Ebook readers : quand les classiques se refont une beauté

21 09 2012

La rentrée 2012 se caractérise pour le moment, du côté des e-readers, par le rafraîchissement des gammes dominantes d’ebook readers (Sony, Kobo, Kindle…). Un petit point sur ces nouveaux-venus pas si nouveaux que ça…

 

Le Sony PRS-T2

« Une liseuse jumelle du premier modèle T1 » ? C’est en tous cas l’avis de Les Numériques. D’un format comparable au PRS-T1 (voir notre description ici), elle possède néanmoins une interface améliorée par rapport à ce dernier, permettant d’accéder instantanément à sa lecture en cours, à sa bibliothèque (que l’on peut organiser comme on l’entend) et à la librairie intégrée – les fonctions les plus communément utilisées. Cette liseuse bénéficie aussi plus de fluidité quand on tourne les pages, et d’une meilleure batterie (7 semaines d’autonomie annoncées si on n’utilise pas le Wifi, contre 4 semaines pour le PRS-T1).

Du côté des nouvelles fonctionnalités, on peut noter la présence d’un navigateur web et d’applications permettant de se connecter depuis la liseuse à ses comptes Facebook ou Evernote. Si le PRS-T2 offre l’accès à des traducteurs multi-lingues et à la recherche dans Google ou Wikipedia, il est étonnant, et décevant, qu’il ne propose toujours pas de dictionnaire français embarqué. Autre point négatif, contrairement au PRS-T1, le PRS-T2 ne gère pas l’audio, on ne peut donc pas y lire de livres audio ou utiliser de fonction Text-to-speech.

La grande nouveauté du PRS-T2, c’est en fait la présence d’une librairie embarquée, en lien avec Chapitre.com, proposant un catalogue de130 000 livres en français, et jouant le jeu de l’ouverture : format Epub, watermarking plutôt que DRM, et possibilité via la plateforme d’applications ou via le navigateur web de s’approvisionner directement par d’autres sources que cette librairie. Sans doute l’argument le plus convaincant de cette nouvelle liseuse, vendue tout de même 149€.

Découvrir le Sony PRS-T2 en vidéo (en anglais) :

 

Les Kobo Glo, Kobo Mini, Kobo Arc

Du côté de chez Kobo, c’est trois nouveaux venus qui viennent enrichir la gamme cet automne.

Le Kobo Glo marque une véritable avancée technologique puisqu’il propose un écran e-Ink Pearl XGA Haute Définition associé à la technologie LightLux pour permettre au lecteur de lire de nuit avec le même confort qu’en journée (à tester!). Pour le reste, les caractéristiques techniques ne changent pas par rapport au Kobo Touch, à quelques petits détails près (le Kobo Glo est légèrement plus petit que son prédecesseur ; il offre 24 tailles de police au lieu de 17 précédemment ; il semble ne plus supporter le format Mobi ; par exemple). Ce qui n’est pas une tare, eu égard au succès du Kobo Touch. Il sera disponible à partir du 15 octobre pour 129,90€ (les pré-commandes sont déjà possibles sur le site de la Fnac).

En plus du Kobo Glo ont été annoncés le Kobo Mini, une version « de poche » (5 pouces) du Kobo Touch), et le Kobo Arc, une tablette conçue pour faire concurrence à la Kindle Fire d’Amazon, mais pour acheter ces deux derniers modèles en France, il semble qu’il faudra encore attendre un peu. Cette nouvelle gamme d’e-readers, très complète, devrait aider Kobo/Fnac à renforcer leur position dominante sur le marché français.

Découvrir la gamme Kobo en vidéo (en anglais) :

 

Le Kindle Paperwhite

Annoncé à peu près en même temps que le Kobo Glo, mais pas disponible en France avant 2013 à l’inverse de ce dernier, le Kindle Paperwhite offre la même avancée technologique : un écran de qualité améliorée (212ppi, 25% de contraste en plus annoncés) avec rétro-éclairage pour pouvoir lire la nuit. Amazon ne s’arrête cependant pas à cela ; l’interface et la qualité du tactile ont également été améliorés pour ce nouveau Kindle, qui annonce également de bonnes performances de batterie (jusqu’à 8 semaines si on n’utilise pas de connexion Internet), mais en revanche, reste toujours aussi fermé que ses prédecesseurs : le format Epub n’est toujours pas pris en charge. Le Kindle Paperwhite sera comme ses prédecesseurs disponible en version Wifi ou 3G, à des tarifs très bas ($119 ou $179 avec la 3G, aux Etats-Unis).

