Le Kindle en France : bilan après 15 jours

27 10 2011

Le 14 octobre dernier, le Kindle devenait officiellement disponible à la vente en France. Un événement riche en promesses pour l’avenir du livre numérique, quand on sait l’impact déterminant qu’a eu le Kindle sur le décollage de ce marché aux Etats-Unis. Deux semaines après son lancement en France, comment les choses se profilent-elles pour ce « nouveau venu » ?

Le Kindle 4

Pas de considérations relatives aux performances techniques de l’appareil ici : pour ceux que cela intéresse, les détails sont disponibles sur Amazon.  Ce qui nous intéresse, c’est ce qu’en pensent ceux qui ont eu l’appareil entre les mains, et voici un premier bilan :

Points positifs :

  • un bon outil de lecture, de par ses caractéristiques internes (écran E-ink d’excellente qualité, bonne capacité de stockage grâce aux 5Go de stockage offerts dans le Cloud d’Amazon), mais également de par sa connexion optimisée avec le Kindle Store qui permet un achat et un téléchargement de livres quasiment instantanés, et de par l’écosystème Kindle qui permet d’avoir plusieurs lectures en cours simultanément sur tous ses appareils (Whispersync synchronise le contenu de votre bibliothèque, l’état d’avancement de vos lectures mais aussi vos marque-pages et vos notes entre vos différents appareils équipés de l’application Kindle) ;
  • un outil agréable à prendre en main et au fonctionnement assez intuitif, qui a le bon goût de se faire oublier dès qu’on commence la lecture (car après tout, c’est le contenu du livre qui nous intéresse, pas le support, non ? Petit clin d’œil aux ardents défenseurs de l’objet livre papier…;-)) ;
  • un outil véritablement adapté aux situations de mobilité grâce à ses poids et taille réduits, à sa bonne autonomie et à la possibilité (réelle !) de s’en servir d’une seule main ;
  • un prix défiant toute concurrence.

Points négatifs :

  • l’absence de connectivité 3G qui oblige à avoir accès à une connexion Wifi pour pouvoir acheter/télécharger un livre, synchroniser l’appareil ou encore utiliser son navigateur Internet intégré (Webkit) ;
  • l’absence de lecteur audio, empêchant la lecture de livres audio sur l’appareil ;
  • l’absence de clavier rendant plus compliquée la prise de notes ainsi que certaines autres fonctionnalités (notamment la recherche d’un livre dans l’appareil) ;
  • de manière générale, certaines fonctionnalités restent compliquées d’utilisation, comme le transfert sur la machine de livres achetés ailleurs que sur le Kindle Store ou encore la gestion de la blbliothèque ;
  • l’absence d’accessoires livrés avec l’appareil ; il faut payer en plus si l’on veut un chargeur secteur (9,99€), une housse (30€) ou encore une garantie digne de ce nom ;
  • l’impossibilité de lire des ePubs (heureusement, il est facile de convertir ses ePubs en Mobi gratuitement en utilisant le logiciel Calibre, tutoriel disponible ici).

Le Kindle 4 vs. ses prédécesseurs

Le dernier né d’Amazon ne gagne pas nécessairement les cœurs des possesseurs des anciens modèles de la gamme Kindle.

Les amateurs du Kindle 3 déplorent la perte du clavier et de la fonction Text-to-speech (possibilité de transformer n’importe quel livre en livre audio).

Les amateurs du Kindle Touch déplorent l’absence d’écran tactile et des facilités de navigation dans l’appareil qu’il permettait.

La qualité d’écran n’a pas été améliorée depuis ces précédentes versions, la disparition d’une connexion 3G embête, et la diminution de la taille et du poids de la machine ne semblent pas des arguments qui touchent ces utilisateurs.

Beaucoup s’accordent à dire que c’est un bon modèle d’entrée de gamme, pour des personnes qui veulent acheter une première liseuse simple et sans y mettre trop d’argent, mais que les détenteurs d’anciens modèles n’ont pas vraiment d’intérêt à passer au Kindle 4.

