Des mises à jour sur le blog + promo sur les e-readers Bookeen à la Fnac !

29 06 2012

Quelques nouveautés à aller explorer :

Page « Logiciels gratuits »

  • Ajout de eFreedom, une nouvelle application de lecture basée sur les navigateurs Internet

Page « E-librairies spécialisées »

  • Ajout de ToucheNoire, éditeur numérique pure player spécialisé dans les polars

Page « E-librairies reliées à un e-reader »

  • Ajout du Sony Reader Store, enfin arrivé !

 

Et, information intéressante : la Fnac profite des soldes pour vendre les e-readers Bookeen à prix cassé. On peut en ce moment acheter le Cybook Opus pour 65,95€ (contre 119,99€ sur le site de Bookeen) et le Cybook Orizon, le dernier-né de Bookeen, pour 69,95€ en noir et 76,95€ en blanc (139,99€ sur le site de Bookeen). Avis aux amateurs !

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Inventer de nouveaux usages : l’ebook en bibliothèque

28 05 2012

Parmi les grand chantiers en cours, dans cette entrée timide mais progressive de la lecture numérique dans les mœurs, celui du prêt de livres numériques a fait parler de lui ces derniers temps. Voici un petit état des lieux en ce printemps 2012.

Comment prête t-on un livre numérique à l’heure actuelle ?

Via des bibliothèques ou des plateformes spécifiques de prêt de livres numériques

Pour faire simple, les bibliothèques achètent l’accès à un catalogue d’ouvrages qu’elles mettent à disposition de leurs utilisateurs. Les modalités techniques et économiques peuvent varier (voir plus bas).

Du point de vue de l’utilisateur, en général, le prêt de livres est géré par DRM et/ou par chronodégradation : le livre est prêté pour une durée déterminée, pendant laquelle il n’est pas accessible aux autres utilisateurs, et passée laquelle le fichier se rend inutilisable pour l’emprunteur. Et s’il n’a pas eu le temps de finir de le lire, il n’a qu’à le réemprunter.

Si ce système ressemble beaucoup à l’emprunt de livres papier, il présente néanmoins une contrainte majeure ; les utilisateurs doivent être équipés pour pouvoir lire des livres protégés par DRM (donc installer le logiciel Adobe Reader sur leur ordinateur, et utiliser des supports de lecture supportant les DRM Adobe : exit le Kindle, le Playbook, etc.).

Entre utilisateurs

Le principal système de prêt d’ebooks entre utilisateurs à l’heure actuelle est celui proposé par Amazon. De façon très similaire, un utilisateur peut prêter un de ses ebooks à un proche également utilisateur de Kindle, pour 14 jours, pendant lesquels le propriétaire du livre n’y a plus accès, et au terme desquels il retrouve son livre – et l’emprunteur le perd. La contrainte est comparable au système décrit plus haut – et le cercle encore plus fermé.

Bien sûr, avec des livres libres de DRMs, la question technique ne se poserait pas : aussi facilement qu’on remet un livre papier entre les mains d’un proche, on lui enverrait un courriel avec le livre en pièce jointe. Mais, quid de rendre le livre à son possesseur ? Détruirait-on vraiment un livre numérique prêté de sa bibliothèque une fois que l’on a fini de le lire, par acquis de conscience ? La brièveté de l’échange qui distingue prêt et don tendrait donc sans doute, en étant réaliste, à disparaître. Ainsi que la privation vécue par le possesseur originel du livre dans le cas du prêt ou du don. Mais si cette multiplication des petits pains aurait de quoi plaire aux utilisateurs, elle pose d’évidents problèmes aux auteurs.

Avec quel modèle économique ?

Pour le lecteur, l’emprunt de livres numériques est évidemment gratuit, ou au pire, conditionné à la souscription à un abonnement d’un montant (en général faible) complètement dé-corrélé de l’intensité de sa consommation de livres.