Voici une petite démonstration vidéo (en anglais, toujours !) :

Nous avons maintenant hâte aux premiers retours utilisateurs sur ces nouveaux venus ! Si vous avez eu l’occasion de tester une de ces machines, n’hésitez pas à nous dire ce que vous en avez pensé dans les commentaires !

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Les 15 & 16 septembre, 200 titres de Bragelonne à 0,99€

15 09 2012

« On remet le couvert ? » Suite au grand succès de l' »opération 100k » en avril dernier, les éditions Bragelonne renouvellent la formule pour fêter leur 200 000 ebooks vendus, en proposant cette fois 200 titres à 0,99€ pendant tout le week end.

Quels sont les titres concernés cette fois-ci ? Bragelonne a décidé de « proposer la même sélection, mais d’ajouter les tomes 2 lorsque ceux-ci sont sortis, ainsi que des nouveautés depuis avril, notamment de nouvelles séries ».

Vous pouvez profiter de cette offre depuis les e-librairies Amazon.fr, ePagine, Feedbooks, Immateriel.net, iTunes Store ou encore Kobo.

 





Le livre numérique fait sa rentrée !

11 09 2012

Si septembre 2011 avait déjà marqué un grand pas en avant pour la reconnaissance de l’ebook avec un site dédié à la rentrée littéraire numérique, septembre 2012 franchit manifestement encore une étape : cette fois-ci, le livre numérique semble partie prenante des stratégies de rentrée de tous les éditeurs, plus seulement des pure-players.

Marie-Pierre Sangouard, responsable des contenus pour le Kindle d’Amazon, a ainsi déclaré : « Nous préparons notre première rentrée littéraire. C’est la première fois que nous sommes vraiment intégrés dans le processus par les éditeurs, au même titre que les libraires. Aujourd’hui, les éditeurs pensent numérique. » C’est que selon l’institut GfK, plus d’un million de livres numériques se seraient écoulés sur le marché français en 2011, pour une valeur de 12 millions d’euros. De quoi mobiliser les éditeurs, d’autant plus que les français s’équipent de plus en plus pour la lecture numérique (entre 100 000 et 150 000 seraient déjà équipés d’e-readers, et l’institut GfK prévoit la vente de 3 millions de tablettes sur l’année 2012), ce qui laisse présager que la tendance devrait rester à la hausse pour la vente de livres numériques. On s’attendrait à ce que d’ici 2015, l’ebook représente 13 % des ventes de livres en volume et 7 % en valeur (Idate).

Alors, en ce début de rentrée, quoi de neuf du côté du livre numérique ?

Plateformes de vente : ouverture de l’Amazon Appstore et du Samsung Readers Hub

Amazon vient de lancer son Appstore dans cinq pays européens, dont la France. Riche de plusieurs dizaines de milliers d’applications déjà, ce nouvel Appstore se destine clairement à concurrencer ceux d’Apple et de Google. Il se murmure très fort que ce lancement préfigure celui de la tablette Kindle Fire en Europe, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite à ce sujet. On a le temps, la rentrée ne fait que commencer…;-).

Beaucoup plus discrètement, mais l’information reste d’importance, Samsung a ouvert cet été son e-librairie Readers Hub. Il s’agit  d’une application Android à télécharger gratuitement et qui ouvre sur une offre de livres, destinés aux smartphones Galaxy SII et SIII, Galaxy Note, aux tablettes Galaxy Tabs… Le choix de livres y est pour le moment assez restreint.

Formats : le Book Industry Study Group valide l’Epub3.

Le BISG, sorte de haute autorité de l’industrie du livre à l’international, a annoncé donner son soutien au nouveau format Epub3 dans la perspective de promouvoir l’adoption d’un format unique et universel pour les ebooks, afin de pouvoir proposer à terme une offre mondiale compatible.

Livres numériques :

Cette année, plus de 90 % des 646 titres de la rentrée littéraire « papier » sont également disponibles en numérique. C’est vrai pour les titres de Gallimard, Flammarion, Albin Michel, mais aussi de ceux de Hachette ou d’Editis. Avec une réduction moyenne de 30% par rapport au prix de leur version papier, ils restent très chers comparés aux livres purement numériques, mais cela ne semble pas être un frein majeur à l’achat : les listes de best-sellers numériques restent étonnamment proches des listes de best-sellers papier. Nous ne disposons pas à l’heure actuelle de chiffres concernant la rentrée littéraire purement numérique, qui semble cette année se faire en toute discrétion via les plateformes commerciales existantes, et non via un site dédié comme l’année dernière.





