Prix des livres numériques : ça bouge !

11 05 2012

Depuis le début du mois, plusieurs éditeurs et auteurs ont annoncé une baisse, provisoire ou permanente, du prix de vente de leurs livres numériques, témoignant, si besoin en était, que ce marché continue à se chercher.

Le prix des livres numériques semble en effet être une variable importante dans la décision d’achat d’un ebook, comme l’ont démontré plusieurs expériences, notamment récemment chez Bragelonne, dont l’”opération 100K” (100 titres à 99 centimes pendant une journée, pour fêter leurs 100000 ventes numériques) a tout de même généré 15300 ventes.

Publie.net a ainsi décidé d’appliquer désormais à ses nouveautés un prix d’appel de 0,99 centimes pour inciter les lecteurs à découvrir ces titres, après une expérience concluante de cette formule sur le livre de Jean-Daniel Magnin, “Le jeu continue après ta mort”.

0,99 centimes, c’est également le prix que vient de choisir Paulo Coelho pour ses ebooks (uniquement aux Etats-Unis et au Canada pour le moment). « C’est une décision cruciale pour moi. Pendant des années, j’ai affirmé que les contenus gratuits n’est pas une menace pour le commerce du livre. En baissant le prix d’un livre et en l’alignant sur celui d’une chanson sur iTunes, le lecteur sera encouragé à payer pour l’obtenir, au lieu de le télécharger gratuitement ».

Sans aller aussi loin,  Hachette vient de décider d’aligner le prix de 2000 de ses ebooks sur le prix de leur version poche. Cette expérimentation ne concerne que des titres de littérature, publiés par Hachette, et existant déjà en poche, mais c’est déjà un grand pas symbolique.

Rendez-vous sans doute dans quelques mois pour faire le point sur le résultat de ces initiatives !

 





Réédition : “Le mirliton du ciel”, par Albert Memmi

28 03 2012

“Pourquoi ce titre.
Parce que tout poète est un peu mirliton ; et quel poète n’est pas un peu du ciel ?
Du reste, cet ensemble n’est pas exactement un recueil de poèmes, ou pas uniquement.
Il s’agit du petit monde de mon enfance, celui de l’impasse du Cédrat, devenu mon théâtre intérieur ; où s’agitent encore l’oncle Makhlouf, Quatoussa le coiffeur bossu, Maïra notre mère, sorcière et bénéfique, notre père le bourrelier et ses confrères artisans qui, pied à pied, discutent avec le Seigneur Dieu (béni soit Son Nom !), où je me retire aujourd’hui encore, lorsque je me sens las de ces pompeuses incertitudes que sont nos recherches dites sérieuses.”

Albert Memmi

Nous sommes fiers de proposer une nouvelle édition, numérique et papier, de ce magnifique recueil devenu depuis quelques années indisponible.

Pour cette occasion, Albert Memmi a accepté de revenir sur ce livre, sa signification pour lui, son rapport à sa Tunisie natale, dans l’interview vidéo que nous vous invitons à découvrir ci-dessous :

Pour découvrir un extrait du livre, ou pour l’acheter, c’est ici.





#operation100k : 100 titres, 1 journée, 99 centimes

26 03 2012

C’est l’opération spéciale lancée par l’éditeur Bragelonne pour fêter ses 100000 ventes numériques : durant la journée du 1er avril prochain, Bragelonne proposera cent de ses titres à 99 centimes.

Une sélection représentative de leur catalogue, mêlant fantasy, terreur, SF, Bit-lit, jeunesse… La liste complète figure ci-dessous. Cette offre sera valable chez ePagine et toutes les librairies numériques alimentées par ePagine.

 