Pour les bibliothèques en revanche, c’est plus compliqué. Certains éditeurs fonctionnent sur un système de « licences », qui peut prendre différentes formes, par exemple :

  • je te vends un livre que tu peux prêter maximum X fois (26 fois pour la maison d’édition Harper Collins, par exemple) ;
  • je te vends un certain nombre d’exemplaires de mon livre, et tu ne peux pas prêter plus que ce nombre d’exemplaires simultanément ;
  • je te vends mon livre beaucoup plus cher que son prix public, mais avec une totale liberté de nombre de prêts…

D’autres, et le système semble déjà plus intelligent, perçoivent une redevance mensuelle proportionnelle à l’utilisation qui a été faite de leur livre (modèle de « pay-per-use »).

On discute également la possibilité de mettre en place un système de « rent-to-own », dans lequel les bibliothèques paieraient un droit de prêt pendant un certain temps, au bout duquel elles deviendraient propriétaires du fichier, mais l’expérience ne semble pas encore avoir été tentée.

Quels sont les principaux acteurs impliqués ?

Les prestataires

Overdrive est la première société à s’être lancée dans le prêt de livres numériques, outre-Atlantique, et reste le leader dans ce domaine. A son actif, des centaines de bibliothèques, plus de 650 000 ebooks et audiobooks, plus de 18 000 établissements publics ou universitaires proposant son catalogue, des livres numériques compatibles avec presque tous les lecteurs ebook du marché.

3M propose également un service de bibliothèque en ligne, contenant plus de 100 000 livres, compatibles avec la plupart des lecteurs ebook du marché. Pour se distinguer d’Overdrive, ils proposent aux bibliothèques partenaires des services complémentaires, une borne tactile permettant aux utilisateurs d’explorer leur catalogue, ainsi qu’un service de prêt de lecteurs ebooks avec accès direct au catalogue.

OpenLibrary.org est un projet de bibliothèque d’Internet Archive. Grâce à ses mille bibliothèques partenaires, réparties dans six pays différents, OpenLibrary parvient à proposer au prêt plus de 100 000 ebooks, essentiellement du XXème siècle.

Pretnumerique.ca est une plateforme toute récente, crée par De Marque avec pour objectif de gérer le prêt de livres numériques sur l’ensemble du territoire canadien. Pour le moment, 50 éditeurs partenaires offrent ainsi un catalogue de 5100 titres, parmi lesquels les bibliothèques partenaires peuvent passer commande pour se constituer un catalogue à proposer à leurs lecteurs.

Cyberlibris est l’acteur majeur en France dans le domaine du prêt de livres numériques. Grâce à ses quelques 300 éditeurs partenaires, il a réussi à mettre en place un catalogue de livres numériques très riche et varié, décomposé en offres spécifiques : académique, professionnelle, familiale… qui a déjà séduit plusieurs centaines de bibliothèques scolaires, universitaires ou municipales (entre autres!).

Amazon s’est également attaqué à cette nouvelle utilisation des livres numériques, mais comment souvent, en s’adressant directement à l’utilisateur final, supprimant l’intermédiaire ici « bibliothèque ». Amazon a commencé par permettre à ses utilisateurs de se prêter mutuellement des livres dans un premier temps, puis a ouvert plus récemment la Kindle Owner’s Lending Library, un fonds de 145 000 ebooks que les utilisateurs Kindle « Premium » peuvent emprunter gratuitement au rythme d’un par mois. A partir du 19 juin prochain, on y trouvera notamment les Harry Potter, entre autres best-sellers…

Les éditeurs

Les éditeurs se montrent pour le moment assez frileux sur la question du prêt de livres numériques : viabilité économique, risque de piratage, sont autant d’incertitudes qui les incitent à rester en retrait. Quand les arguments avancés ne sont pas plus surprenants encore, ainsi cette déclaration d’Arnaud Nourry, PDG de Hachette, au Salon du livre de Paris en mars dernier :

« Ces lieux ont pour vocation d’offrir à des gens qui n’ont pas les moyens financiers, un accès subventionné par la collectivité, au livre. Nous sommes très attachés aux bibliothèques, qui sont des clients très importants pour nos éditeurs, particulièrement en littérature. Alors, il faut vous retourner la question : est-ce que les acheteurs d’iPad ont besoin qu’on les aide à se procurer des livres numériques gratuitement ? Je ne suis pas certain que cela corresponde à la mission des bibliothèques.

