Ebooks & marketing : un pas en avant, un pas en arrière…

2 07 2012

Un pas en avant
deux pas en arrière
Deux pas en avant
un pas en arrière
Telle est ma philosophie.

En somme vous n’avancez pas

Non, mais je danse

Albert Memmi, Le mirliton du ciel, éd. Chemins de tr@verse, 2011

Cette citation illustre joliment les expériences qui ont lieu ces temps-ci en matière de marketing des livres numériques – car quoi que l’on en dise, on est encore loin de maîtriser les ficelles commerciales de ce marché émergent qu’est le livre numérique. Alors on enchaîne les expériences, certaines plutôt innovantes, ou tout du moins clairement numériques, mais d’autres aussi qui s’inscrivent dans la droite lignée de la promotion des livres papier. Voici quelques expériences récentes assez amusantes à cet égard…

La distribution de livres numériques dans la rue

C’est une expérience sympathique qui a été tentée par Kobo début juin dans le métro de Toronto. Accompagnée de l’auteur Julie Wilson, qui avait écrit pour l’occasion un recueil d’histoires courtes, « Seen Reading », l’équipe de Kobo a offert un Kobo Touch préchargé avec « Seen Reading » aux cent premières personnes croisées dans les couloirs du métro en train de lire (livres papier ou numériques). Voici une petite vidéo réalisée à cette occasion :

La dédicace de livres numériques

Allant encore plus loin dans la re-matérialisation des ebooks, certains travaillent à permettre la dédicace de livres numériques. Amazon a ouvert une plateforme spécifique à cet effet, KindleGraph, qui rassemble pas moins de 3 500 auteurs et 15 000 titres, mais n’est pas seule sur le créneau ; deux outsiders existent déjà, Spreecast et Autography, qui pour le dernier, a même trouvé une solution pour impliquer les libraires dans son service. Tout ceci n’est bien sûr accessible qu’aux anglophones à l’heure actuelle…

Les programmes de miles et autres points fidélité

Autre outil marketing très classique, bien que pas du tout spécifique au livre. C’est l’éditeur Diesel eBooks qui tente cette expérience, en partenariat avec Koinz Media Team, et qui va ainsi permettre aux clients de banques, d’hôtels et de programme de fidélité d’aviation d’utiliser leurs points fidélité pour acheter des ebooks parmi un catalogue de 500 000 titres proposés dans ce cadre.

Les clubs de lecture 

Traditionnel dans le concept, le club de lecture se réinvente néanmoins à l’heure du numérique. Si de petits clubs émergent et disparaissent régulièrement ici et là sur la toile, cette fois, c’est une initiative d’ampleur qui vient de démarrer : la légendaire Oprah Winfrey ouvre son club de lecture numérique, « Oprah’s Book Club 2.0 ». Affaire à suivre…

Bien sûr des expériences plus innovantes ont également lieu, comme l’opération 100k de Bragelonne il y a quelques mois, les différentes initiatives de promotion de livres sur réseaux sociaux ou encore toutes les offres qui fleurissent actuellement autour du concept de freemium (service de base gratuit pouvant être amélioré contre de l’argent). Tant qu’il n’y a pas de ligne claire à suivre, profitons-en, dansons…

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Inventer de nouveaux usages : l’ebook en bibliothèque

28 05 2012

Parmi les grand chantiers en cours, dans cette entrée timide mais progressive de la lecture numérique dans les mœurs, celui du prêt de livres numériques a fait parler de lui ces derniers temps. Voici un petit état des lieux en ce printemps 2012.

Comment prête t-on un livre numérique à l’heure actuelle ?

Via des bibliothèques ou des plateformes spécifiques de prêt de livres numériques

Pour faire simple, les bibliothèques achètent l’accès à un catalogue d’ouvrages qu’elles mettent à disposition de leurs utilisateurs. Les modalités techniques et économiques peuvent varier (voir plus bas).

Du point de vue de l’utilisateur, en général, le prêt de livres est géré par DRM et/ou par chronodégradation : le livre est prêté pour une durée déterminée, pendant laquelle il n’est pas accessible aux autres utilisateurs, et passée laquelle le fichier se rend inutilisable pour l’emprunteur. Et s’il n’a pas eu le temps de finir de le lire, il n’a qu’à le réemprunter.