ISBN | TITRE | SÉRIE | UNIVERS | AUTEUR | GENRE
• 9782820500717 Pleine lune in Riley Jenson 1 Keri Arthur Bit-Lit
• 9782820500984 Mais c’est à toi que je pense Gary Braunbeck Thriller
• 9782820503626 Cavalier Vert 1 Kristen Britain Fantasy
• 9782820501202 Démons Royce Buckingham Jeunesse
• 9782820500823 Les Ailes de l’orage in Dragon Master 1 Chris Bunch Fantasy
• 9782820504524 L’Antre des voleurs in Les Sept Lames 1 David Chandler Fantasy
• 9782820502773 Éphémère in Le Dernier jardin 1 Lauren DeStefano Jeunesse
• 9782820501837 L’Insigne du Chancelier in Les Lames du Roi 1 Dave Duncan Fantasy
• 9782820502957 Le Guerrier de la déesse in La Septième Épée 1 Dave Duncan Fantasy
• 9782820502469 Le Dragon du roi in La Couronne d’Étoiles 1 Kate Elliott Fantasy
• 9782820501707 La Voleuse sans ombre Emily Gee Fantasy
• 9782820500618 Monument Ian Graham Fantasy
• 9782820503039 Les Flèches de la reine in Les Hérauts de Valdemar 1 Valdemar Mercedes Lackey Fantasy
• 9782820503046 L’Envol de la Flèche in Les Hérauts de Valdemar 2 Valdemar Mercedes Lackey Fantasy
• 9782820503053 La Chute de la Flèche in Les Hérauts de Valdemar 3 Valdemar Mercedes Lackey Fantasy
• 9782820501332 Les Enfants du rasoir Joe R. Lansdale Terreur
• 9782820500588 Le Chacal de Nar in Des Tyrans et des Rois 1 John Marco Fantasy
• 9782820502674 Aux marges de la vision Linda Nagata SF
• 9782820501875 La Compagnie de la foudre in Orcs 1 Stan Nicholls Fantasy
• 9782820502780 Le Pacte des Immortels in Le Pacte des Immortels 1 Eric Nylund Jeunesse
• 9782820503930 Sur des mers plus ignorées Tim Powers Fantasy
• 9782820500687 Forteresse Draconis in La Guerre de la Couronne 1 Michael A. Stackpole Fantasy
• 9782820500946 La Cité de perle in Les Guerres wess’har 1 Karen Traviss SF
• 9782820501066 Un Temps de dragon in Les Chroniques d’obsidienne 1 Lawrence Watt-Evans Fantasy
• 9782820501042 Regard violet Natalie Lindstrom 1 Stephen Woodworth Terreur
• 9782820501097 L’Ombre de Camelot in Les Chemins de Camelot 1 Sarah Zettel Fantasy
• 9782820501783 La Cité à la fin des temps Greg Bear SF
• 9782820501431 L’Œil du Temps in L’Odyssée du Temps 1 Arthur C. Clarke SF
• 9782820504265 Le Feu de la Sor’cière in Les Bannis et les Proscrits 1 James Clemens Fantasy
• 9782820501349 Vérité Première in Vérité 1 Dawn Cook Fantasy
• 9782820503343 Le Baiser de minuit in Minuit 1 Lara Adrian Bit-Lit
• 9782820500632 L’Empire caché in La Saga des Sept Soleils 1 Kevin J. Anderson SF
• 9782820500762 Morsure magique Kate Daniels 1 Ilona Andrews Bit-Lit
• 9782820500298 Le Peuple turquoise in Ayesha 1 Ange Fantasy
• 9782820500106 Morsure in Femmes de l’Autremonde 1 Kelley Armstrong Bit-Lit
• 9782820502988 Démon intérieur in Morgane Kingsley 1 Jenna Black Bit-Lit
• 9782820502728 Farlander in Le Cœur du monde 1 Col Buchanan Fantasy
• 9782820500854 Avis de tempête in Les Dossiers Dresden 1 Jim Butcher Fantasy
• 9782820501974 Le Trait d’union des mondes in Malhorne 1 Jérôme Camut Terreur
• 9782820502575 L’Initié in Le Maître du Temps 1 Louise Cooper Fantasy
• 9782820500212 Cœur de Phénix in Les Chroniques des Féals 1 Mathieu Gaborit Fantasy
• 9782820500038 Le Faucheur in Les Aux’ 1 David Gunn SF
• 9782820501790 Monster High in Monster High 1 Lisi Harrison Jeunesse
• 9782820501394 Survivant James Herbert Terreur
• 9782820501561 Fog James Herbert Terreur
• 9782820501660 Sanctuaire James Herbert Terreur
• 9782820501813 Hanté James Herbert Terreur
• 9782820502018 Le Secret de Crickley Hall James Herbert Terreur
• 9782820502391 La Conspiration des fantômes James Herbert Terreur
• 9782820504258 Magic Cottage James Herbert Terreur
• 9782820501035 Mémoires d’un maître faussaire William Heaney Fantasy
• 9782820504869 Révélation in Mass Effect 1 Drew Karpyshyn Licence
• 9782820501547 Le Diable en Gris Graham Masterton Terreur
• 9782820501639 Démences Graham Masterton Terreur
• 9782820501776 Rituel de chair Graham Masterton Terreur
• 9782820501868 Manitou Graham Masterton Terreur
• 9782820502766 Le Démon des morts Graham Masterton Terreur
• 9782820503336 Le Portrait du mal Graham Masterton Terreur
• 9782820504012 Descendance Graham Masterton Terreur
• 9782820504401 Wendigo Graham Masterton Terreur
• 9782820501417 L’Heure du loup Robert McCammon Terreur
• 9782820501578 La Malédiction de Bethany Robert McCammon Terreur
• 9782820500151 Carbone modifié in Le cycle de Takeshi Kovacs 1 Richard Morgan SF
• 9782820503299 Black Man Richard Morgan SF
• 9782820504050 Magie de feu in Dark Elite 1 Chloe Neill Jeunesse
• 9782820500243 Les Lames du Cardinal in Les Lames du Cardinal 1 Pierre Pevel Fantasy
• 9782820502544 Vampire Kisses in Vampire Kisses 1 Ellen Schreiber Jeunesse
• 9782820500366 Les Dragons de la cité rouge Erik Wietzel Fantasy
• 9782820501448 Frey in Frey 1 Chris Wooding Fantasy
• 9782820501554 Valombre in Avatars 1 Les Royaumes oubliés Scott Ciencin Licence
• 9782820501721 Tantras in Avatars 2 Les Royaumes oubliés Scott Ciencin Licence
• 9782820501738 Eauprofonde in Avatars 3 Les Royaumes oubliés Troy Denning Licence
• 9782820504678 La Jeunesse d’un mage in Elminster 1 Les Royaumes oubliés Ed. Greenwood Licence
• 9782820502612 Dissolution in La Guerre de la Reine Araignée 1 Les Royaumes oubliés Richard Lee Byers Licence
• 9782820502629 Insurrection in La Guerre de la Reine Araignée 2 Les Royaumes oubliés Thomas M. Reid Licence
• 9782820502636 Condamnation in La Guerre de la Reine Araignée 3 Les Royaumes oubliés Richard Baker Licence
• 9782820502643 Extinction in La Guerre de la Reine Araignée 4 Les Royaumes oubliés Lisa Smedman Licence
• 9782820502650 Annihilation in La Guerre de la Reine Araignée 5 Les Royaumes oubliés Philip Athans Licence
• 9782820502667 Résurrection in La Guerre de la Reine Araignée 6 Les Royaumes oubliés Paul S. Kemp Licence
• 9782820500182 Terre natale in La Légende de Drizzt 1 Les Royaumes oubliés R.A. Salvatore Licence
• 9782820500199 Terre d’exil in La Légende de Drizzt 2 Les Royaumes oubliés R.A. Salvatore Licence
• 9782820500380 Terre promise in La Légende de Drizzt 3 Les Royaumes oubliés R.A. Salvatore Licence
• 9782820503763 Serviteur du cristal in Mercenaires 1 Les Royaumes oubliés R.A. Salvatore Licence
• 9782820500335 AubeMort in Les Chroniques des Ravens 1 Ravens James Barclay Fantasy
• 9782820500342 NoirZénith in Les Chroniques des Ravens 2 Ravens James Barclay Fantasy
• 9782820500359 OmbreMage in Les Chroniques des Ravens 3 Ravens James Barclay Fantasy
• 9782820504173 Esprits Impurs in La Fille du Soleil Noir 1 M.L.N. Hanover Bit-Lit
• 9782820504548 L’Éveil du démon in Demon Wars 1 R.A. Salvatore Fantasy
• 9782820502070 Witchling in Les Sœurs de la lune 1 Yasmine Galenorn Bit-Lit
• 9782820504074 Les Furies de Calderon in Codex Aléra 1 Jim Butcher Fantasy
• 9782820500427 Dragon in L’Âge du feu 1 E.E. Knight Fantasy
• 9782820500526 La Voie du Loup in Terre Vampire 1 E.E. Knight SF
• 9782820504166 Le Baiser du rasoir in Basse-Fosse 1 Daniel Polansky Fantasy
• 9782820501950 Ta-Shima in Ta-Shima 1 Adriana Lorusso SF
• 9782820500281 Les Yeux de Leïlan in Leïlan 1 Magali Ségura Fantasy
• 9782820500977 God of War Matthew Stover Licence
• 9782820504067 Traqueur in Traqueur 1 William Hussey Jeunesse
• 9782820501493 La Petite fille aux araignées Gudule Terreur
• 9782820501455 La Baby-sitter Gudule Terreur
• 9782820501653 Entre chien et louve Gudule Terreur