Le Kindle 4 vs. ses concurrents

En matière de matériel, le Kindle 4 ne présente pas d’avantages majeurs par rapport à ses concurrents actuels, essentiellement les modèles d’entrée de gamme de Bookeen, Sony, le FnacBook et l’Oyo.

En revanche, aucun de ses concurrents ne peut se targuer de bénéficier d’une librairie aussi bien achalandée, ou d’un écosystème de lecture aussi complet, pratique et performant, un plus indéniable…

L’avenir semble donc plutôt dégagé pour le moment pour le Kindle. Amazon prévoit d’ailleurs des ventes records pour ce nouveau Kindle, ainsi que pour sa tablette Kindle Fire qui sortira le mois prochain ; leur chiffre d’affaires attendu serait de 16,45 à 18,65 milliards de dollars (environ 11,64 à 13,19 milliards d’euros).





Retour d’expérience : Mon nouveau jouet, mon e-reader !

27 06 2011

Nous republions ici l’intéressant témoignage d’une  utilisatrice d’un Sony PRS 650, qui a décidé de partager son expérience via son blog. En espérant que cela puisse être utile à certains d’entre vous !

« Lors de mon week end strasbourgeois, je me suis décidée à me faire un beau cadeau. Une chose à laquelle je songeais depuis quelques mois déjà : un e-reader. 

Je ne m’étais jamais lancée, car j’avais quelques réticences : 
* le prix, que ce soit celui du e-reader ou celui des ebooks.
* le fait d’avoir des livres immatériels : je ne peux pas les avoir en mains, je ne peux pas les ranger dans ma bibliothèque, je ne peux pas en tourner les pages … et j’avoue que ça me perturbait !

J’avais aussi des arguments favorables à cet achat : 
* trimballer toute une bibliothèque dans quelques grammes. 
* être à la pointe de la technologie. Oui, je suis une geekette et je l’assume ! C’est un argument débile, je sais, mais il était quand même présent dans ma tête.

Un fois que j’avais posé mes arguments pour ou contre, et que j’étais à peu près décidée à en prendre un, un jour ou l’autre, il fallait que je me fixe sur le choix du reader. Etape assez complexe et plutôt longue (près de 2 mois). En effet, il faut d’abord prendre connaissance du marché de l’e-reader : écumer les fofos, les sites spécialisés, les tests en tout genre et les vidéos de comparaison. Grâce à cette étape, quelques liseuses se sont démarquées, et d’autres sont directement tombées aux oubliettes (ex : Kindle qui ne me convient pas du tout, le Fnacbook testé en magasin et que je trouvais complexe et lent). 

L’étape suivante est celle où j’embête mes connaissances qui possèdent l’e-reader vers lequel mon coeur penche pour avoir des détails bien précis sur la machine ! A ce moment là, mon choix va vers un Sony, mais je doutais encore entre le 350 (qui a un écran 5 pouces) et le 650 (qui a un écran 6 pouces, mais aussi un prix bien plus important …). L’absence du wifi me faisait un peu tiquer. Pour une machine à 250€, je pense que ça aurait pu être inclu. Mais ensuite, je me suis dis que j’ai toujours mon téléphone à portée de main, qui a déjà le net dessus, et que ça utiliserait bien plus la batterie. Par conséquent, je me suis rendue compte que le wifi n’était vraiment pas nécessaire pour mon utilisation. 

L’avant dernière étape arrive, et c’est celle où on achète enfin son e-bouquin ! Il faut alors trouver le magasin qui le vend. Ce n’est pas si aisé que ça, puisque celui vers lequel je me dirigeais est malheureusement indisponible dans plusieurs magasins ! Tout d’abord, j’avais regardé sur le site de la Fnac, qui me proposait le Sony qui me faisait de l’oeil avec ses -5% d’adhérent, mais qui me faisait payer 13€ de frais de port … Autant dire qu’il n’y avait finalement aucun avantage. Après recherche sur d’autres sites internet (Darty, Boulanger & co), je vois qu’il est disponible dans un des Darty de Strasbourg. Forcément, je fonce !