Si ce système ressemble beaucoup à l’emprunt de livres papier, il présente néanmoins une contrainte majeure ; les utilisateurs doivent être équipés pour pouvoir lire des livres protégés par DRM (donc installer le logiciel Adobe Reader sur leur ordinateur, et utiliser des supports de lecture supportant les DRM Adobe : exit le Kindle, le Playbook, etc.).

Entre utilisateurs

Le principal système de prêt d’ebooks entre utilisateurs à l’heure actuelle est celui proposé par Amazon. De façon très similaire, un utilisateur peut prêter un de ses ebooks à un proche également utilisateur de Kindle, pour 14 jours, pendant lesquels le propriétaire du livre n’y a plus accès, et au terme desquels il retrouve son livre – et l’emprunteur le perd. La contrainte est comparable au système décrit plus haut – et le cercle encore plus fermé.

Bien sûr, avec des livres libres de DRMs, la question technique ne se poserait pas : aussi facilement qu’on remet un livre papier entre les mains d’un proche, on lui enverrait un courriel avec le livre en pièce jointe. Mais, quid de rendre le livre à son possesseur ? Détruirait-on vraiment un livre numérique prêté de sa bibliothèque une fois que l’on a fini de le lire, par acquis de conscience ? La brièveté de l’échange qui distingue prêt et don tendrait donc sans doute, en étant réaliste, à disparaître. Ainsi que la privation vécue par le possesseur originel du livre dans le cas du prêt ou du don. Mais si cette multiplication des petits pains aurait de quoi plaire aux utilisateurs, elle pose d’évidents problèmes aux auteurs.

Avec quel modèle économique ?

Pour le lecteur, l’emprunt de livres numériques est évidemment gratuit, ou au pire, conditionné à la souscription à un abonnement d’un montant (en général faible) complètement dé-corrélé de l’intensité de sa consommation de livres.

Pour les bibliothèques en revanche, c’est plus compliqué. Certains éditeurs fonctionnent sur un système de « licences », qui peut prendre différentes formes, par exemple :

  • je te vends un livre que tu peux prêter maximum X fois (26 fois pour la maison d’édition Harper Collins, par exemple) ;
  • je te vends un certain nombre d’exemplaires de mon livre, et tu ne peux pas prêter plus que ce nombre d’exemplaires simultanément ;
  • je te vends mon livre beaucoup plus cher que son prix public, mais avec une totale liberté de nombre de prêts…

D’autres, et le système semble déjà plus intelligent, perçoivent une redevance mensuelle proportionnelle à l’utilisation qui a été faite de leur livre (modèle de « pay-per-use »).

On discute également la possibilité de mettre en place un système de « rent-to-own », dans lequel les bibliothèques paieraient un droit de prêt pendant un certain temps, au bout duquel elles deviendraient propriétaires du fichier, mais l’expérience ne semble pas encore avoir été tentée.

Quels sont les principaux acteurs impliqués ?

Les prestataires

Overdrive est la première société à s’être lancée dans le prêt de livres numériques, outre-Atlantique, et reste le leader dans ce domaine. A son actif, des centaines de bibliothèques, plus de 650 000 ebooks et audiobooks, plus de 18 000 établissements publics ou universitaires proposant son catalogue, des livres numériques compatibles avec presque tous les lecteurs ebook du marché.

3M propose également un service de bibliothèque en ligne, contenant plus de 100 000 livres, compatibles avec la plupart des lecteurs ebook du marché. Pour se distinguer d’Overdrive, ils proposent aux bibliothèques partenaires des services complémentaires, une borne tactile permettant aux utilisateurs d’explorer leur catalogue, ainsi qu’un service de prêt de lecteurs ebooks avec accès direct au catalogue.

OpenLibrary.org est un projet de bibliothèque d’Internet Archive. Grâce à ses mille bibliothèques partenaires, réparties dans six pays différents, OpenLibrary parvient à proposer au prêt plus de 100 000 ebooks, essentiellement du XXème siècle.

Pretnumerique.ca est une plateforme toute récente, crée par De Marque avec pour objectif de gérer le prêt de livres numériques sur l’ensemble du territoire canadien. Pour le moment, 50 éditeurs partenaires offrent ainsi un catalogue de 5100 titres, parmi lesquels les bibliothèques partenaires peuvent passer commande pour se constituer un catalogue à proposer à leurs lecteurs.