Nouvel éditeur numérique : bienvenue à Emoticourt !

23 03 2012

Emoticourt est une nouvelle maison d’édition numérique, dédiée aux formats courts – nouvelles, contes, nanoromans, carnets, fragments – inédits et de langue française, née de l’envie de ses deux fondatrices – Nadine Bayle, journaliste et Félicie Dubois, écrivain – de promouvoir ces formats injustement négligés en France.

Charles Baudelaire concédait pourtant à la nouvelle sur le roman “cet immense avantage que sa brièveté ajoute à l’intensité de l’effet. Cette lecture, qui peut être accomplie tout d’une haleine, laisse dans l’esprit un souvenir bien plus puissant qu’une lecture brisée, interrompue souvent par le tracas des affaires et le soin des intérêts mondains.”

Concentré du style et de l’univers d’un auteur, le format court permet en outre la découverte d’une œuvre. Un parfum d’échantillon littéraire, en somme.

Six premiers textes courts d’auteurs connus (Azouz Begag, Max Genève, Denis Parent) ou moins connus (Laurent Herrou, Raphaël Fayolle, Stéphane Millet) sont déjà en ligne sur leur site, aux formats epub et PDF et à partir de 2 euros. Un de ces textes, “Pluche”, clin d’oeil à la dématérialisation du livre, est téléchargeable gratuitement.

A découvrir !

 





Nouvelle collection jeunesse – “Images d’aujourd’hui pour contes d’autrefois”

8 03 2012

Les éditions Chemins de tr@verse lancent une nouvelle collection d’albums numériques jeunesse : “Images d’aujourd’hui pour contes d’autrefois”.

Cette collection présente divers contes traditionnels illustrés par des illustrateurs contemporains. L’objectif de la collection est de mettre en avant la force de l’interprétation graphique de chaque illustrateur, car vous découvrirez qu’un même texte illustré par deux artistes différents n’a pas le même impact émotionnel lors de la lecture. Par exemple, l’histoire du Petit Chaperon Rouge peut évoquer une ambiance assez légère et enfantine chez un illustrateur (voir la version illustrée par Eglantine Bonetto), et au contraire une ambiance plutôt sombre et inquiétante chez un autre (voir la version illustrée par Fabienne Cinquin). Par la variété des techniques et styles graphiques de ces artistes, cette collection vous invite à redécouvrir les contes de notre enfance sous des jours nouveaux.

Claire Sidoli, directrice de collection

Un petit aperçu de nos premiers titres !

 

Le petit chaperon rouge de Charles Perrault, illustré par Églantine Bonetto

Églantine Bonetto, sous une apparente candeur, traite avec humour et malice cet incontournable de la littérature jeunesse traditionnelle.

“Mon univers est visuel, et en émotions, avant d’être en mots. Une des missions de l’illustration est de faire passer cet univers au lecteur, sans être redondant avec le texte, dire autre chose et autrement qu’avec les mots, c’est une recherche très enrichissante.” Eglantine Bonetto

Dans les coulisses : du croquis à l’illustration

 

Le petit chaperon rouge, de Charles Perrault, illustré par Fabienne Cinquin

En se plaçant du point de vue du loup, Fabienne Cinquin donne à cette histoire une dimension plus inquiétante encore.

 

Dans les coulisses : du croquis à l’illustration

 

 

Les fées, de Charles Perrault, illustré par Bernadette Genoud-Prachet

Avec sa technique de gravure sur bois, Bernadette Genoud-Prachet  crée pour ce grand classique des illustrations très dépouillées dans les formes et les décors pour aller à l’essentiel, à l’image de la morale de ce conte.


“Habitant Viry-Chatillon depuis 1964, j’ai choisi d’illustrer Charles Perrault car cet écrivain avait habité Viry.

« Les fées » ? Parce que ce conte est moins connu, mais aussi parce que c’est amusant de savoir que si Charles Perrault n’a sans doute pas connu la fontaine lavoir de Viry – Chatillon, il a du voir l’eau qui provient de la fontaine Saint Denis.” Bernadette Genoud-Prachet

Dans les coulisses : du croquis à l’illustration

 

L’histoire du gosier de la baleine, de Joseph Rudyard Kipling, traduit par Éric Bétend et illustré par Caroline Gormand

Caroline Gormand traite cet ouvrage avec modernité en empruntant des codes propres à la BD tout en évoquant par ses couleurs acidulées le merveilleux.