Par définition, me semble-t-il, les gens qui ont acheté un Kindle ou un iPad, ont un pouvoir d’achat, là où les gens qui sont les usagers de ces lieux en manquent. La position de Hachette aujourd’hui, c’est que l’on ne vend pas aux bibliothèques, pour éviter d’avoir ces prix très hauts, considérant qu’il n’y a pas encore de nécessité. On changera un jour, quand on aura trouvé les formules, il y’en a plein d’autres, comme la licence qui octroierait une utilisation durant six mois. Encore une fois, les bibliothèques sont essentielles dans l’économie du livre, mais il est tout aussi essentiel que les gens achètent des livres. Si on commence à donner un accès libre et quasiment gratuit au lecteur pour des versions numériques, alors que le marché est à peine en train d’émerger, on va tuer le marché. »

Pour information, Hachette serait néanmoins en train de remettre en place une expérience de prêt d’ebooks.

Les bibliothèques

Il est impossible d’en dresser une liste à proprement parler, mais sachez que d’ores et déjà, bon nombre de bibliothèques scolaires, universitaires, mais aussi municipales, proposent le prêt d’ebooks (elles seraient plus de 4000 !). Les initiatives sont variées, allant du prêt d’e-readers avec catalogue inclus (comme le tout récent projet « Tab en bib »), à la création d’espaces de lecture numérique (par exemple à la bibliothèque des Champs-Libres, à Rennes). Renseignez-vous près de chez vous !

Les principaux points de débat actuels

  • Le contenu des catalogues : nombre d’éditeurs hésitent encore à ouvrir leurs best-sellers et autres nouveautés au prêt en numérique. Les catalogues actuels sont donc très fournis en livres « anciens », mais ce n’est pas nécessairement ce que souhaitent les lecteurs, comme le souligne Cyrille Jaouan, de la bibliothèque Dumont d’Aulnay-sous-Bois :« Nous avons de super outils, mais le contenu est limité aux ouvrages libres de droits, et donc assez vieux. Ce que veulent les usagers, ce sont les derniers best-sellers, ou les derniers polars »
  • L’accessibilité des livres : les problèmes de DRM, de compatibilité des appareils et logiciels de lecture des utilisateurs, de chronodégradation des fichiers, sont autant de problèmes qui compromettent l’expérience de lecture, et risquent de détourner les lecteurs de l’emprunt d’ebooks.
  • La rémunération des auteurs ; c’est en ce moment une question brûlante au Royaume-Uni notamment.
  • La protection contre le piratage, l’éternelle angoisse de certains éditeurs et auteurs…




Retour d’expérience : « La liseuse Kobo by Fnac, 5 mois après »

23 05 2012

Billet originellement paru sur Blogrimm.

« Cinq mois après que la liseuse Kobo aie profité de Noël pour entrer dans ma vie de lecteur, il est temps de faire un petit bilan :

Je suis tout à fait convaincu du passage au numérique. Même en étant geek, le passage du papier à l’écran n’allait pas de soi. L’écran à encre électronique est tout à fait convaincant : très net, très lisible, aucun reflet, aucun problème pour lire en plein soleil.

Les avantages de la mémoire électronique sont là, on peut emmener en voyage les 8 tomes d’une série de fantasy sont en sentir le poids ni l’encombrement. Le Kobo est beau, léger et le format est bien adapté et beaucoup plus agréable que l’iPad pour cette utilisation. Cela m’a surpris.

Je suis un peu moins convaincu par l’écran tactile, qui souffre de la comparaison avec les écrans des iDevices. Cela fonctionne, bien sûr, mais pas aussi bien que sur mon iPhone et il m’arrive de tourner plusieurs pages à la fois involontairement, ce qui arrive aussi avec un livre papier bien sûr! J’en viens à me dire que des boutons auraient aussi bien fait l’affaire et que le tactile n’est vraiment qu’une mode sur une liseuse ebook.