Cyberlibris est l’acteur majeur en France dans le domaine du prêt de livres numériques. Grâce à ses quelques 300 éditeurs partenaires, il a réussi à mettre en place un catalogue de livres numériques très riche et varié, décomposé en offres spécifiques : académique, professionnelle, familiale… qui a déjà séduit plusieurs centaines de bibliothèques scolaires, universitaires ou municipales (entre autres!).

Amazon s’est également attaqué à cette nouvelle utilisation des livres numériques, mais comment souvent, en s’adressant directement à l’utilisateur final, supprimant l’intermédiaire ici « bibliothèque ». Amazon a commencé par permettre à ses utilisateurs de se prêter mutuellement des livres dans un premier temps, puis a ouvert plus récemment la Kindle Owner’s Lending Library, un fonds de 145 000 ebooks que les utilisateurs Kindle « Premium » peuvent emprunter gratuitement au rythme d’un par mois. A partir du 19 juin prochain, on y trouvera notamment les Harry Potter, entre autres best-sellers…

Les éditeurs

Les éditeurs se montrent pour le moment assez frileux sur la question du prêt de livres numériques : viabilité économique, risque de piratage, sont autant d’incertitudes qui les incitent à rester en retrait. Quand les arguments avancés ne sont pas plus surprenants encore, ainsi cette déclaration d’Arnaud Nourry, PDG de Hachette, au Salon du livre de Paris en mars dernier :

« Ces lieux ont pour vocation d’offrir à des gens qui n’ont pas les moyens financiers, un accès subventionné par la collectivité, au livre. Nous sommes très attachés aux bibliothèques, qui sont des clients très importants pour nos éditeurs, particulièrement en littérature. Alors, il faut vous retourner la question : est-ce que les acheteurs d’iPad ont besoin qu’on les aide à se procurer des livres numériques gratuitement ? Je ne suis pas certain que cela corresponde à la mission des bibliothèques.

Par définition, me semble-t-il, les gens qui ont acheté un Kindle ou un iPad, ont un pouvoir d’achat, là où les gens qui sont les usagers de ces lieux en manquent. La position de Hachette aujourd’hui, c’est que l’on ne vend pas aux bibliothèques, pour éviter d’avoir ces prix très hauts, considérant qu’il n’y a pas encore de nécessité. On changera un jour, quand on aura trouvé les formules, il y’en a plein d’autres, comme la licence qui octroierait une utilisation durant six mois. Encore une fois, les bibliothèques sont essentielles dans l’économie du livre, mais il est tout aussi essentiel que les gens achètent des livres. Si on commence à donner un accès libre et quasiment gratuit au lecteur pour des versions numériques, alors que le marché est à peine en train d’émerger, on va tuer le marché. »

Pour information, Hachette serait néanmoins en train de remettre en place une expérience de prêt d’ebooks.

Les bibliothèques

Il est impossible d’en dresser une liste à proprement parler, mais sachez que d’ores et déjà, bon nombre de bibliothèques scolaires, universitaires, mais aussi municipales, proposent le prêt d’ebooks (elles seraient plus de 4000 !). Les initiatives sont variées, allant du prêt d’e-readers avec catalogue inclus (comme le tout récent projet « Tab en bib »), à la création d’espaces de lecture numérique (par exemple à la bibliothèque des Champs-Libres, à Rennes). Renseignez-vous près de chez vous !

Les principaux points de débat actuels

  • Le contenu des catalogues : nombre d’éditeurs hésitent encore à ouvrir leurs best-sellers et autres nouveautés au prêt en numérique. Les catalogues actuels sont donc très fournis en livres « anciens », mais ce n’est pas nécessairement ce que souhaitent les lecteurs, comme le souligne Cyrille Jaouan, de la bibliothèque Dumont d’Aulnay-sous-Bois :« Nous avons de super outils, mais le contenu est limité aux ouvrages libres de droits, et donc assez vieux. Ce que veulent les usagers, ce sont les derniers best-sellers, ou les derniers polars »
  • L’accessibilité des livres : les problèmes de DRM, de compatibilité des appareils et logiciels de lecture des utilisateurs, de chronodégradation des fichiers, sont autant de problèmes qui compromettent l’expérience de lecture, et risquent de détourner les lecteurs de l’emprunt d’ebooks.
  • La rémunération des auteurs ; c’est en ce moment une question brûlante au Royaume-Uni notamment.
  • La protection contre le piratage, l’éternelle angoisse de certains éditeurs et auteurs…




Prix des livres numériques : ça bouge !

