écran est trop petit, qu’on passera son temps à tourner les pages, bref, que ce n’est pas fait pour ça. Du coup, on n’essaie pas…

Et pourtant, il y a des gens qui adorent ça ! On peut lire sur iPhone (et probablement sur les mobiles du même type) des livres très longs, sans aucune fatigue, et en oubliant au bout de quelques pages que l’on n’est pas en train de lire sur papier. Avec l’avantage que l’on a toujours son livre à portée de main, que l’on soit dans le métro, dans la salle d’attente du médecin, ou n’importe où.

Le plus facile : mettez vos livres en ePub dans la partie “Livres” de votre bibliothèque iTunes, synchronisez avec votre iPhone, et vous n’avez plus qu’à ouvrir votre livre dans iBooks ! Vous pouvez ajuster la taille des caractères à votre goût, et vous plonger immédiatement dans la lecture…

Vous pouvez aussi utiliser l’application Kindle pour iPhone si vous achetez vos livres sur Amazon, ou encore Stanza… N’hésitez pas à jeter un coup d’œil sur notre page dédiée aux applications de lecture pour en savoir plus.

Alors, pourquoi ne pas vous faire vous-même votre opinion sur le sujet ? Essayez… et dites-nous ce que vous en avez pensé.





Mise à jour – page « Logiciels gratuits »

22 04 2011

Trois initiatives récentes à vous signaler du côté des logiciels de lecture numérique !

L’application iBooks vient de faire l’objet d’une nouvelle mise à jour notable. La version 1.2.2 permet ainsi de lire les vidéos présentes dans un livre enrichi, d’afficher correctement les polices non-standard, et de naviguer de manière plus rapide et efficace au sein des livres proposant une table des matières interactive.

Adobe lance une nouvelle application pour Android : ezPDF Reader, que certains estiment partie pour détrôner l’application officielle d’Android pour la lecture de PDF. EzPDF Reader propose en effet des fonctionnalités telles que le zoom en pincement, l’annotation des livres, les copier-coller, la recomposition du texte selon la taille de l’écran, ou encore l’ouverture des fichiers cryptés par mot de passe.

Enfin, il existe depuis quelques semaines un nouveau plug-in pour la lecture d’ePubs directement dans le navigateur Firefox : Lucifox, qui permet de lire un livre numérique donc, mais également d’explorer un catalogue d’ouvrages (de Feedbooks, Projet Gutenberg ou encore Ebooks libres et gratuits…) et même de créer des ebooks à partir de flux de sites Internet. Il ne permet cependant pas de lire des ebooks ePub déjà présents sur son ordinateur. Il ne lit pas non plus directement les ebooks en PDF, mais les ouvre tout de même dans votre lecteur PDF habituel.

Plus d’informations ici !





Apple et le livre numérique : vers un point de bascule ?

11 04 2011

Malgré les résultats plutôt décevants pour le moment d’Apple dans le marché du livre numérique (Amazon conserverait 80% de ce marché aux Etats-Unis !), et malgré la prédominance sans appel des jeux vidéos dans les pratiques des utilisateurs d’iPad, les innovations se déchaînent ces temps-ci dans l’environnement Apple en matière de lecture numérique.

Beaucoup de ces innovations viennent bien sûr d’acteurs extérieurs.

Les mises à jour des applications de lecture existantes se succèdent (c’était le tour de l’application GoogleBook ces derniers jours !) et participent à la création d’un environnement de lecture toujours plus fluide, plus rapide, plus intuitif.

De nouvelles applications de lecture aux fonctionnalités plus sophistiquées font leur apparition, ainsi l’application de lecture sociale lecteurs.com lancée récemment par Orange (pendant iPhone/iPad/iPod Touch du réseau social de lecture articulé autour du site www.lecteurs.com).

Des applications-livres enrichies paraissent régulièrement, notamment pour la jeunesse, ainsi cette version du Petit chaperon rouge sortie au début du mois :

Mais Apple lui-même semble vouloir faire évoluer ses appareils vers une meilleure gestion de la lecture numérique.

Au niveau logiciel, c’est l’application iBooks qui vient d’être mise à jour afin d’ouvrir automatiquement tout document ePub consulté, depuis Safari par exemple. Cela évite à l’utilisateur la perte de temps et la pénibilité liés au fait de devoir importer systématiquement ses fichiers ePub sur son iPhone/iPad/iPod Touch par synchronisation avec son ordinateur, en utilisant le logiciel iTunes.

Mais il semblerait que se profile aussi à l’horizon une évolution matérielle en faveur de la lecture numérique ! On vient en effet de découvrir qu’Apple a déposé deux brevets relatifs aux « systèmes et méthodes pour la commutation entre un affichage de papier électronique et l’affichage vidéo », laissant présager d’un éventuel iPad 3 que l’utilisateur pourrait faire basculer, au gré de ses besoins, d’un affichage LCD (plus propice aux activités de type jeux vidéos) à un affichage e-ink (plus propice à la lecture numérique, et moins gourmand en énergie !). La demande de brevet a été faite en 2009, mais rendue publique ces derniers jours seulement. L’appareil ressemblerait à ça :

On ne voit pas une telle effervescence du côté d’Amazon… Ce cumul d’innovations va t-il finir par faire atteindre à la firme à la pomme un point de bascule et un changement de position conséquent sur le marché du livre numérique ?








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