Ma principale déception vient de l’OS. Je l’avais choisi surtout pour les fonctions sociales et statistiques de Reading Life que j’avais expérimenté sur iPad. Eh bien, elles sont beaucoup plus limitées sur la liseuse, autant dire inutilisables. Heureusement que ces fonctions tiennent plus du gadget que de l’utile. Le dictionnaire en français joue toujours les absents et les fonctions de gestion de bibliothèque sont vraiment rustiques. Par exemple, impossible de trier les épisodes d’un cycle par numéro. »





Des mises à jour sur le blog !

17 05 2012

Pages « Librairies numériques spécialisées »

Deux nouveaux éditeurs spécialisés en textes courts viennent de rejoindre cette page :

– Emoticourts

– Pause-Nouvelle (de L’anthologiste)

A découvrir !

 

Page « E-readers »

Le Kobo by Fnac s’aligne sur le prix du Kindle, à 99€. La guerre continue !

 

 





Le Kindle Touch est désormais disponible en France !

20 04 2012

Avec une semaine d’avance sur le délai annoncé, Amazon vient de rendre ce jour ses Kindle Touch et Kindle Touch 3G disponibles en France.

Le Vice-président de Kindle Amazon EU, Jorrit Van der Meulen,  déclare : « Les commandes pour nos nouveaux modèles de liseuses électroniques Kindle ont dépassé nos attentes au niveau mondial. » «  Kindle Touch et Kindle Touch 3G offrent les fonctionnalités les plus complètes, auxquelles s’ajoutent : une technologie d’encre électronique e-ink qui garantit un rendu et des images d’une très grande netteté, une plus grande rapidité et facilité pour tourner les pages ainsi qu’une autonomie supérieure. Nous savons que les consommateurs français sont impatients de recevoir ces nouveaux Kindle, c’est pourquoi nous sommes ravis de pouvoir commencer à les livrer avec plusieurs jours d’avance sur la date prévue. »

iGénération propose un test assez complet de l’appareil ici.

Pour rappel, le Kindle Touch est vendu 129€ et le Kindle Touch 3G 189€.

 





Retour d’expérience : « Kindle ? L’outil qui m’a redonné envie de lire plus régulièrement »

17 04 2012

Billet initialement paru sur le Weblog de Frederic Bezies.

« Cela fait moins d’une journée que j’ai la Kindle chez moi, et je dois dire que c’est le coup de coeur. J’avais déjà vu l’affichage en encre électronique sur des tablettes concurrentes, mais j’avoue que j’avais toujours voulu prendre une Kindle.

N’ayant pas besoin d’une tablette en version tactile, j’ai pris le modèle « classique » à 2 Go. Et j’avoue qu’après une prise en main un peu longue (la partie la plus longue étant la mise en route de la connexion wifi), ce n’est que du bonheur.

L’affichage est agréable, reposant, on peut lire une heure à la suite sur une kindle avec la même fatigue visuelle que sur un livre papier, mais il y a une différence de taille : le regard est concentré sur une seule page, ce qui permet une lecture plus « productive », car le regard n’a pas tendance à se déporter sur la page que l’on a pas encore lu.

Coté dimension, c’est un gros livre de poche. J’ai été surpris par son silence, sa légèreté et la qualité de l’affichage. C’est comme si un livre était défait page par page, puis insérer derrière l’écran de la tablette.

Cependant, tout n’est pas rose, et les principaux points noirs sont :

  • Le prix des livres électroniques… Pourquoi des livres à 15 – 18 € en version numérique (donc sans frais d’impressions, de stockages, de reliure) alors que la version physique est à 18 – 22 € ?
  • L’absence du support du format ePub, même si j’ai pu trouver un logiciel pour convertir les livres en format lisible par la kindle.

Points positifs ?

  • La capacités de stockage : j’ai une trentaine de livres au format numérique (merci les classiques à 0 €), et il me reste encore 1,3 Go sur les 2 de la tablette.
  • La récupération instantané des livres si on passe par la connexion wifi.
  • La kindle qui se comporte comme une « bête » clé USB quand on la connecte à son ordinateur, ce qui rend la Kindle compatible avec Linux, ce qui est pas si mal que cela.