Ebooks & marketing : un pas en avant, un pas en arrière…

2 07 2012

Un pas en avant
deux pas en arrière
Deux pas en avant
un pas en arrière
Telle est ma philosophie.

En somme vous n’avancez pas

Non, mais je danse

Albert Memmi, Le mirliton du ciel, éd. Chemins de tr@verse, 2011

Cette citation illustre joliment les expériences qui ont lieu ces temps-ci en matière de marketing des livres numériques – car quoi que l’on en dise, on est encore loin de maîtriser les ficelles commerciales de ce marché émergent qu’est le livre numérique. Alors on enchaîne les expériences, certaines plutôt innovantes, ou tout du moins clairement numériques, mais d’autres aussi qui s’inscrivent dans la droite lignée de la promotion des livres papier. Voici quelques expériences récentes assez amusantes à cet égard…

La distribution de livres numériques dans la rue

C’est une expérience sympathique qui a été tentée par Kobo début juin dans le métro de Toronto. Accompagnée de l’auteur Julie Wilson, qui avait écrit pour l’occasion un recueil d’histoires courtes, « Seen Reading », l’équipe de Kobo a offert un Kobo Touch préchargé avec « Seen Reading » aux cent premières personnes croisées dans les couloirs du métro en train de lire (livres papier ou numériques). Voici une petite vidéo réalisée à cette occasion :

La dédicace de livres numériques

Allant encore plus loin dans la re-matérialisation des ebooks, certains travaillent à permettre la dédicace de livres numériques. Amazon a ouvert une plateforme spécifique à cet effet, KindleGraph, qui rassemble pas moins de 3 500 auteurs et 15 000 titres, mais n’est pas seule sur le créneau ; deux outsiders existent déjà, Spreecast et Autography, qui pour le dernier, a même trouvé une solution pour impliquer les libraires dans son service. Tout ceci n’est bien sûr accessible qu’aux anglophones à l’heure actuelle…

Les programmes de miles et autres points fidélité

Autre outil marketing très classique, bien que pas du tout spécifique au livre. C’est l’éditeur Diesel eBooks qui tente cette expérience, en partenariat avec Koinz Media Team, et qui va ainsi permettre aux clients de banques, d’hôtels et de programme de fidélité d’aviation d’utiliser leurs points fidélité pour acheter des ebooks parmi un catalogue de 500 000 titres proposés dans ce cadre.

Les clubs de lecture 

Traditionnel dans le concept, le club de lecture se réinvente néanmoins à l’heure du numérique. Si de petits clubs émergent et disparaissent régulièrement ici et là sur la toile, cette fois, c’est une initiative d’ampleur qui vient de démarrer : la légendaire Oprah Winfrey ouvre son club de lecture numérique, « Oprah’s Book Club 2.0 ». Affaire à suivre…

Bien sûr des expériences plus innovantes ont également lieu, comme l’opération 100k de Bragelonne il y a quelques mois, les différentes initiatives de promotion de livres sur réseaux sociaux ou encore toutes les offres qui fleurissent actuellement autour du concept de freemium (service de base gratuit pouvant être amélioré contre de l’argent). Tant qu’il n’y a pas de ligne claire à suivre, profitons-en, dansons…





Dexter livre ses derniers secrets

18 06 2012

Journaliste spécialisé dans les séries télé, Guillaume Serres nous offre avec « Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter », qui paraît aujourd’hui aux éditions Chemins de tr@verse, 30 points d’entrée originaux et pertinents pour pénétrer dans les secrets de cette série culte.

Dexter, un phénomène méritant investigation

Expert en traces de sang de la police de Miami le jour, Dexter Morgan se transforme en tueur en série de tueurs en série et autres criminels la nuit.

Une esthétique glamour, mixée à la violence et au sang, un pitch provocateur, sont les éléments-clés de cette série qui amène toute une réflexion sur la violence de la société américaine, sur les notions de justice et de morale telles qu’elles sont abordées là-bas.

Un pitch un peu irréel pour une société où réalité et fiction se tirent la bourre en matière d’atrocités et de meurtres. Il y a un peu de provocation dans Dexter. Les polémiques n’ont pas empêché cette série de rencontrer un certain succès critique et de faire de belles audiences, des deux côtés de l’Atlantique.

