Le livre numérique fait sa rentrée !

11 09 2012

Si septembre 2011 avait déjà marqué un grand pas en avant pour la reconnaissance de l’ebook avec un site dédié à la rentrée littéraire numérique, septembre 2012 franchit manifestement encore une étape : cette fois-ci, le livre numérique semble partie prenante des stratégies de rentrée de tous les éditeurs, plus seulement des pure-players.

Marie-Pierre Sangouard, responsable des contenus pour le Kindle d’Amazon, a ainsi déclaré : « Nous préparons notre première rentrée littéraire. C’est la première fois que nous sommes vraiment intégrés dans le processus par les éditeurs, au même titre que les libraires. Aujourd’hui, les éditeurs pensent numérique. » C’est que selon l’institut GfK, plus d’un million de livres numériques se seraient écoulés sur le marché français en 2011, pour une valeur de 12 millions d’euros. De quoi mobiliser les éditeurs, d’autant plus que les français s’équipent de plus en plus pour la lecture numérique (entre 100 000 et 150 000 seraient déjà équipés d’e-readers, et l’institut GfK prévoit la vente de 3 millions de tablettes sur l’année 2012), ce qui laisse présager que la tendance devrait rester à la hausse pour la vente de livres numériques. On s’attendrait à ce que d’ici 2015, l’ebook représente 13 % des ventes de livres en volume et 7 % en valeur (Idate).

Alors, en ce début de rentrée, quoi de neuf du côté du livre numérique ?

Plateformes de vente : ouverture de l’Amazon Appstore et du Samsung Readers Hub

Amazon vient de lancer son Appstore dans cinq pays européens, dont la France. Riche de plusieurs dizaines de milliers d’applications déjà, ce nouvel Appstore se destine clairement à concurrencer ceux d’Apple et de Google. Il se murmure très fort que ce lancement préfigure celui de la tablette Kindle Fire en Europe, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite à ce sujet. On a le temps, la rentrée ne fait que commencer…;-).

Beaucoup plus discrètement, mais l’information reste d’importance, Samsung a ouvert cet été son e-librairie Readers Hub. Il s’agit  d’une application Android à télécharger gratuitement et qui ouvre sur une offre de livres, destinés aux smartphones Galaxy SII et SIII, Galaxy Note, aux tablettes Galaxy Tabs… Le choix de livres y est pour le moment assez restreint.

Formats : le Book Industry Study Group valide l’Epub3.

Le BISG, sorte de haute autorité de l’industrie du livre à l’international, a annoncé donner son soutien au nouveau format Epub3 dans la perspective de promouvoir l’adoption d’un format unique et universel pour les ebooks, afin de pouvoir proposer à terme une offre mondiale compatible.

Livres numériques :

Cette année, plus de 90 % des 646 titres de la rentrée littéraire « papier » sont également disponibles en numérique. C’est vrai pour les titres de Gallimard, Flammarion, Albin Michel, mais aussi de ceux de Hachette ou d’Editis. Avec une réduction moyenne de 30% par rapport au prix de leur version papier, ils restent très chers comparés aux livres purement numériques, mais cela ne semble pas être un frein majeur à l’achat : les listes de best-sellers numériques restent étonnamment proches des listes de best-sellers papier. Nous ne disposons pas à l’heure actuelle de chiffres concernant la rentrée littéraire purement numérique, qui semble cette année se faire en toute discrétion via les plateformes commerciales existantes, et non via un site dédié comme l’année dernière.

Publicités




Abandon des DRM : petit à petit…

30 04 2012

S’ils restent appliqués à la majorité des ebooks payants à l’heure actuelle, dans une velléité de protection contre le piratage, les DRM ne font pas moins l’objet de critiques puissantes et grandissantes.

L’actualité récente en a encore montré plusieurs exemples, et, fait notable, provenant d’éditeurs.

Il y a quelques semaines, J.K. Rowling ouvrait son très attendu site Pottermore, destiné à commercialiser les Harry Potter en version numérique, sans DRM, avec un simple watermarking des fichiers (voir notre glossaire si vous n’êtes pas à l’aise avec ces termes !). Fait intéressant : si les livres ont très rapidement fait leur apparition sur des réseaux de piratage, ils en ont aussi vite disparu, et pas par l’intervention de Pottermore mais par une auto-régulation de la communauté de « pirates » qui ont sans doute ainsi voulu saluer l’initiative de Rowlings. Voilà qui devrait être de nature à rassurer les éditeurs encore soucieux de l’avenir de leurs livres non-protégés.