Dès que les livres numériques ne seront plus à prix exorbitants (cela sent une entente entre les éditeurs pour ne pas baisser les prix, comme l’entente des 3 grands de la téléphonie mobile française à une époque), la Kindle sera un outil des plus répandus. »

Vous possédez un Kindle ? Vos commentaires sur ce retour d’expérience sont les bienvenus (ainsi que tout complément d’informations à destination d’utilisateurs potentiels du Kindle !).





La lecture numérique en France : mise en perspective

8 04 2012

Un baromètre semestriel sur les usages du livre numérique en France a été mis en place par la Sofia, le SNE et la SGDL avec une première étude en mars 2012 qui a porté sur 2014 personnes pour l’échantillon « population française » et sur 505 personnes pour l’échantillon « lecteurs de livres numériques ». Nous vous en présenterons ici quelques conclusions majeures, mises en perspective avec celles issues de l’étude menée par le cabinet GFK en mai 2011 (sur un échantillon de 1000 personnes) ainsi que de chiffres nous provenant des Etats-Unis afin de mieux discerner le chemin qu’elles semblent tracer pour l’évolution de la lecture numérique en France.

L’ebook, aujourd’hui, ça concerne qui ?

Selon ce nouveau baromètre, réalisé par OpinionWay, seuls 5% des français auraient déjà lu, au moins en partie, un livre numérique, un chiffre étonnamment bas comparé au résultat de 14% obtenu par Gfk. Selon le baromètre OpinionWay, seuls 5% supplémentaires de la population française envisageraient de lire en numérique. A titre indicatif, aux Etats-Unis, on estime en février 2012 que 21% de la population aurait déjà lu un ebook.

Quel est le profil du lecteur d’ebooks ? Sans surprise, plutôt un homme, de moins de 35 ans et de CSP supérieure, et surtout, déjà gros consommateur de livres papier. Parmi les lecteurs de livres numériques, au cours du mois écoulé, 65% auraient lu un livre papier et 49% un ebook. Le livre numérique apporterait ainsi de nouvelles pratiques (et un plus gros volume de lecture, pour 24% des sondés), plus que de nouveaux lecteurs. Ceci est cohérent avec la tendance observée aux Etats-Unis. Une étude menée par le Pew Research Center conclut ainsi qu’en 2011, 72 % des lecteurs auraient lu un livre imprimé, et environ 88 % des personnes ayant lu au moins un ebook pendant l’année auraient également lu un livre imprimé.

 

Ebooks vs. livres papier

Comment se positionnent livres numériques et livres papier dans ces nouveaux usages ? La possession d’un terminal de lecture, la facilité de stockage, la mobilité et le prix sont selon le baromètre OpinionWay les principaux arguments qui semblent jouer en faveur du livre numérique, tandis que le confort de lecture, la variété du choix et le plaisir d’offrir constituent les atouts majeurs du livre imprimé. Ces résultats s’inscrivent dans la droite ligne de ce que l’on observe aux Etats-Unis.

En termes de type de livres lus, la littérature semble avoir la part belle dans les usages des lecteurs d’ebooks ; 62% déclarent en lire. Leur second choix va aux documents, actualités, essais, livres de beaux arts et livres pratiques (32% des achats) puis aux livres scientifiques et techniques (30%), aux dictionnaires et encyclopédies (27%), aux livres de sciences sociales (24%), aux bandes dessinées (22%) et à l’enseignement scolaire (18%). Seuls 13% lisent de la littérature numérique jeunesse, 12% des livres traitant de religion ou d’ésotérisme, et 11% des guides touristiques et autres ouvrages de documentation. Cette classification ne permet pas d’observer si se vérifie en France l’engouement pour les ebooks de SF et de littérature sentimentale et/ou érotique constaté aux Etats-Unis.

Pour les années à venir, 44% des lecteurs d’ebooks prévoient d’accroître leurs usages légaux de livres numériques et 43% de les maintenir au même niveau. 73% des lecteurs d’ebooks envisagent une stabilité ou une augmentation de leur usage du livre imprimé.

Sur quoi lit-on des ebooks aujourd’hui ?