“J’ai choisi ce texte de Kipling, extrait du recueil  “Histoires comme ça”, pour le ton rocambolesque et absurde du texte, très ludique. J’aimerais poursuivre l’illustration de quelques autres contes du recueil, chez le même éditeur, et participer à des projets d’ouvrages pour adultes.” Caroline Gormand

Dans les coulisses : du croquis à l’illustration

 

La petite fille aux allumettes, de Hans Christian Andersen, illustré par Isabelle Desternes

Les illustrations émouvantes d’Isabelle Desternes font de chaque scène de cette histoire un véritable tableau délicat, fragile et profondément touchant.

“J’aime beaucoup Andersen, son écriture. L’histoire est tellement triste, forte par sa puissance et par les thèmes abordés. La misère, l’abandon, l’indifférence, la solitude, la persévérance malgré les conditions pénibles que connaît la fillette, son espoir qui ne s’éteindra que lorsqu’elle s’éteindra elle-même. Tout cela me touche profondément. Malheureusement ces thèmes sont toujours d’actualité… Mon choix a aussi été déterminant par la relation qu’entretient la fillette avec sa grand-mère… Ce mélange étrange, sombre et lumineux renforce la beauté tragique équilibrée par une fin inacceptable et finalement joyeuse. Rien de mièvre, aucune amertume de la part de la fillette, simplement une leçon de courage. J’ai aussi beaucoup pensé à ma grand-mère en illustrant ce conte…” Isabelle Desternes

Dans les coulisses : du croquis à l’illustration





Ce qui se profile pour la lecture numérique en 2012

22 12 2011

Noël 2011 aura placé le livre numérique sur le devant de la scène, grâce à la grande médiatisation du Kindle d’ Amazon et du Kobo by Fnac, 2012 continuera sur cette lancée et nous fera découvrir une lecture numérique innovante, à la fois en matière de supports, d’usages de lecture, et de modalités d’accès aux livres.

Des liseuses électroniques à la frontière des tablettes numériques.

2012 nous promet de nombreuses évolutions afin d’ajouter lumière et couleurs à nos liseuses électroniques, ressemblant plus à des hydrides entre  e-readers et tablettes numériques.

La technologie High Speed Ink System inventée par Bookeen  et utilisée dans le Cybook Odyssey permet un affichage tellement plus rapide que l’on peut désormais imaginer dans un futur assez proche un  e-reader lisant des vidéos ou des animations.

La lecture va également bientôt pouvoir se faire en couleur. Sur écran LCD (donc rétro-éclairé) bien sûr ; Nook, un des acteurs mondiaux majeurs dans le monde des e-readers a ainsi confirmé son arrivée sur le marché européen en 2012, sans doute avec le Nook Color dont l’écran LCD en couleurs ravira les amateurs de manga et de BD. Mais la couleur arrive également sur les écrans à encre électronique, dès 2012 via le Kyobo eReader, qui avec son écran Mirasol nous offrira un grand confort de lecture sur un écran lui aussi en couleurs, et permettant la lecture dans des espaces peu lumineux.

Ce dernier point voit également des améliorations notables arriver. Après la petite lampe à fixer sur l’e-reader ou sur la couverture de l’e-reader, la technologie Flex Lighting propose maintenant un film à diodes éclairant que l’on fixe sur les e-readers. N’ayant toujours pas de partenaire technologique, l’arrivée de cette innovation sur nos e-readers reste tout de même hypothétique, mais nous laisse entrevoir une évolution potentielle des liseuses électroniques.

La sociabilisation de la lecture

L’e-book va plus loin qu’un simple changement de support du livre, il permet beaucoup plus d’interactivité avec les lecteurs. Dépassant le cercle des réseaux sociaux classiques comme Twitter et Facebook, la lecture numérique s’est créé ses propres espaces sociaux à tel point que l’on peut parler d’une certaine sociabilisation de la lecture.

Il y a d’abord toutes les plateformes communautaires littéraires « simples », de « catalogage social ». Il peut s’agir de blogs littéraires (Tu lis quoi.net, Les voyages immobiles de Madame Charlotte ou encore Page48, entre autres) ou de sites comme Babélio ou encore Libfly. En laissant la liberté à tous lecteurs de commenter, critiquer, noter des livres, ces plateformes permettent la découverte des bibliothèques de lecteurs ayant des goûts similaires aux nôtres, et donc de trouver des livres susceptibles de nous plaire.

Mais se développent également des plateformes beaucoup plus complexes permettant une expérience de lecture véritablement sociale et interactive.

Ainsi Kobo, leader de l’édition numérique canadien, avec son Kobo reading life que la Fnac a choisi de garder pour le Kobo by Fnac. Sur Kobo reading life, les lecteurs ont par exemple la possibilité de discuter en ligne avec les autres lecteurs. Les passages les plus commentés et annotés  sont signalés afin que chaque nouveau lecteur puisse y accéder en cours de lecture. Les lecteurs peuvent aussi accéder à des statistiques sur leurs habitudes de lecture et les « meilleurs lecteurs » sont récompensés en fonction de leurs performances (plus de 10 000 pages lues, etc). Calqué sur les systèmes de jeux vidéos en ligne, tout est fait pour rendre la lecture plus attrayante pour les plus jeunes. Notons que Kobo reading life laissera incessamment sous peu sa place à Kobo Pulse.

Le site Lecteurs.com d’Orange est un autre réseau du même acabit. Outre la possibilité de lire en ligne depuis son mobile et le site, les lecteurs d’Orange peuvent suivre d’autres lecteurs mais aussi voir les lecteurs les plus actifs du réseau, et ils décernent même un Prix Orange du livre.