Après avoir observé les Sony 350 et 650, comme je le pensais, j’ai trouvé l’écran trop petit pour le 5 pouces, et je me suis donc décidée pour le Sony PRS 650. J’ai un peu culpabilisé lors de l’achat (notamment à cause de son prix), je me demandais comment j’allais réagir face à cette machine, mais en même temps, j’étais malgré tout contente de mon achat !

La dernière étape, c’est bien entendu la découverte de mon nouveau joujou ! Mais avant cela, il a fallu que j’attende qu’il se charge entièrement, et impatiente comme je suis, c’était long ! En attendant, j’ai donc commencé à découvrir les différents sites proposant des ebooks gratuits (libres de droit) et aussi les sites proposant les ebooks payants. J’ai aussi patienté en faisant la découverte de Calibre, le logiciel qui permet de faire sa bibliothèque virtuelle, que l’on m’avait recommandé. En effet, il est possible de renommer les livres, les auteurs, et ça permet que tout soit bien ordonné ensuite dans l’e-reader. 

Une fois le reader chargé, que ce soit au niveau de sa batterie ou de sa bibliothèque, j’ai enfin pu l’utiliser !
1ère remarque : c’est un outil très intuitif ! J’ai parcouru le guide d’utilisation en diagonal et d’un oeil, histoire de dire que je l’ai fait, mais ce n’était pas du tout nécessaire. Son utilisation est logique et facile. 

2ème remarque : le confort de lecture ! Aucune gêne, un très grand confort pour les yeux, d’autant plus qu’on a le choix pour la police d’écriture (personnellement, je lis en M). C’est vraiment comme si on lisait une feuille de papier. J’ai passé mon week end le nez collé dessus, et je n’ai eu aucun désagrément au niveau des yeux. 

3ème remarque : je mentirai si je disais que le fait de tourner des pages de m’a pas manqué. Mais comme je ne compte absolument pas me passer des bouquins papier, ce manque sera passager. Et je suis sure qu’à un moment, il disparaitra.

4ème remarque : j’apprécie la présence de boutons physiques pour passer les pages, pour aller au menu principal. Pour naviguer tout simplement. Même si l’écran est tactile (merci le stylet, ça évite de mettre plein de traces sur l’écran), j’ai une nette préférence pour des boutons physiques, et là je suis comblée !

5ème remarque : je ne me vois pas (encore) acheter des ebooks. Leurs prix me rébutent, surtout pour quelque chose d’immatériel. Je serai comblée le jour où il sera possible d’avoir la version électronique en ajoutant un ou deux euros lors de l’achat de la version papier. De toute façon, avec tous les classiques libres de droit disponibles et que je compte découvrir, je n’ai pas le besoin d’acheter des ebooks. Je lirai les classiques sur mon e-reader, et les livres plus contemporains, ce sera en papier ! 

6ème remarque : la possibilité de mettre des photos ou de la musique sur son reader ! Je trouve ça chouette ! Piwee est forcément la première a avoir rejoint mon e-reader (c’est d’ailleurs la seule photo que j’ai mise dessus), et c’est mon écran de veille ! Pour la musique, je n’en ai pas mis, car encore une fois j’ai toujours mon téléphone qui me sert de lecture MP3 à portée de main, et en plus je ne suis pas fan de musique pendant que je lis, mais je trouve que c’est une très bonne idée ! Et surtout, ça permet de mettre des audio books dans sa bibliothèque virtuelle ! 

Pour conclure sur ma découverte de l’utilisation de ma liseuse, je suis plus que satisfaite ! Le confort de lecture est incroyable, c’est un outil vraiment intuitif et pratique. Si au début j’avais quelques doutes quant à cet achat, ils se sont évaporés après quelques minutes de son utilisation ! 

