Amazon, le géant du secteur, est loin d’avoir sorti toutes ses cartes !

24 06 2011

Amazon annonçait il y a peu vendre plus de livres numériques que de livres papiers. Des résultats qui semblent en lien direct avec les ventes du Kindle : Amazon affirme en avoir vendu trois fois plus sur les cinq premiers mois de 2011 que pour l’ensemble de 2010. Pas étonnant donc qu’Amazon s’investisse encore davantage sur le marché du livre numérique. En effet, fort de ses 16 années d’expérience comme libraire en ligne, Amazon sort de plus en plus du cadre de simple vendeur de livres et propose des outils et des fonctionnalités innovantes pour la promotion des livres sur Internet et sur les réseaux sociaux. Plus encore, Amazon  s’est aussi lancé dans le prêt d’ebooks et l’autoédition. Le but affiché ; démocratiser le livre numérique !
 
Amazon, la promotion des livres et les réseaux sociaux

 En première ligne des nouveautés, la création de Backstory. Un outil dans lequel chaque lecteur pourra retrouver les entretiens avec l’auteur, les commentaires de clients sur leur lecture, les listes de lecture de l’auteur, mais également des podcasts et bien d’autres choses encore. Seconde innovation, Author Interviews@Amazon, qui proposera la diffusion d’entretiens sous forme possible de Web TV, dédiée au livre. Chaque nouvelle interview serait annoncée sur la page Facebook d’Amazon et sur le site Omnivoracious.com, le blog d’Amazon dédié au livre.

Depuis quelques mois, Amazon expérimente également le commerce de produits culturels via Facebook. Une version Béta qui nécessite d’abord le passage sur Amazon pour ensuite être redirigé sur Facebook. Arrivé là, la page se divise en deux parties : la première vous rappelle les dates d’anniversaires de vos amis et vous suggère des cadeaux en fonction de leurs préférences, la seconde référence les produits culturels appréciés de vos amis pour vous en suggérer l’achat.
 
Amazon et les lecteurs de livres numériques
 
Retour sur une rumeur persistante et aujourd’hui confirmée : le lancement au second semestre 2011 d’une nouvelle tablette Amazon tournant sous Android. Amazon a commandé entre 700 000 et 800 000 écrans tactiles électrophorétiques, de technologie FFS, au fabricant d’ordinateurs taiwanais Quanta, pour un montant de 3,5 milliards de dollars. Cette technologie FFS permettrait de concurrencer l’écran LED de l’iPad2, avec un écran rétroéclairé de 7 pouces et une palette de 16 millions de couleurs avec une résolution de 169 PPI pour un affichage de 1024 x 600. L’iPad2 compte une résolution de 132 PPI pour un affichage de 1024 x 768.

Le Kindle devient, quant à lui, plus accessible avec la création de Kindle for the web, une interface web qui permet de consulter des contenus en ligne. Pas besoin d’installation ni de logiciel : un simple navigateur permet de lire des extraits (et seulement les extraits pour l’instant) d’ebooks Kindle. Il est même possible de copier l’interface sur son site et de configurer la taille du lecteur, comme on le fait avec une vidéo YouTube. Désormais « équipé » de son Cloud Drive, Amazon permet d’ores et déjà de stocker en ligne des ouvrages aux formats compatibles Kindle.

Amazon et le prêt d’ebooks

Au niveau des logiciels, des fonctionnalités et du catalogue de livres en ligne, Amazon est très compétitif et continue de prendre les devants face à la concurrence. Pour preuve, le lancement d’un nouveau service révolutionnaire aux Etats-Unis dans le courant de l’année. Les lecteurs pourront bientôt avoir accès au contenu de 11 000 bibliothèques, situées sur tout le territoire américain, et y emprunter des ebooks. Le programme Kindle Library Lending est ouvert aux possesseurs du Kindle mais également, à toute personne ayant téléchargé l’application PC, Mac, Android, etc. L’innovation ; la prise de notes sur un livre sera conservée. Une personne qui emprunte un livre en bibliothèque, le rend, puis le consulte de nouveau, pourra avoir accès à l’intégralité des annotations qu’elle avait faites dans le livre électronique consulté. Mieux encore, si l’usager décide finalement d’acheter le livre pour le garder dans sa bibliothèque personnelle, ses annotations seront également reproduites.
 
Une innovation moins convaincante : la plateforme d’autoédition d’Amazon, un échec programmé ?

La plateforme d’autoédition d’Amazon ne cesse de faire du bruit depuis sa création ! Déjà plusieurs semaines que les constats se multiplient qui pointent la présence de livres numériques « spam ». Il s’agit là d’ouvrages « copiés-collés » d’autres et qui sont revendus sous un titre et un nom d’auteur différent. Chaque mois, des milliers d’ouvrages numériques fabriqués à partir de « fermes à contenu », appelées Private Label Rights (PLR), sont donc publiés sur la librairie en ligne du distributeur américain. Ces livres « bon marché » sont fabriqués à partir d’informations achetées à bas prix en ligne et reformatées en livres numériques.
 
La présence de ces ouvrages indésirables oblige les internautes à fouiller parmi un nombre beaucoup plus important de titres pour trouver ce qu’ils recherchent, ce qui, à long terme, risque de ternir l’image du Kindle et de miner l’initiative de soutien aux auteurs auto-publiés lancée par Amazon. Un détournement de l’esprit de l’initiative d’origine face auquel on peut s’attendre à ce qu’Amazon prenne rapidement des mesures fortes.

Prochain objectif probable pour le géant du secteur : ouvrir sa propre maison d’édition avec livres papiers et numériques !


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