11 05 2012

Depuis le début du mois, plusieurs éditeurs et auteurs ont annoncé une baisse, provisoire ou permanente, du prix de vente de leurs livres numériques, témoignant, si besoin en était, que ce marché continue à se chercher.

Le prix des livres numériques semble en effet être une variable importante dans la décision d’achat d’un ebook, comme l’ont démontré plusieurs expériences, notamment récemment chez Bragelonne, dont l' »opération 100K » (100 titres à 99 centimes pendant une journée, pour fêter leurs 100000 ventes numériques) a tout de même généré 15300 ventes.

Publie.net a ainsi décidé d’appliquer désormais à ses nouveautés un prix d’appel de 0,99 centimes pour inciter les lecteurs à découvrir ces titres, après une expérience concluante de cette formule sur le livre de Jean-Daniel Magnin, « Le jeu continue après ta mort ».

0,99 centimes, c’est également le prix que vient de choisir Paulo Coelho pour ses ebooks (uniquement aux Etats-Unis et au Canada pour le moment). « C’est une décision cruciale pour moi. Pendant des années, j’ai affirmé que les contenus gratuits n’est pas une menace pour le commerce du livre. En baissant le prix d’un livre et en l’alignant sur celui d’une chanson sur iTunes, le lecteur sera encouragé à payer pour l’obtenir, au lieu de le télécharger gratuitement ».

Sans aller aussi loin,  Hachette vient de décider d’aligner le prix de 2000 de ses ebooks sur le prix de leur version poche. Cette expérimentation ne concerne que des titres de littérature, publiés par Hachette, et existant déjà en poche, mais c’est déjà un grand pas symbolique.

Rendez-vous sans doute dans quelques mois pour faire le point sur le résultat de ces initiatives !

 





Youboox : un accès gratuit et légal aux livres numériques

12 04 2012

Depuis le mois dernier, la start-up française Youboox a osé franchir le pas dont la perspective faisait tant frémir : intégrer de la publicité aux livres numériques pour en permettre l’accès gratuit.

La publicité ne se trouve pas exactement dans le livre, mais juste au dessus du livre, dans l’écran de lecture, et aux dires des premiers utilisateurs, elle se laisserait oublier assez facilement.

Et elle est la condition économique permettant un service par ailleurs intéressant (les revenus publicitaires sont partagés avec les éditeurs partenaires) ; Youboox permet à ses utilisateurs de lire gratuitement, et en toute légalité, en streaming, n’importe quel ebook de leur catalogue (qui en compte un millier à l’heure actuelle). Ils peuvent également consulter des conseils et des critiques éditoriales sur les livres proposés, voir les notations et recommandations de la communauté de lecteurs, partager leurs propres lectures sur les réseaux sociaux ; une expérience de lecture déjà relativement riche. Youboox est accessible sur Internet mais également via leur application pour iPad.

Voici une petite démonstration de leur service :

Dans un avenir proche, Youboox prévoit de proposer également un abonnement payant (9,90€/mois) aux utilisateurs désireux de ne plus voir de publicités et de pouvoir lire leurs livres hors ligne. Le catalogue serait également plus important.

Un pari audacieux… et vous, qu’en pensez-vous ?





Découvrir la scène littéraire jeunesse

3 12 2011

En manque d’idée de sortie pour ce dimanche pluvieux qui s’annonce ? Si vous habitez en région parisienne, pourquoi ne pas aller faire un tour au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil qui continue jusqu’à lundi ?

Une bonne occasion de découvrir la scène littéraire jeunesse, papier bien sûr mais aussi numérique grâce au Pôle numérique organisé cette année. Ce pôle se structure autour d’une tablette géante crée par le Salon et sur laquelle les enfants peuvent expérimenter jeux, dessins, composition de musique, interactivité avec des personnages… Un iPad est également mis à leur disposition pour leur permettre de découvrir des applications-livres innovantes.