Mais après ces éloges, je vais citer quelques points qui me chagrinent un peu, même s’ils ne concernent pas l’e-reader en lui même. 
* Au prix du reader (250€ tout de même), je trouve incroyable que Sony ne propose pas de pochette ou d’étui avec l’e-reader. Personnellement, j’ai acheté une pochette de la marque suisse Wenger car c’était le moins cher des disponibles (25€, quand même …) mais surtout le plus solide et pratique à mon sens. Si vous voulez la pochette de chez Sony spécialement faite pour le reader, ça vous coutera 40€, et si vous voulez celle avec la loupiote intégrée, ça vous coutera 70€ … 

* De même, il n’y a pas la prise pour brancher le reader. Il y a le cable USB, mais c’est tout. Personnellement, ça ne me dérange pas, car j’ai déjà celle de mon téléphone. Et même si ce n’est pas un achat nécessaire, puisqu’il est possible de recharger le reader via son pc avec la prise USB, ils auraient pu la mettre dans le paquet … Par contre, point positif, le cable du reader est le même que celui de mon téléphone, et j’en suis bien contente ! 

Pour conclure sur les aspects négatifs, je trouve vraiment que Sony se fout de la gueule de ses clients quand même, en ne proposant que le plus strict minimum (cable usb) avec le reader. 

Pour terminer, je rajouterai que j’ai bien été contente d’avoir un carte SD de 2go offerte avec l’e-reader. Surtout que celle ci était chargée avec 100 livres libres de droit ! Il y avait du Zola, du Rousseau, du Conan Doyle, du Nerval, … Bref, je trouve que c’est une chouette initiative. 

Je terminerai (en vrai), en disant que je suis pleinement satisfaite de mon achat, et je ne le regrette absolument pas !

Découvrez cet article directement sur le site de l’intéressée, Olya Olenka !





Retour d’expérience : La liseuse fait-elle de moi un nouveau lecteur ?

20 06 2011

Nous republions ici l’intéressant témoignage d’un  utilisateur de liseuse éléctronique, qui a décidé de partager son expérience via son blog. En espérant que cela puisse être utile à certains d’entre vous !

Heureux propriétaire d’une liseuse (je n’aime guère le mot ; j’aurais préféré que « livrel » s’impose…), je me suis demandé il y a peu ce que cet appareil, maintenant pleinement intégré dans mon quotidien, avait changé dans ma pratique très subjective de lecteur.

D’abord, les évidences : non, je n’achète pas moins de livres papier. Pour une raison très simple : dans 49 cas sur 50, le titre que je souhaite lire n’existe pas en version numérique. En revanche, il ne me viendrait plus à l’idée d’acheter en version imprimée un texte appartenant au domaine public.

Professionnellement : j’imprime beaucoup moins. Dès que j’ai affaire à un article de blog un peu long et ardu, à un mémoire, un rapport, je clique sur l’icône DotEpub et j’ajoute le texte à ma tablette.

Oui, je télécharge surtout des textes gratuits. En ceci je ne déroge pas à la tendance générale puisque, d’après cette étude, 75% des ebooks téléchargés en France sont des ebooks gratuits. Une liseuse est rentable au bout du téléchargement d’une trentaine de livres gratuits, si je me fie au coût moyen d’un classique en édition de poche.

La liseuse fut donc pour moi, dans un premier temps, une belle opportunité de lire une poignée de grands classiques que je m’étais promis de lire depuis plus ou moins longtemps, et l’occasion de découvrir, grâce à des sites comme la bibliothèque électronique de Lisieux ou les Miscellanées, plusieurs de ces “petits maîtres” injustement négligés par l’histoire littéraire officielle, et qu’un blog comme Le Cabine de Curiosités d’Eric Poindron, par exemple, donne régulièrement envie de découvrir (et Dieu sait pourtant si je suis, d’ordinaire, peu porté vers la littérature du XIXème siècle).