 

Plus récemment encore, un éditeur traditionnel de plus a renoncé à protéger ses ouvrages numériques par DRM : l’éditeur américain de SF et fantasy Tor/Forge. « Nos auteurs et les lecteurs demandent cela depuis un long moment. Ils représentent un groupe techniquement informé et les DRM sont un problème constant pour eux. Ils les empêchent d’utiliser légitimement les livres numériques achetés dans un cadre parfaitement légal, comme les déplacer d’un lecteur ebook à un autre », explique Tom Doherty, le président de cette maison d’édition.

Un autre éditeur avoue même, mais de façon anonyme, pirater les livres qu’il a achetés pour pouvoir les utiliser en toute liberté.

De quoi démotiver les troupes chez les fabricants de DRM ? Depuis l’annonce de l’arrivée du format Epub3 en octobre dernier, Adobe (dont les logiciels sont utilisés par une grande partie des maisons d’édition) n’a pas encore adapté ses outils de protection au nouveau format. Tout en promettant de le faire à terme.

 

Pour information, le 4 mai prochain, aura lieu la journée internationale contre les DRM. Pour en savoir plus, et qui sait, participer ? C’est ici.





Du nouveau sur le blog de Bouquineo !

29 11 2011

Il y a eu un certain nombre de mises à jour sur le blog aujourd’hui ! En voici le détail et les liens d’accès pour ceux qui souhaitent les découvrir…

Page « E-readers »

Info pratique : une mise à jour des modèles PRS-350, 650 et 950 a été rendue disponible !

Page « Glossaire »

Ajout du terme « impression à la demande » (merci Verzat pour la suggestion ! 🙂 )

Page « Logiciels gratuits »

Stanza : Amazon a effectué une dernière mise à jour de l’application, destinée à la rendre compatible avec iOS5. Profitez-en, après, c’en sera fini de l’excellente Stanza…

Page « Tablettes »

Ajout de l’Archos 70b ereader, un modèle qui sera très prochainement en vente dans les 250 points de vente Chapitre et France Loisirs pour 89€ (record battu !).

Ajout également de deux initiatives originales :

– les tablettes Lexibook Touchman et Lexibook Tablet, destinées aux enfants.

Qooq, la tablette made in France dédiée à la cuisine.

Bonne lecture ! 🙂





Plus de logiciel Reader pour la firme Microsoft

25 08 2011

C’est la fin d’un format de lecture qui s’annonce, d’ici un an. Au 30 août 2012, ce format identifiable par la terminaison en .lit n’existera plus.

 Lancé en 2000, Microsoft espérait imposer ce format sur le marché naissant du livre et des liseuses numériques, mais la firme n’a jamais réussi à supplanter le PDF, et encore moins les deux formats phares du secteur, Mobipocket et Epub.

A compter du 8 novembre prochain, plus aucun livre numérique en .lit ne sera disponible. Les utilisateurs pourront cependant conserver tous les livres achetés.

 





De l’état de l’offre de livres numériques en France

2 06 2011

Le MOTiF vient de publier une version réactualisée de son Tableau de bord sur l’offre légale et illégale de livres numériques en France. Voici donc quelques chiffres tout frais !

Selon le Syndicat national de l’édition, la vente de livres numériques aurait représenté environ 1,5 % du chiffre d’affaires de l’édition en France en 2010, contre environ 1 % en 2009 et 0,1 % en 2008. Une progression encourageante, même si encore éloignée des rythmes frénétiques atteints aux États-Unis (plus de 200% d’augmentation entre février 2010 et février 2011, pour atteindre aujourd’hui de 8 à 10% du chiffres d’affaires du secteur du livre).

Cette croissance est notamment alimentée par celle du catalogue disponible, qui s’est enrichi de 10 000 titres supplémentaires cette année et en possède maintenant 80 000, soit 15% du catalogue papier total. Cette croissance est essentiellement due à l’effort de numérisation des titres existants entrepris par les maisons d’édition, et seulement dans une moindre mesure au développement d’une offre numérique spécifique. 35,3% des best-sellers papier sont désormais disponibles légalement au téléchargement.

Le nombre de librairies en lignes continue également à augmenter régulièrement. On en dénombre aujourd’hui une petite cinquantaine.

Ces librairies ont des profils très divers, allant des « pure-players » (comme nous !) aux éditeurs papier en passant par des enseignes de la grande distribution, culturelle (Fnac) ou non (Boulanger, Darty…).

On y vend essentiellement les livres numériques « à la pièce », pour un prix moyen de 12,20€ (soit 21,3% de moins que le prix moyen d’un livre papier), très peu à l’abonnement. Les livres vendus sont essentiellement aux formats PDF (jusqu’à 95% des fichiers d’une librairie, chez Didactibook par exemple, 90% chez Immatériel, 75% chez fnac.com…) et ePub (10 000 à 12 000 titres sont actuellement disponibles dans ce format, sur les 80 000 du catalogue numérique français). 75% des librairies en ligne continuent à proposer des livres numériques sous « verrou numérique » (DRM).