Après une saison 5 qui a déçu, et au fil d’une sixième saison en cours de diffusion, Guillaume Serres dissèque cette série culte afin d’essayer de comprendre l’engouement qu’elle continue de susciter depuis 2006.

« Quand on les prend au sérieux en tant que divertissements et en tant que fictions, les séries ont des choses à nous dire, selon le philosophe Thibaut de Saint-Maurice (émission « Comme on nous parle », France Inter, 30/12/2010). Elles parlent du bonheur avec Desperate Housewives, de la liberté avec Prison Break, du rapport entre hommes et femmes avec Mad Men. Comme elles parlent du quotidien, de la vie, on peut prendre le temps d’y réfléchir. » Dexter, elle, parle de la mort, des morts violentes et criminelles qui feraient partie de la vie quotidienne des Américains. Elle mérite également qu’on y réfléchisse.

Testez vos connaissances sur Dexter grâce à notre quizz !

Anatomie d’un livre

« Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter » se présente sous la forme de questions/réponses permettant une lecture linéaire ou « à la carte » de l’ouvrage.

Il explore Dexter sous toutes ses coutures, le fond, la forme, le personnage principal bien sûr. Super-antihéros, « Samouraï » floridien, monstre « vide » en quête d’humanisation ?…

Il inscrit la série dans son contexte sociétal mais aussi dans une histoire de la fiction policière américaine, montre les ruptures et les renouveaux qu’elle a apportés à ce genre.

Il montre également les rouages de la série, la stratégie derrière son élaboration, le redoutable plan marketing dont elle a bénéficié.

Il se projette enfin dans son avenir et envisage des pistes pour la suite et la fin de la série.

« Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter », par Guillaume Serres, éditions Chemins de tr@verse, 2012.

Version numérique (PDF, ePub, Mobi) : 5,99€ / Version papier : 15€

En vente sur Bouquineo.fr, Amazon.fr, iBookstore, Kindle store.

Pour découvrir les premières pages du livre, c’est ici.

« Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter » est le second ouvrage de la collection : « Séries TV » dirigée par Pierre Serisier (auteur du blog “Le Monde des séries“) aux éditions Chemins de tr@verse.

Le premier est « Anatomie d’un succès : 50 questions sur Les Experts », par Guillaume Regourd.

 

 





Inventer de nouveaux usages : l’ebook en bibliothèque

28 05 2012

Parmi les grand chantiers en cours, dans cette entrée timide mais progressive de la lecture numérique dans les mœurs, celui du prêt de livres numériques a fait parler de lui ces derniers temps. Voici un petit état des lieux en ce printemps 2012.

Comment prête t-on un livre numérique à l’heure actuelle ?

Via des bibliothèques ou des plateformes spécifiques de prêt de livres numériques

Pour faire simple, les bibliothèques achètent l’accès à un catalogue d’ouvrages qu’elles mettent à disposition de leurs utilisateurs. Les modalités techniques et économiques peuvent varier (voir plus bas).

Du point de vue de l’utilisateur, en général, le prêt de livres est géré par DRM et/ou par chronodégradation : le livre est prêté pour une durée déterminée, pendant laquelle il n’est pas accessible aux autres utilisateurs, et passée laquelle le fichier se rend inutilisable pour l’emprunteur. Et s’il n’a pas eu le temps de finir de le lire, il n’a qu’à le réemprunter.

Si ce système ressemble beaucoup à l’emprunt de livres papier, il présente néanmoins une contrainte majeure ; les utilisateurs doivent être équipés pour pouvoir lire des livres protégés par DRM (donc installer le logiciel Adobe Reader sur leur ordinateur, et utiliser des supports de lecture supportant les DRM Adobe : exit le Kindle, le Playbook, etc.).

Entre utilisateurs

Le principal système de prêt d’ebooks entre utilisateurs à l’heure actuelle est celui proposé par Amazon. De façon très similaire, un utilisateur peut prêter un de ses ebooks à un proche également utilisateur de Kindle, pour 14 jours, pendant lesquels le propriétaire du livre n’y a plus accès, et au terme desquels il retrouve son livre – et l’emprunteur le perd. La contrainte est comparable au système décrit plus haut – et le cercle encore plus fermé.