La liseuse eut aussi pour effet d’accroître considérablement ma consommation de textes courts, nouvelles ou brefs essais (télécharger un recueil mais ne lire qu’une ou deux nouvelles), et de me rendre encore plus curieux (d’abord par l’effet de nouveauté qui m’a conduit à télécharger des livres que je n’aurais pas forcément achetés en version imprimée, puis par l’habitude de télécharger les extraits gratuits de romans récents proposés par certains éditeurs. Et j’imagine sans peine l’intérêt d’un tel outil pour un acquéreur en bibliothèque…).

Oui, le prix me dissuade parfois de télécharger. Et c’est d’ailleurs paradoxal, car ce critère n’entre jamais en ligne de compte, sauf cas extrêmes, dans mon choix d’un livre imprimé. Alors que le consentement à payer – véritable prix de la culture – semble fixé par certaines enquêtes autour du tiers du prix d’un livre imprimé, le prix du livre numérique est souvent le même qu’un livre imprimé, voire supérieur s’il existe une édition de poche. Entre l’édition papier d’un recueil de Benjamin Fondane à 9€ sur un célèbre libraire en ligne et l’édition numérique du même titre à 29€, bloquée par des DRM qui m’empêcheront de surligner et de le transférer d’une machine à l’autre au gré de mes futurs changements de matériel informatique, mon choix est vite fait.

Oui, il m’arrive de « pirater » un livre. Cela reste cependant plutôt rare, les textes disponibles en piratage étant peu ou prou les mêmes que ceux disponibles légalement. N’attendez pas de moi des liens : il ne faut pas plus de cinq minutes à l’internaute un peu débrouillard pour télécharger en epub le dernier Guillaume Musso ou la série des Nicolas Le Floch de Jean-François Parot, le tout sans DRM. Les lecteurs boulimiques de SF et de littérature sentimentale trouveront de quoi se sustenter pendant de nombreux mois. Bien sûr, pour télécharger illégalement Guy Dupré ou William Gaddis, c’est une autre paire de manches ; les amateurs de littérature moins « mainstream » devront encore attendre longtemps avant de pouvoir pirater leurs auteurs favoris.

Oui, je deviens (un peu) éditeur. Avec le livre numérique, la frontière entre lecteur et éditeur s’estompe, je l’expérimente à mon modeste niveau. 

Pour étoffer l’offre libre de droits, d’abord. Les principaux sites proposant en epub des textes du domaine public (Ebooks gratuits, projet Gutenberg, Manybooks, Feedbooks) en donnent pour tous les goûts, avec une qualité de fichiers cependant inégale et quelques lacunes surprenantes. Un deuxième vivier, indirect, est constitué par les bibliothèque numériques en format html : Wikisource, Bibliothèque de Lisieux, l’ABU… L’offre élargit alors considérablement celle des sites sus-mentionnés, mais il reste à convertir les fichiers html en fichiers epub, voire opérer un mini-travail éditorial. Ma technique est alors la suivante : d’abord, je génère à la volée un epub avec le plugin Dotepub, en un clic. Le résultat est moche mais suffisant pour lire les premières pages avant de décider si je souhaite lire le texte en entier. J’ai créé à cet effet un dossier “Extraits” dans ma liseuse (qui contient également les extraits gratuits des parutions récentes). Si le texte me plaît, j’utilise alors d’autres outils pour créer un epub digne de ce nom : Calibre et Sigil ou bien Feedbooks.

A côté de son catalogue de livres numériques, Feedbooks propose en effet un éditeur de livres numériques simple et performant. Il gère couverture, notes de bas de page et sommaire dynamique, mais ne permet pas d’intervenir sur la structure du livre (intitulés des parties et chapitres). Il présente l’énorme avantage de proposer une plateforme gratuite d’hébergement des fichiers ainsi créés, afin d’en faire profiter toute la communauté. J’ai moi-même fait l’expérience avec quelques textes courts récupérés sur Wikisource, comme Les Derniers Jours d’Emmanuel Kant, de Thomas de Quincey, ou Le Bal du comte d’Orgel de Radiguet : la réalisation de l’epub prend quelques minutes et la mise en ligne, après vérification du fichier par l’équipe de Feedbooks, intervient un jour ou une semaine après.