Initiative sympathique, les éditions Fleurus et Mango offrent pour tout achat d’un livre papier sur leur stand, un livre numérique gratuit à choisir parmi une sélection de 50 titres numériques des catalogues des maisons Fleurus, Mango, Rustica et Mame. Cette sélection comprend des livres jeunesse bien sûr mais également des livres de cuisine, de vie pratique, des livres religieux, des romans…

L’entrée du Salon est gratuite pour les moins de 18 ans.

Pour plus de détails, et pour les modalités d’accès, c’est ici.





Retour d’expérience : Mon nouveau jouet, mon e-reader !

27 06 2011

Nous republions ici l’intéressant témoignage d’une  utilisatrice d’un Sony PRS 650, qui a décidé de partager son expérience via son blog. En espérant que cela puisse être utile à certains d’entre vous !

« Lors de mon week end strasbourgeois, je me suis décidée à me faire un beau cadeau. Une chose à laquelle je songeais depuis quelques mois déjà : un e-reader. 

Je ne m’étais jamais lancée, car j’avais quelques réticences : 
* le prix, que ce soit celui du e-reader ou celui des ebooks.
* le fait d’avoir des livres immatériels : je ne peux pas les avoir en mains, je ne peux pas les ranger dans ma bibliothèque, je ne peux pas en tourner les pages … et j’avoue que ça me perturbait !

J’avais aussi des arguments favorables à cet achat : 
* trimballer toute une bibliothèque dans quelques grammes. 
* être à la pointe de la technologie. Oui, je suis une geekette et je l’assume ! C’est un argument débile, je sais, mais il était quand même présent dans ma tête.

Un fois que j’avais posé mes arguments pour ou contre, et que j’étais à peu près décidée à en prendre un, un jour ou l’autre, il fallait que je me fixe sur le choix du reader. Etape assez complexe et plutôt longue (près de 2 mois). En effet, il faut d’abord prendre connaissance du marché de l’e-reader : écumer les fofos, les sites spécialisés, les tests en tout genre et les vidéos de comparaison. Grâce à cette étape, quelques liseuses se sont démarquées, et d’autres sont directement tombées aux oubliettes (ex : Kindle qui ne me convient pas du tout, le Fnacbook testé en magasin et que je trouvais complexe et lent). 

L’étape suivante est celle où j’embête mes connaissances qui possèdent l’e-reader vers lequel mon coeur penche pour avoir des détails bien précis sur la machine ! A ce moment là, mon choix va vers un Sony, mais je doutais encore entre le 350 (qui a un écran 5 pouces) et le 650 (qui a un écran 6 pouces, mais aussi un prix bien plus important …). L’absence du wifi me faisait un peu tiquer. Pour une machine à 250€, je pense que ça aurait pu être inclu. Mais ensuite, je me suis dis que j’ai toujours mon téléphone à portée de main, qui a déjà le net dessus, et que ça utiliserait bien plus la batterie. Par conséquent, je me suis rendue compte que le wifi n’était vraiment pas nécessaire pour mon utilisation. 

L’avant dernière étape arrive, et c’est celle où on achète enfin son e-bouquin ! Il faut alors trouver le magasin qui le vend. Ce n’est pas si aisé que ça, puisque celui vers lequel je me dirigeais est malheureusement indisponible dans plusieurs magasins ! Tout d’abord, j’avais regardé sur le site de la Fnac, qui me proposait le Sony qui me faisait de l’oeil avec ses -5% d’adhérent, mais qui me faisait payer 13€ de frais de port … Autant dire qu’il n’y avait finalement aucun avantage. Après recherche sur d’autres sites internet (Darty, Boulanger & co), je vois qu’il est disponible dans un des Darty de Strasbourg. Forcément, je fonce !

Après avoir observé les Sony 350 et 650, comme je le pensais, j’ai trouvé l’écran trop petit pour le 5 pouces, et je me suis donc décidée pour le Sony PRS 650. J’ai un peu culpabilisé lors de l’achat (notamment à cause de son prix), je me demandais comment j’allais réagir face à cette machine, mais en même temps, j’étais malgré tout contente de mon achat !