Tous ces sites et applications tendent vers le même objectif : rendre la lecture plus attirante et rétablir un certain lien social dont on redoutait la disparition avec l’arrivée du numérique. Les lecteurs ne sont plus seuls face à leur livre, des milliers de lecteurs les attendent pour échanger sur  leur lecture comme ils le font pour toutes leurs activités. La critique littéraire n’est plus réservée aux écrivains et journalistes, chaque lecteur peut désormais exprimer son point de vue en ligne.Voyons jusqu’à quel point ces usages, pour le moment à peine émergents, parviendront à se frayer un chemin dans nos habitudes de lecture !

La lecture en mouvement : le nouvel e-book est nomade, en streaming et prêtable.

Dernier aspect en plein changement : les modalités d’accès au livre numérique. Au départ conçues pour se rapprocher de l’expérience « livre papier », ces modalités évoluent pour permettre au côté pratique du livre numérique de prendre toute son ampleur, notamment en situation de mobilité.

La généralisation des connexions Internet sur les nouveaux e-readers permet ainsi d’acquérir de nouveaux e-books n’importe où, n’importe quand. Plus besoin de brancher son e-reader sur un ordinateur, en quelques clics on peut accéder à des milliers de titres téléchargeables directement depuis un libraire en ligne ou par le biais des différentes applications.

Des partenariats voient également le jour entre des éditeurs et des acteurs de la mobilité en vue de faciliter l’accès au livre numérique pour les voyageurs. Ainsi, par exemple, l’aéroport de Floride, en partenariat avec la bibliothèque Broward Country, a mis à disposition plus de 15 000 e-books de tous genres pour ses passagers.  L’application, gratuite, permet également de garder l’ebook téléchargé afin de le terminer plus tard.

En France, en 2010, Veolia Transport, afin d’agrémenter le temps de parcours des voyageurs, a, en partenariat avec l’éditeur SmartNovel, offert un roman feuilleton à ses voyageurs. L’opération a été réitérée à la rentrée 2011 avec le polar de Pierre Lemaitre « Les grands moyens ». De nombreux réseaux de transports s’y sont associés.

En parallèle, l’achat et le téléchargement unitaires de livres numériques perdent de la vitesse pour faire place à l’accès par abonnement et en streaming.

Certains éditeurs en font leur modèle économique, ainsi IZNEO, le portail de la bande dessinée, qui vient de lancer une formule d’abonnement calquée sur les grands modèles de plateforme musicale en streaming comme Deezer.  Les différentes formules d’abonnement permettent d’accéder à un large catalogue de BD numériques, de la location pour 10 jours à partir d’1,99€ à l’accès permanent à un album à partir de 4,99€, en passant par un abonnement à partir de 9,99€ par mois.

Mais des services spécifiques se développent également, notamment via Cyberlibris qui prône ce système depuis déjà dix ans. Nombre de bibliothèques proposent désormais une offre numérique. Parmi les initiatives récentes, on peut noter celle de la bibliothèque d’Arcachon, qui lance une opération de prêt d’e-readers pour ses abonnés et les accompagne dans la découverte de ce nouveau support de lecture. Les cinq e-readers disponibles au prêt pourraient bien voir leur nombre s’accroitre en cas de réussite de l’opération. La bibliothèque de Rennes se met elle aussi à la lecture numérique avec l’ouverture d’un espace pour la découvrir. Sont ainsi mis à disposition une douzaine d’appareils de lecture numérique allant de la liseuse électronique à la tablette numérique en passant par des consoles telles que la Nintendo DSi XL.

Pour 2012 se profilent donc un choix large de terminaux électroniques de lecture de plus en plus confortables et pratiques, un environnement de lecture numérique de plus en plus riche et une offre de contenus toujours plus accessible, qui s’accroît et se diversifie de jour en jour. De bons jalons pour voir en 2012 le décollage de la lecture numérique, comme le pense Arnaud Nourry ?





La France et les ebooks : pourquoi l’adoption du livre numérique est-elle si lente ?

25 11 2011

Bruno Patino dans son « Rapport sur le livre numérique » de 2008 pariait que l’année 2010 marquerait le tournant dans l’adoption du livre numérique en France. On pensa que l’arrivée de l’iPad sur le marché français début 2010 serait le déclencheur tant attendu. Puis les regards se tournèrent successivement vers Google eBooks, le FnacBook, et maintenant vers les offres Kindle, Kobo by Fnac, Bookeen/Virgin… en attendant Godot ?…

Comment expliquer cette réticence à l’adoption du livre numérique en France ? Petit tour des points de débat actuels…

  • Des supports de lecture trop chers

Avec la nouvelle génération d’e-readers entre 99€ et 129€ (Kindle, Kobo by Fnac, Cybook Odyssey), cet argument devrait tendre à disparaître. Quoique ?

Destinés quasi-uniquement à la lecture, dans une société qui tend à lire de moins en moins, ces appareils risquent de paraître une dépense inutile (donc toujours trop élevée !) à la majorité des ménages, qui ne connaissent souvent même pas l’encre électronique et son intérêt (parlez-en autour de vous, et voyez).

Quitte à investir dans un nouvel appareil électronique, les Français semblent plus intéressés par les tablettes, multifonction, dont on pense que le taux de pénétration en France devrait dépasser celui des Etats-Unis dès 2012. Lesquelles restent pour le moment beaucoup plus chères que les e-readers.

  • Une offre légale trop restreinte

Voilà un argument souvent entendu. Pourtant, plus de 80 000 titres en français sont disponibles légalement. Bien sûr, comparé aux plus de 800 000 titres anglophones disponibles légalement, c’est peu. Mais pour mettre ce chiffre dans une autre perspective, 80 000 titres permettraient à un gros lecteur (au sens de l’INSEE ; ceux qui lisent au moins douze livres par an) de lire pendant… plus de 6000 ans !