Pour corriger, pour customiser : Le psychorigide de l’orthographe que je suis, allant parfois jusqu’à corriger au crayon une faute dans un livre imprimé (je sais, c’est absurde), pourrait désormais pousser le vice jusqu’à corriger une coquille directement dans le fichier epub. Sans m’étendre davantage sur mes propres TOC, il n’est pas rare de trouver sur les forums “pirates” des versions corrigées et améliorées des fichiers epub commercialisés par certains éditeurs truffés de coquilles ou de problèmes divers (métadonnées défectueuses, espaces insécables mal gérés, etc.). Non que je considère comme normal que ce soit au lecteur de faire ce travail ! Je corrige aussi systématiquement les fichiers téléchargés sur le Projet Gutenberg (ajout d’une couverture, d’un vrai titre de fichier, de métadatas propres, suppression de la vingtaine de pages sur les conditions de réutilisation, etc.).

Pour conserver des textes épuisés : quel amateur éclairé, quel enseignant-chercheur en littérature n’a pas sa petite liste de livres épuisés, qu’il recherche assidûment chez les bouquinistes et sur les sites spécialisés ? Au titre de la copie privée, il m’est arrivé parfois de photocopier l’exemplaire conservé par la bibliothèque d’un livre que je cherchais désespérément sur Priceminister ou Livre-rare-book. Mais qui a envie de lire un livre sur des photocopies ? Avec la bonne méthodologie et de bons outils logiciels, transformer le tout en un beau livre numérique vraiment adapté à la lecture demande aujourd’hui peu de temps et de compétences.

Redécouvrez cet article directement sur le blog de l’intéressé, Lirographe !





Retour d’expérience : Marlène et son Kindle

7 06 2011

Nous republions ici l’intéressant témoignage d’une nouvelle utilisatrice du Kindle d’Amazon, qui a décidé de partager son expérience via son blog. En espérant que cela puisse être utile à certains d’entre vous !

Ergonomie, fonctionnalités
– L’encre électronique est bluffante, on dirait vraiment du papier. L’affichage est réglable : taille des polices, nombre de mots par phrase… On peut vraiment parler de « confort de lecture ».
– Le paiement n’est pas simple si on veut acheter ailleurs que dans le Kindle store : un achat qui prend moins d’une minute chez Amazon est tout simplement impossible ailleurs, en tout cas avec ma banque, qui m’impose de m’inscrire à un service plus sécurisé, moyennant l’envoi d’un code par SMS à *chaque* transaction… Heureusement qu’il y a Paypal.
– Très pratique, le chargement de documents personnels : le Kindle mange du .pdf, du .doc, du .txt, etc… pour peu qu’on ait pris la peine de convertir préalablement ses fichiers avec un outil comme Calibre, par exemple. A signaler, l’export pour Kindle disponible sur Instapaper : tous les articles « à lire plus tard » sont transférés en quelques secondes. Magique.

Contenus
– L’offre de livres en français est… comment dire ça poliment… maigre. Et nécessite, outre une certaine motivation, des qualités de fouineur bibliothécaire : il n’est pas possible de chercher par langue dans le Kindle Store, ni dans le site ereaderIQ que j’indiquais dans le dernier marché du mardi. En plus, il faut le savoir, les oeuvres en français du domaine public, qui sont gratuites dans le catalogue Amazon US, sont soumises à de la TVA si elles sont consommées en Union Européenne. J’ai fait le test : un recueil de titres de Victor Hugo, à 0$ quand je localise ma machine aux Etats-Unis, passe à 1,43$ si je suis en France.
En gratuit, on trouve des vieilleries classiques de la littérature, et encore, on se heurte parfois à des restrictions dûes au copyright. Du coup, même pour ces antiquités oeuvres du domaine public, il faut parfois chercher un peu pour récupérer le fichier qui va bien.
A un tarif abordable, il y a des daubes, mais il y a aussi des choses bien, chez publie.net par exemple ; mais on est déjà plus dans de la lecture « de découverte » (enfin si on ne lit normalement pas de « littérature contemporaine ») : l’amateur de polars, par exemple, ne retrouvera pas ses auteurs fétiches (malgré la prometteuse collection « Mauvais genres » qui démarre). Non, ceux-ci, quand ils existent en format numérique, sont vendus à peine moins cher que leur version papier brochée – dans ces cas-là, on n’achète pas, on commence plutôt à s’intéresser à l’offre non légale.