La dernière étape, c’est bien entendu la découverte de mon nouveau joujou ! Mais avant cela, il a fallu que j’attende qu’il se charge entièrement, et impatiente comme je suis, c’était long ! En attendant, j’ai donc commencé à découvrir les différents sites proposant des ebooks gratuits (libres de droit) et aussi les sites proposant les ebooks payants. J’ai aussi patienté en faisant la découverte de Calibre, le logiciel qui permet de faire sa bibliothèque virtuelle, que l’on m’avait recommandé. En effet, il est possible de renommer les livres, les auteurs, et ça permet que tout soit bien ordonné ensuite dans l’e-reader. 

Une fois le reader chargé, que ce soit au niveau de sa batterie ou de sa bibliothèque, j’ai enfin pu l’utiliser !
1ère remarque : c’est un outil très intuitif ! J’ai parcouru le guide d’utilisation en diagonal et d’un oeil, histoire de dire que je l’ai fait, mais ce n’était pas du tout nécessaire. Son utilisation est logique et facile. 

2ème remarque : le confort de lecture ! Aucune gêne, un très grand confort pour les yeux, d’autant plus qu’on a le choix pour la police d’écriture (personnellement, je lis en M). C’est vraiment comme si on lisait une feuille de papier. J’ai passé mon week end le nez collé dessus, et je n’ai eu aucun désagrément au niveau des yeux. 

3ème remarque : je mentirai si je disais que le fait de tourner des pages de m’a pas manqué. Mais comme je ne compte absolument pas me passer des bouquins papier, ce manque sera passager. Et je suis sure qu’à un moment, il disparaitra.

4ème remarque : j’apprécie la présence de boutons physiques pour passer les pages, pour aller au menu principal. Pour naviguer tout simplement. Même si l’écran est tactile (merci le stylet, ça évite de mettre plein de traces sur l’écran), j’ai une nette préférence pour des boutons physiques, et là je suis comblée !

5ème remarque : je ne me vois pas (encore) acheter des ebooks. Leurs prix me rébutent, surtout pour quelque chose d’immatériel. Je serai comblée le jour où il sera possible d’avoir la version électronique en ajoutant un ou deux euros lors de l’achat de la version papier. De toute façon, avec tous les classiques libres de droit disponibles et que je compte découvrir, je n’ai pas le besoin d’acheter des ebooks. Je lirai les classiques sur mon e-reader, et les livres plus contemporains, ce sera en papier ! 

6ème remarque : la possibilité de mettre des photos ou de la musique sur son reader ! Je trouve ça chouette ! Piwee est forcément la première a avoir rejoint mon e-reader (c’est d’ailleurs la seule photo que j’ai mise dessus), et c’est mon écran de veille ! Pour la musique, je n’en ai pas mis, car encore une fois j’ai toujours mon téléphone qui me sert de lecture MP3 à portée de main, et en plus je ne suis pas fan de musique pendant que je lis, mais je trouve que c’est une très bonne idée ! Et surtout, ça permet de mettre des audio books dans sa bibliothèque virtuelle ! 

Pour conclure sur ma découverte de l’utilisation de ma liseuse, je suis plus que satisfaite ! Le confort de lecture est incroyable, c’est un outil vraiment intuitif et pratique. Si au début j’avais quelques doutes quant à cet achat, ils se sont évaporés après quelques minutes de son utilisation ! 

Mais après ces éloges, je vais citer quelques points qui me chagrinent un peu, même s’ils ne concernent pas l’e-reader en lui même. 
* Au prix du reader (250€ tout de même), je trouve incroyable que Sony ne propose pas de pochette ou d’étui avec l’e-reader. Personnellement, j’ai acheté une pochette de la marque suisse Wenger car c’était le moins cher des disponibles (25€, quand même …) mais surtout le plus solide et pratique à mon sens. Si vous voulez la pochette de chez Sony spécialement faite pour le reader, ça vous coutera 40€, et si vous voulez celle avec la loupiote intégrée, ça vous coutera 70€ … 

* De même, il n’y a pas la prise pour brancher le reader. Il y a le cable USB, mais c’est tout. Personnellement, ça ne me dérange pas, car j’ai déjà celle de mon téléphone. Et même si ce n’est pas un achat nécessaire, puisqu’il est possible de recharger le reader via son pc avec la prise USB, ils auraient pu la mettre dans le paquet … Par contre, point positif, le cable du reader est le même que celui de mon téléphone, et j’en suis bien contente ! 