Évidemment, ce n’est pas tant la quantité de livres disponibles que la qualité du choix des livres qui importe. Une étude du Motif de mai 2011 montre que plus d’un tiers des best-sellers sont disponibles en ebooks en offre légale. Les livres primés sortent également de plus en plus vite en numérique. Et surtout, le Web constitue une mine inépuisable pour tous les chercheurs de trésors d’écrits disparus ou de littérature contemporaine sortant des gros circuits traditionnels..

  • Le prix et le verrouillage des ebooks

Des romans ebook à 17€ et truffés de DRM, c’est sûr, cela n’a pas de quoi faire rêver les lecteurs ; c’est malheureusement encore une réalité très répandue. Il faut aller du côté des éditeurs pure-players (comme Chemins de tr@verse, Publie.net, Numériklivres…) ou de certains éditeurs papier plus audacieux (comme Le Bélial ou Bragelonne) pour trouver des offres plus attractives : sans DRM et avec des prix montant rarement au delà de 10€. Le ralliement de l’ensemble des éditeurs à cette politique serait sans doute un grand pas en avant vers une adoption plus massive du livre numérique.

La hausse de la TVA sur le livre à 7% et l’utilisation de ce même taux pour le livre numérique (actuellement taxé à 19,6%), évolution souhaitée par le gouvernement (mais pour laquelle l’accord de l’Union Européenne est loin d’être acquis), pourrait également faciliter cette adoption.

  • L’attachement au papier

« J’ai des habitudes de vieux garçon, de lire en caressant le papier, en tournant des pages. […] J’adore aller dans les librairies, j’adore flâner, fureter, renifler, sniffer les livres ! » Ces propos, tenus par Frédéric Beigbeder lors de son – très intéressant – entretien avec le chantre du livre numérique François Bon (dont la vidéo est ci-dessous), représentent une opinion très répandue. Surtout parmi des gens qui ne se sont jamais lancés dans la lecture d’un livre sur un e-reader, et n’ont donc jamais fait l’expérience de l’oubli complet du support de lecture dès que l’on se laisse emporter par le livre lu…

Car ce qui fait un bon livre au final, c’est sa capacité à nous emporter, ou à satisfaire notre curiosité intellectuelle selon le cas, ce n’est pas le grain ou l’odeur de son papier, quelque soit le plaisir que ceux-ci puissent effectivement susciter par ailleurs…

Débat Frédéric Beigbeder/François Bon

  • La peur de la refonte des métiers du livre

Le numérique, c’est la mort des libraires. Et des éditeurs. Et de l’ensemble de l’industrie du livre. Voire plus. C’est bien connu.

On oublie trop aisément que le déclin de l’industrie du livre n’a pas attendu le numérique : que les gens lisent globalement de moins en moins, que les grandes surfaces et les librairies en ligne de type Amazon ont été les premières à mettre à mal les petites librairies, que la difficulté à être publié par une maison d’édition a favorisé le développement de l’auto-édition, que le nombre de nouvelles publications annuelles et la vitesse à laquelle elles repartent au pilon après trois petits tours dans les rayons des librairies a de quoi décourager le lecteur le plus motivé à suivre l’actualité littéraire.

On oublie aussi qu’en parallèle, une nouvelle industrie du livre s’organise, avec de nouveaux acteurs (donc de nouveaux emplois) mais aussi rejointe progressivement par des acteurs « de l’ancien monde ». Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ?

Au final, il semble que la question centrale autour de laquelle se joue l’adoption du livre numérique en France actuellement, soit celle de la compatibilité entre livre papier et livre numérique. Éditeurs comme lecteurs seraient sans doute beaucoup moins frileux à tenter l’aventure du numérique s’ils n’avaient la crainte que cette infidélité soit fatale au livre papier.

Le papier va t-il être amené disparaître ? (Et serait-ce à regretter ?) Les deux peuvent-ils coexister ? Pourquoi chacun ne se réserverait-il pas à une situation différente, appelant un usage différent du livre, à la manière du cinéma et de la télévision pour les films ?

Débat que ne clora que l’Histoire ; mais débat qui ne nous semble de toutes façons pas mériter l’importance qu’on lui donne : ce qui compte par dessus tout, n’est-ce pas l’écrit, et le partage des idées et des savoirs qu’il permet ? Pourquoi ne pas se recentrer tous vers cet objectif plutôt que de se perdre dans des querelles sans fin sur la forme des livres ?





Avec la révolution numérique, le lecteur devient mobinaute !

13 07 2011

Les modes de consommation évoluent, aujourd’hui  on consomme autrement la musique et la vidéo, alors pourquoi pas le livre ?

A l’heure où Google et Amazon se lancent activement dans la numérisation et la production littéraire, une nouvelle génération d’éditeurs investit le champ des ebooks : « Jusque-là, on cherchait essentiellement à numériser ce qui existait déjà. On entre aujourd’hui dans une nouvelle phase : une production dédiée au numérique », explique Clément Monjou, rédacteur en chef du site Internet eBouquin.fr. En effet, il faut différencier le livre numérisé « homothétique », qui n’est qu’une reproduction telle quelle du contenu d’un livre papier et le livre numérique « natif » qui est une création à part entière, incluant de nouvelles fonctionnalités comme l’accès à d’autres sources d’informations au sein du texte.

De nouveaux usages

En abandonnant les étagères des librairies et les circuits de distribution traditionnels, le livre devient un fichier que l’on télécharge pour lire sur un téléphone, un lecteur ebook ou derrière un écran d’ordinateur, où l’on veut, quand on veut. Les éditeurs numériques misent sur l’essor des smartphones (dans la lignée de l’iPhone, dont près d’un million seraient actuellement en circulation en France, donnant un poids considérable à l’iBookstore d’Apple comme librairie numérique), ces téléphones multifonctions, pour toucher un lectorat urbain, amateur de technologie et qui passe plusieurs heures par semaine dans les transports en commun. La lecture se fractionne et occupe en effet de plus en plus de « moments perdus » comme celui-là. La circulation des contenus devient plus « universelle » (plus besoin qu’un livre ait fait l’objet d’une publication spécifique dans son pays pour pouvoir le lire !) et instantanée et ce, partout dans le monde, élargissant considérablement les horizons des lecteurs.