La qualité
Gratuit ou payant, cher ou pas cher, je n’ai pas encore lu d’ouvrage qui ne contienne pas au moins une faute de typographie, ou d’orthographe. Voire plusieurs sur certains textes. Ca paraît bizarre dans du tout-numérique, où on peut supposer que l’usage du correcteur orthographique est naturelle. Quand je l’ai signalé sur le premier texte que j’ai acheté, l’éditeur (publie.net) a été très réactif et a mis à ma disposition une version corrigée dans les 3 heures qui ont suivi (ça c’est du service !). Après j’ai trouvé nettement moins d’erreurs, du coup j’ai laissé filer. Mais je réfléchis à une façon de faire remonter l’info à l’éditeur, parce qu’il me semble nécessaire que la qualité des livres numériques soit au moins aussi bonne que celle des livres au format papier.

Impact sur mes pratiques
Au bout d’un mois, mon appareil contient une trentaine de titres, provenant pour moitié de publie.net, la seconde moitié se partageant à part égale entre ouvrages du domaine public et articles de revues professionnelles formatés par mes soins. J’ai lu entièrement 10 documents, commencé 7. J’ai l’impression que le support favorise le « picorage », qui n’est pas dans mes habitudes de lectures ; on verra si c’est l’effet découverte ou si ça va perdurer. Je note 2 conséquences sur mes habitudes de lecture IRL traditionnelles : une baisse de la fréquentation de ma bibliothèque physique (une visite en un mois, au lieu des visites hebdomadaires – mais ce mois a été aussi riche en déplacements professionnels, alors ceci explique peut-être cela), et une hausse de mes achats de livres papier (3 en un mois), que j’attribue à la fréquentation plus assidue du site d’Amazon, mais je pense que ça ne va pas durer. »

Redécouvrez cet article directement sur le blog de l’intéressée, Marlène’s corner.





Comment lire des ePubs sur un Kindle ?

20 05 2011

L’un des principaux désagréments du Kindle d’Amazon serait-il sur le point d’être résolu ?

Jusqu’ici, il était à peu près impossible de lire des livres au format ePub sur son Kindle. « A peu près », car il existait tout de même une parade : il était possible de convertir ses ePubs au format Mobi en utilisant le logiciel Calibre. Mais cela compliquait tout de même considérablement l’accès à un livre (autrement téléchargeable directement sur l’appareil, sans passer par un ordinateur…), et dans les faits, pour beaucoup, choisir le Kindle revenait au final à accepter de se contenter de l’offre de livres numériques du Kindlestore. Ce n’est peut-être pas là que se trouve le plus innovant de la lecture numérique.

Il existe désormais un logiciel permettant de lire des livres au format ePub sur son Kindle : FBReader. L’installation du logiciel semble néanmoins assez complexe et réservée à des personnes ayant une aise certaine dans le domaine informatique. Si vous souhaitez tenter, les explications sont disponibles (en anglais) ici.

Mais surtout, il semblerait qu’Amazon soit en train de travailler à permettre la lecture des ePubs (non-protégés par DRM) sur le Kindle de manière native. Il ne s’agit pour l’instant que d’une rumeur, car rien n’a été officiellement annoncé par Amazon. Mais cette évolution serait stratégiquement assez bien vue de la part d’Amazon pour préserver son emprise actuelle sur le marché du livre numérique, et est donc tout à fait plausible…








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