En matière de fonctionnalités, elles restent encore assez simples. En plus de la visualisation de la couverture et des informations essentielles autour du livre, elles proposent pour l’essentiel (plus des deux-tiers) la consultation d’extraits ou le feuilletage en ligne (voire les deux, dans 50% des cas). 39% permettent également le dépôt d’avis ou de commentaires sur les livres. Seulement 24% permettent de partager l’information sur le livre vers les réseaux sociaux, et 17% de recommander un livre à un ami par email. Seules 4% des e-librairies cumulent ces trois dernières fonctionnalités. 34% en revanche, n’en proposent aucune des trois.

L’offre illégale de livres numériques continue également de se développer en parallèle, répartie entre des gros agrégateurs généralistes (proposant aussi musiques, vidéos, jeux…) et des plateformes spécialisées dans le livre numérique. Mais plutôt faiblement comparé à l’offre légale : si un nombre équivalent de best-sellers sont disponibles en offre légale (35,3%) et illégale (36%), l’année dernière ces chiffres étaient respectivement de 17,3% et 27,9%. Et c’est essentiellement aux best-sellers que s’attaquent les pirates du livre numérique. De quoi faire relativiser…

L’étude intégrale du MOTiF est accessible ici.





L’ePub 3.0 arrive !

24 05 2011

L’IDPF (International Digital Publishing Forum, l’organisme à l’origine du format ePub) vient d’émettre un communiqué de presse annonçant l’entrée de la version 3.0 du format ePub en phase de finalisation, avec la perspective d’une livraison dans les prochains mois.

Format ouvert devenu progressivement la norme en matière de livres numériques, l’ePub était jusqu’alors conçu et adapté surtout pour la lecture de livres numériques simples (souvent appelés « homothétiques ») sur de petits écrans, grâce à sa capacité à recomposer la page en fonction des préférences de présentation de chacun. Mais il montrait vite ses limites dès qu’il était question de mises en pages complexes ou d’inclusion d’éléments interactifs dans un ouvrage, ce qui, avec la prolifération récente des expériences en matière d’ebooks enrichis, devenait problématique.

Qu’à cela ne tienne, l’équipe de l’IDPF a retroussé ses manches et voilà le travail : l’ePub 3.0 permettra d’intégrer dans un livre des fichiers audio et vidéo, mais également des images redimensionnables (pour s’adapter à la taille de l’écran utilisé) et des fonctionnalités interactives. Les contenus texte et audio pourront être synchronisés. La gestion des styles de mise en forme et des spécificités linguistiques (par exemple, l’écriture verticale) sera également grandement améliorée.

Voici une petite démonstration de ce que tout cela peut donner concrètement :

Cette nouvelle version est donc une petite révolution dans le monde des livres numériques enrichis, qui ne seront bientôt plus cantonnés aux actuels livres-applications développés pour une plateforme spécifique (en général, pour l’App store d’Apple…), mais pourront prendre la forme de livres ePub lisibles sur n’importe quel outil de lecture. Une belle avancée !





Comment lire des ePubs sur un Kindle ?

20 05 2011

L’un des principaux désagréments du Kindle d’Amazon serait-il sur le point d’être résolu ?

Jusqu’ici, il était à peu près impossible de lire des livres au format ePub sur son Kindle. « A peu près », car il existait tout de même une parade : il était possible de convertir ses ePubs au format Mobi en utilisant le logiciel Calibre. Mais cela compliquait tout de même considérablement l’accès à un livre (autrement téléchargeable directement sur l’appareil, sans passer par un ordinateur…), et dans les faits, pour beaucoup, choisir le Kindle revenait au final à accepter de se contenter de l’offre de livres numériques du Kindlestore. Ce n’est peut-être pas là que se trouve le plus innovant de la lecture numérique.

Il existe désormais un logiciel permettant de lire des livres au format ePub sur son Kindle : FBReader. L’installation du logiciel semble néanmoins assez complexe et réservée à des personnes ayant une aise certaine dans le domaine informatique. Si vous souhaitez tenter, les explications sont disponibles (en anglais) ici.

Mais surtout, il semblerait qu’Amazon soit en train de travailler à permettre la lecture des ePubs (non-protégés par DRM) sur le Kindle de manière native. Il ne s’agit pour l’instant que d’une rumeur, car rien n’a été officiellement annoncé par Amazon. Mais cette évolution serait stratégiquement assez bien vue de la part d’Amazon pour préserver son emprise actuelle sur le marché du livre numérique, et est donc tout à fait plausible…








%d blogueurs aiment cette page :