Selon le baromètre OpinionWay, les principaux supports de lecture de livres numériques actuellement restent l’ordinateur, portable (45% des lecteurs d’ebooks) ou fixe (30%), suivi des téléphones portables et smartphones (22%), des tablettes (18%) et des liseuses (17%). Ces chiffres sont tout à fait comparables à ceux auxquels aboutissait l’étude Gfk en mai dernier (support de lecture principal l’ordinateur à 56%, le téléphone portable à 19%, la tablette à 15%). La pénétration des liseuses est beaucoup plus marquée aux Etats-Unis où elle talonne l’ordinateur comme support de lecture (41% des lecteurs d’ebooks contre 42% pour l’ordinateur).

Le baromètre apporte également un autre éclairage intéressant sur le choix du support de lecture en corrélant possession d’un support électronique et utilisation de ce support pour la lecture. Sans surprise, 92% des possesseurs de liseuses l’utilisent pour lire, mais c’est également le cas de 79% des lecteurs possesseurs de tablettes. Ce chiffres tombent à 56% pour les possesseurs d’ordinateurs portables, 45% pour les ordinateurs fixes et 27% pour les smartphones.

 

Où s’approvisionne t-on en ebooks ?

Selon le baromètre OpinionWay, 80% des lecteurs d’ebooks se contenteraient de l’offre légale disponible, par respect du droit d’auteur (55% des répondants), par crainte de la sanction (30%) ou par satisfaction de l’offre existante (25%).

20% des lecteurs d’ebooks auraient en revanche déjà eu recours à une offre illégale de livres numériques, le plus souvent parce que l’offre légale manquait ou était trop chère (63% des répondants). Effet de hasard, pudeur des répondants ? Ce chiffre de 20%, déjà élevé, est pourtant bien inférieur à celui obtenu par Gfk (29%).

Toujours selon le baromètre OpinionWay, 74% de lecteurs d’ebooks auraient déjà acheté au moins un livre numérique. 36% se cantonnent donc aux ebooks gratuits, proportion à laquelle parvenait également l’étude Gfk.

Les ebooks sont achetés principalement en paiement à l’acte (67%) et chez des « géants » de l’Internet comme Amazon, l’Apple Store ou Google Books (cela arrive à 38% des lecteurs d’ebooks) ou du commerce culturel comme Fnac, Cultura ou Virgin (30%). Les sites de libraires (Dialogue, La Procure, Le furet du nord…) attirent encore 19% des lecteurs d’ebooks. Les sites d’acteurs « pure-players » ou d’auteurs restent en revanche une source d’approvisionnement marginale (11% vont dans des e-librairies pure-players, 8% sur des sites d’éditeurs ou d’auteurs), confirmant si besoin en était, que ce marché émergent est encore complètement entre les mains d’acteurs « traditionnels ».

 

Il est intéressant de constater que d’une année sur l’autre, les grandes tendances de la lecture numérique en France ne semblent pas évoluer de manière fondamentale et restent globalement cohérentes avec ce que l’on peut observer aux Etats-Unis. Une différence majeure entre ces deux pays est le taux de pénétration des liseuses, qui a sans doute une influence non-négligeable sur le décollage du marché, et que l’on peut expliquer au moins en partie par un simple décalage dans le temps ; aux Etats-Unis, la première liseuse vraiment pratique, et autonome, avec sa connexion Internet, est apparue en 2007 (c’était la première version du Kindle) quand en France il a fallu attendre 2011. Garder les yeux rivés au delà de l’Atlantique pour essayer de prévoir les évolutions du livre numérique en France n’est donc pas complètement absurde.

En attendant, dans les années à venir, selon le baromètre OpinionWay, 44% des lecteurs d’ebooks pensent augmenter leur usage de livres numériques légaux et 43% le maintenir ; 11% seulement pensent le diminuer. Rappelons tout de même que ces lecteurs ne constituent selon ce baromètre que 5% de la population française ; si la tendance est positive, la route reste longue. Et parsemée de défis : rendre le prix des livres numériques plus accessible, accroître et diversifier l’offre légale, améliorer les supports de lecture, les fichiers… ce n’est encore que le début de l’aventure !

Pour ceux qui veulent aller plus loin, l’étude complète est disponible ici.








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