La révolution numérique donne du poids aux lecteurs

Des pays comme le Japon ont déjà entamé et « digéré » cette révolution littéraire. Certains auteurs se retrouvent propulsés en haut de l’affiche par l’engouement que suscite leur ouvrage sur la toile. Il est, par exemple, difficile de trouver dans l’Archipel une Japonaise de 15-24 ans qui n’ait pas lu Koizora, ni vu le film ou la série TV du même nom. En effet, ce roman numérique avait déjà été lu par 25 millions de Japonai(se)s avant que des éditeurs se décident à en imprimer une version papier. Mika, une jeune auteure inconnue, l’avait simplement déposé sur un site de téléchargement d’ebooks. Son succès résulte d’une diffusion virale du livre par les adolescents japonais via leur téléphone portable. Véritable phénomène de société, cet exemple n’est pas isolé. 
 
Le livre numérique, un terrain de découvertes !

L’avenir du livre numérique semble se dessiner du côté des enrichissements dont il peut faire l’objet. Il devient un produit multimédia qui rompt avec la linéarité du livre papier. Ajout d’hyperliens, de sons, de vidéos, le livre crée une véritable interaction avec le lecteur et le rend actif dans sa lecture. Avec la géolocalisation pour recentrer l’information sur le lieu où le lecteur se trouve, l’enrichissement contextuel ou encore de la traduction à la volée, l’ebook est loin d’avoir dévoilé toutes ses possibilités.


« Le monde évolue pour l’édition, un nouvel écosystème est à venir. La révolution digitale est déjà faite et elle donne le vertige, renverse les valeurs, déplace les curseurs, change l’ordre des choses, il faut changer d’habitudes. »

La Place des Editeurs vient de lancer une vidéo de sensibilisation au livre numérique et aux changements que cela implique pour les différents acteurs que sont les auteurs, les éditeurs et les lecteurs. Le groupe, qui rassemble les marques d’édition, Belfond, Presses de la Cité, Hors-Collection, Omnibus, Préaux Clercs, LonelyPlanet, Solar, Fleuve Noir, y aborde la question du contenu, de la fidélisation et des réseaux sociaux.





De l’état de l’offre de livres numériques en France

2 06 2011

Le MOTiF vient de publier une version réactualisée de son Tableau de bord sur l’offre légale et illégale de livres numériques en France. Voici donc quelques chiffres tout frais !

Selon le Syndicat national de l’édition, la vente de livres numériques aurait représenté environ 1,5 % du chiffre d’affaires de l’édition en France en 2010, contre environ 1 % en 2009 et 0,1 % en 2008. Une progression encourageante, même si encore éloignée des rythmes frénétiques atteints aux États-Unis (plus de 200% d’augmentation entre février 2010 et février 2011, pour atteindre aujourd’hui de 8 à 10% du chiffres d’affaires du secteur du livre).

Cette croissance est notamment alimentée par celle du catalogue disponible, qui s’est enrichi de 10 000 titres supplémentaires cette année et en possède maintenant 80 000, soit 15% du catalogue papier total. Cette croissance est essentiellement due à l’effort de numérisation des titres existants entrepris par les maisons d’édition, et seulement dans une moindre mesure au développement d’une offre numérique spécifique. 35,3% des best-sellers papier sont désormais disponibles légalement au téléchargement.

Le nombre de librairies en lignes continue également à augmenter régulièrement. On en dénombre aujourd’hui une petite cinquantaine.

Ces librairies ont des profils très divers, allant des « pure-players » (comme nous !) aux éditeurs papier en passant par des enseignes de la grande distribution, culturelle (Fnac) ou non (Boulanger, Darty…).

On y vend essentiellement les livres numériques « à la pièce », pour un prix moyen de 12,20€ (soit 21,3% de moins que le prix moyen d’un livre papier), très peu à l’abonnement. Les livres vendus sont essentiellement aux formats PDF (jusqu’à 95% des fichiers d’une librairie, chez Didactibook par exemple, 90% chez Immatériel, 75% chez fnac.com…) et ePub (10 000 à 12 000 titres sont actuellement disponibles dans ce format, sur les 80 000 du catalogue numérique français). 75% des librairies en ligne continuent à proposer des livres numériques sous « verrou numérique » (DRM).

En matière de fonctionnalités, elles restent encore assez simples. En plus de la visualisation de la couverture et des informations essentielles autour du livre, elles proposent pour l’essentiel (plus des deux-tiers) la consultation d’extraits ou le feuilletage en ligne (voire les deux, dans 50% des cas). 39% permettent également le dépôt d’avis ou de commentaires sur les livres. Seulement 24% permettent de partager l’information sur le livre vers les réseaux sociaux, et 17% de recommander un livre à un ami par email. Seules 4% des e-librairies cumulent ces trois dernières fonctionnalités. 34% en revanche, n’en proposent aucune des trois.

L’offre illégale de livres numériques continue également de se développer en parallèle, répartie entre des gros agrégateurs généralistes (proposant aussi musiques, vidéos, jeux…) et des plateformes spécialisées dans le livre numérique. Mais plutôt faiblement comparé à l’offre légale : si un nombre équivalent de best-sellers sont disponibles en offre légale (35,3%) et illégale (36%), l’année dernière ces chiffres étaient respectivement de 17,3% et 27,9%. Et c’est essentiellement aux best-sellers que s’attaquent les pirates du livre numérique. De quoi faire relativiser…

L’étude intégrale du MOTiF est accessible ici.