Bien sûr, avec des livres libres de DRMs, la question technique ne se poserait pas : aussi facilement qu’on remet un livre papier entre les mains d’un proche, on lui enverrait un courriel avec le livre en pièce jointe. Mais, quid de rendre le livre à son possesseur ? Détruirait-on vraiment un livre numérique prêté de sa bibliothèque une fois que l’on a fini de le lire, par acquis de conscience ? La brièveté de l’échange qui distingue prêt et don tendrait donc sans doute, en étant réaliste, à disparaître. Ainsi que la privation vécue par le possesseur originel du livre dans le cas du prêt ou du don. Mais si cette multiplication des petits pains aurait de quoi plaire aux utilisateurs, elle pose d’évidents problèmes aux auteurs.

Avec quel modèle économique ?

Pour le lecteur, l’emprunt de livres numériques est évidemment gratuit, ou au pire, conditionné à la souscription à un abonnement d’un montant (en général faible) complètement dé-corrélé de l’intensité de sa consommation de livres.

Pour les bibliothèques en revanche, c’est plus compliqué. Certains éditeurs fonctionnent sur un système de « licences », qui peut prendre différentes formes, par exemple :

  • je te vends un livre que tu peux prêter maximum X fois (26 fois pour la maison d’édition Harper Collins, par exemple) ;
  • je te vends un certain nombre d’exemplaires de mon livre, et tu ne peux pas prêter plus que ce nombre d’exemplaires simultanément ;
  • je te vends mon livre beaucoup plus cher que son prix public, mais avec une totale liberté de nombre de prêts…

D’autres, et le système semble déjà plus intelligent, perçoivent une redevance mensuelle proportionnelle à l’utilisation qui a été faite de leur livre (modèle de « pay-per-use »).

On discute également la possibilité de mettre en place un système de « rent-to-own », dans lequel les bibliothèques paieraient un droit de prêt pendant un certain temps, au bout duquel elles deviendraient propriétaires du fichier, mais l’expérience ne semble pas encore avoir été tentée.

Quels sont les principaux acteurs impliqués ?

Les prestataires

Overdrive est la première société à s’être lancée dans le prêt de livres numériques, outre-Atlantique, et reste le leader dans ce domaine. A son actif, des centaines de bibliothèques, plus de 650 000 ebooks et audiobooks, plus de 18 000 établissements publics ou universitaires proposant son catalogue, des livres numériques compatibles avec presque tous les lecteurs ebook du marché.

3M propose également un service de bibliothèque en ligne, contenant plus de 100 000 livres, compatibles avec la plupart des lecteurs ebook du marché. Pour se distinguer d’Overdrive, ils proposent aux bibliothèques partenaires des services complémentaires, une borne tactile permettant aux utilisateurs d’explorer leur catalogue, ainsi qu’un service de prêt de lecteurs ebooks avec accès direct au catalogue.

OpenLibrary.org est un projet de bibliothèque d’Internet Archive. Grâce à ses mille bibliothèques partenaires, réparties dans six pays différents, OpenLibrary parvient à proposer au prêt plus de 100 000 ebooks, essentiellement du XXème siècle.

Pretnumerique.ca est une plateforme toute récente, crée par De Marque avec pour objectif de gérer le prêt de livres numériques sur l’ensemble du territoire canadien. Pour le moment, 50 éditeurs partenaires offrent ainsi un catalogue de 5100 titres, parmi lesquels les bibliothèques partenaires peuvent passer commande pour se constituer un catalogue à proposer à leurs lecteurs.

Cyberlibris est l’acteur majeur en France dans le domaine du prêt de livres numériques. Grâce à ses quelques 300 éditeurs partenaires, il a réussi à mettre en place un catalogue de livres numériques très riche et varié, décomposé en offres spécifiques : académique, professionnelle, familiale… qui a déjà séduit plusieurs centaines de bibliothèques scolaires, universitaires ou municipales (entre autres!).

Amazon s’est également attaqué à cette nouvelle utilisation des livres numériques, mais comment souvent, en s’adressant directement à l’utilisateur final, supprimant l’intermédiaire ici « bibliothèque ». Amazon a commencé par permettre à ses utilisateurs de se prêter mutuellement des livres dans un premier temps, puis a ouvert plus récemment la Kindle Owner’s Lending Library, un fonds de 145 000 ebooks que les utilisateurs Kindle « Premium » peuvent emprunter gratuitement au rythme d’un par mois. A partir du 19 juin prochain, on y trouvera notamment les Harry Potter, entre autres best-sellers…