Le piratage de livres numériques, coûts et solutions

20 04 2011

Si la loi sur le Prix Unique du Livre Numérique qui doit être examinée en commission paritaire le 12 mai prochain, semble faire converger l’industrie autour d’un système tarifaire de revente de livres numériques, la convergence semble beaucoup plus lointaine sur un autre dossier crucial pour le développement du livre numérique : la protection des œuvres par DRM (voir notre glossaire pour ceux qui ne connaîtraient pas encore ce terme !).

Au nom de la lutte contre le piratage, l’essentiel des livres numériques actuellement disponibles sur le marché sont en effet protégés par des DRM, malgré les évidents désagréments qu’entraînent ceux-ci, à la fois pour le consommateur, c’est bien connu (on se souvient de l’incendiaire article de Korben sur son expérience d’achat d’ebooks sous DRM auprès de la Fnac, fin janvier), et pour les libraires – et là, ça l’est déjà beaucoup moins.

Citant Eric Falconnier, Charles Kermarrec, de la librairie Dialogues, rappelle ce point dans son billet publié le 5 avril dernier :

« Les offres de livres électroniques des 3 “grands”, Amazon, Apple et Google, sont des solutions complètes permettant de contrôler le piratage des œuvres sans en entraver la lecture, pour peu que l’on reste à l’intérieur de chacun de ces écosystèmes. [...]
Face à ces offres abouties ou sur le point de l’être, il existe une autre chaîne de distribution, en place depuis quelque temps, et la seule qui soit pour le moment accessible aux libraires : on synchronise le catalogue d’un ou plusieurs fournisseurs, puis, au passage de la commande, on demande un lien au fournisseur que l’on fournit au client pour qu’il puisse accéder à son livre. Notre rôle se limite donc à faire en sorte que le client puisse facilement retrouver ses achats de livres électroniques et télécharger un nouveau lien si possible.

Quand les 3 plateformes qui se mettent en place permettent la récupération d’une bibliothèque virtuelle sur une large gamme d’appareils et la lecture, nous proposons du SAV. D’un côté lecture immédiate, de l’autre puzzle informatique et relation conflictuelle avec un vendeur qui essaie de comprendre dans quel état se trouve l’ordinateur de son client. D’un côté un processus totalement automatisé, de l’autre un poste de coût incroyablement élevé rognant sur des marges ayant été réduites pour de mauvaises raisons. La cause principale de cette expérience désastreuse pour nos clients est le verrouillage des livres vendus par les DRM Adobe rendant quasiment impossible au néophyte la lecture de livres électroniques. »

 Et imposant en conséquence au libraire d’adopter une casquette d’informaticien de dépannage, en charge d’identifier et de résoudre les problèmes rencontrés par ses clients. Ce qui peut prendre un temps potentiellement infini, et représente donc une charge financière considérable…

Il est assez intéressant de voir que ces DRM coûtent en fait également extrêmement cher aux éditeurs qui les mettent en place. Ils s’accompagnent en effet le plus souvent d’une onéreuse solution de surveillance de fichiers. La première année d’utilisation de la solution de surveillance Attributor aurait ainsi coûté à Hachette Livre entre 100 000€ et 125 000€. Mettre en place et faire tourner ces systèmes de lutte contre le piratage demande également des investissements en ressources humaines supplémentaires et spécialisées de la part des éditeurs. Enfin, des frais de justice potentiellement importants sont à prévoir pour les cas où les sites de partage refuseraient de retirer les fichiers incriminés de leur système.

 






Difficile pour autant d’abandonner toute protection des livres et de s’en remettre uniquement à la responsabilité de l’acheteur. La culture de la gratuité qui règne sur Internet semble en effet faire oublier à beaucoup que toute œuvre de l’esprit demande à son créateur du temps, et un investissement personnel, méritant rémunération… Ce qui est d’autant plus vrai pour les auteurs, qu’ils ne peuvent même pas, comme dans le monde de la musique, espérer utiliser leur livre comme produit d’appel gratuit pour générer de l’argent par d’autres moyens…

Certains éditeurs – essentiellement les éditeurs 100% numériques, comme Numériklivres, Publie.net ou Chemins de tr@verse :-) , mais pas seulement ! – choisissent de ne pas rentrer dans ce cercle vicieux des DRM et de chercher d’autres moyens d’assurer la protection de leurs livres. Il existe en effet d’autres solutions ! D’une efficacité technique clairement discutable (mais les DRM ne constituent pas non plus une barrière infranchissable pour qui veut pirater un livre, loin s’en faut !), mais qui misent plutôt sur des ressorts psychologiques.

La solution la plus simple, et sans doute la plus répandue, est l’utilisation dans les fichiers de tatouages numériques (voir notre glossaire pour en savoir plus !) au nom de l’acheteur pour l’inciter à se comporter de manière responsable avec son livre – son nom y étant attaché.

Mais d’autres expériences se font également dans des directions plus originales. Ken Akamatsu, par exemple, a ainsi imaginé un outil permettant de légaliser a posteriori un manga numérique piraté. En permettant au manga d’être lu gratuitement dans une interface (J-Comi) affichant de la publicité dont les revenus sont intégralement reversés à l’auteur du manga, il propose une solution qui à la fois, génère des revenus pour l’auteur et donc « commercialise » son livre, et reste gratuite pour l’utilisateur qui ne veut pas acheter le fichier.

Une initiative discutable, dans sa philosophie et dans son application, bien sûr. Mais qui mérite tout de même réflexion. Le 4 mai prochain aura lieu une journée mondiale contre les DRM (plus d’informations ici pour ceux que cela intéresse – en anglais cependant !). Espérons que ce sera l’occasion d’entendre parler de plus d’initiatives similaires, et d’essayer d’avancer vers un système de protection des livres numériques plus convainquant que les actuels DRM…








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