Les éditeurs

Les éditeurs se montrent pour le moment assez frileux sur la question du prêt de livres numériques : viabilité économique, risque de piratage, sont autant d’incertitudes qui les incitent à rester en retrait. Quand les arguments avancés ne sont pas plus surprenants encore, ainsi cette déclaration d’Arnaud Nourry, PDG de Hachette, au Salon du livre de Paris en mars dernier :

« Ces lieux ont pour vocation d’offrir à des gens qui n’ont pas les moyens financiers, un accès subventionné par la collectivité, au livre. Nous sommes très attachés aux bibliothèques, qui sont des clients très importants pour nos éditeurs, particulièrement en littérature. Alors, il faut vous retourner la question : est-ce que les acheteurs d’iPad ont besoin qu’on les aide à se procurer des livres numériques gratuitement ? Je ne suis pas certain que cela corresponde à la mission des bibliothèques.

Par définition, me semble-t-il, les gens qui ont acheté un Kindle ou un iPad, ont un pouvoir d’achat, là où les gens qui sont les usagers de ces lieux en manquent. La position de Hachette aujourd’hui, c’est que l’on ne vend pas aux bibliothèques, pour éviter d’avoir ces prix très hauts, considérant qu’il n’y a pas encore de nécessité. On changera un jour, quand on aura trouvé les formules, il y’en a plein d’autres, comme la licence qui octroierait une utilisation durant six mois. Encore une fois, les bibliothèques sont essentielles dans l’économie du livre, mais il est tout aussi essentiel que les gens achètent des livres. Si on commence à donner un accès libre et quasiment gratuit au lecteur pour des versions numériques, alors que le marché est à peine en train d’émerger, on va tuer le marché. »

Pour information, Hachette serait néanmoins en train de remettre en place une expérience de prêt d’ebooks.

Les bibliothèques

Il est impossible d’en dresser une liste à proprement parler, mais sachez que d’ores et déjà, bon nombre de bibliothèques scolaires, universitaires, mais aussi municipales, proposent le prêt d’ebooks (elles seraient plus de 4000 !). Les initiatives sont variées, allant du prêt d’e-readers avec catalogue inclus (comme le tout récent projet « Tab en bib »), à la création d’espaces de lecture numérique (par exemple à la bibliothèque des Champs-Libres, à Rennes). Renseignez-vous près de chez vous !

Les principaux points de débat actuels

  • Le contenu des catalogues : nombre d’éditeurs hésitent encore à ouvrir leurs best-sellers et autres nouveautés au prêt en numérique. Les catalogues actuels sont donc très fournis en livres « anciens », mais ce n’est pas nécessairement ce que souhaitent les lecteurs, comme le souligne Cyrille Jaouan, de la bibliothèque Dumont d’Aulnay-sous-Bois :« Nous avons de super outils, mais le contenu est limité aux ouvrages libres de droits, et donc assez vieux. Ce que veulent les usagers, ce sont les derniers best-sellers, ou les derniers polars »
  • L’accessibilité des livres : les problèmes de DRM, de compatibilité des appareils et logiciels de lecture des utilisateurs, de chronodégradation des fichiers, sont autant de problèmes qui compromettent l’expérience de lecture, et risquent de détourner les lecteurs de l’emprunt d’ebooks.
  • La rémunération des auteurs ; c’est en ce moment une question brûlante au Royaume-Uni notamment.
  • La protection contre le piratage, l’éternelle angoisse de certains éditeurs et auteurs…




Le Kindle Touch est désormais disponible en France !

20 04 2012

Avec une semaine d’avance sur le délai annoncé, Amazon vient de rendre ce jour ses Kindle Touch et Kindle Touch 3G disponibles en France.

Le Vice-président de Kindle Amazon EU, Jorrit Van der Meulen,  déclare : « Les commandes pour nos nouveaux modèles de liseuses électroniques Kindle ont dépassé nos attentes au niveau mondial. » «  Kindle Touch et Kindle Touch 3G offrent les fonctionnalités les plus complètes, auxquelles s’ajoutent : une technologie d’encre électronique e-ink qui garantit un rendu et des images d’une très grande netteté, une plus grande rapidité et facilité pour tourner les pages ainsi qu’une autonomie supérieure. Nous savons que les consommateurs français sont impatients de recevoir ces nouveaux Kindle, c’est pourquoi nous sommes ravis de pouvoir commencer à les livrer avec plusieurs jours d’avance sur la date prévue. »

iGénération propose un test assez complet de l’appareil ici.

Pour rappel, le Kindle Touch est vendu 129€ et le Kindle Touch 3G 189€.

 








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