Pour conclure sur les aspects négatifs, je trouve vraiment que Sony se fout de la gueule de ses clients quand même, en ne proposant que le plus strict minimum (cable usb) avec le reader. 

Pour terminer, je rajouterai que j’ai bien été contente d’avoir un carte SD de 2go offerte avec l’e-reader. Surtout que celle ci était chargée avec 100 livres libres de droit ! Il y avait du Zola, du Rousseau, du Conan Doyle, du Nerval, … Bref, je trouve que c’est une chouette initiative. 

Je terminerai (en vrai), en disant que je suis pleinement satisfaite de mon achat, et je ne le regrette absolument pas !

Découvrez cet article directement sur le site de l’intéressée, Olya Olenka !





Retour d’expérience : La liseuse fait-elle de moi un nouveau lecteur ?

20 06 2011

Nous republions ici l’intéressant témoignage d’un  utilisateur de liseuse éléctronique, qui a décidé de partager son expérience via son blog. En espérant que cela puisse être utile à certains d’entre vous !

Heureux propriétaire d’une liseuse (je n’aime guère le mot ; j’aurais préféré que « livrel » s’impose…), je me suis demandé il y a peu ce que cet appareil, maintenant pleinement intégré dans mon quotidien, avait changé dans ma pratique très subjective de lecteur.

D’abord, les évidences : non, je n’achète pas moins de livres papier. Pour une raison très simple : dans 49 cas sur 50, le titre que je souhaite lire n’existe pas en version numérique. En revanche, il ne me viendrait plus à l’idée d’acheter en version imprimée un texte appartenant au domaine public.

Professionnellement : j’imprime beaucoup moins. Dès que j’ai affaire à un article de blog un peu long et ardu, à un mémoire, un rapport, je clique sur l’icône DotEpub et j’ajoute le texte à ma tablette.

Oui, je télécharge surtout des textes gratuits. En ceci je ne déroge pas à la tendance générale puisque, d’après cette étude, 75% des ebooks téléchargés en France sont des ebooks gratuits. Une liseuse est rentable au bout du téléchargement d’une trentaine de livres gratuits, si je me fie au coût moyen d’un classique en édition de poche.

La liseuse fut donc pour moi, dans un premier temps, une belle opportunité de lire une poignée de grands classiques que je m’étais promis de lire depuis plus ou moins longtemps, et l’occasion de découvrir, grâce à des sites comme la bibliothèque électronique de Lisieux ou les Miscellanées, plusieurs de ces “petits maîtres” injustement négligés par l’histoire littéraire officielle, et qu’un blog comme Le Cabine de Curiosités d’Eric Poindron, par exemple, donne régulièrement envie de découvrir (et Dieu sait pourtant si je suis, d’ordinaire, peu porté vers la littérature du XIXème siècle).

La liseuse eut aussi pour effet d’accroître considérablement ma consommation de textes courts, nouvelles ou brefs essais (télécharger un recueil mais ne lire qu’une ou deux nouvelles), et de me rendre encore plus curieux (d’abord par l’effet de nouveauté qui m’a conduit à télécharger des livres que je n’aurais pas forcément achetés en version imprimée, puis par l’habitude de télécharger les extraits gratuits de romans récents proposés par certains éditeurs. Et j’imagine sans peine l’intérêt d’un tel outil pour un acquéreur en bibliothèque…).

Oui, le prix me dissuade parfois de télécharger. Et c’est d’ailleurs paradoxal, car ce critère n’entre jamais en ligne de compte, sauf cas extrêmes, dans mon choix d’un livre imprimé. Alors que le consentement à payer – véritable prix de la culture – semble fixé par certaines enquêtes autour du tiers du prix d’un livre imprimé, le prix du livre numérique est souvent le même qu’un livre imprimé, voire supérieur s’il existe une édition de poche. Entre l’édition papier d’un recueil de Benjamin Fondane à 9€ sur un célèbre libraire en ligne et l’édition numérique du même titre à 29€, bloquée par des DRM qui m’empêcheront de surligner et de le transférer d’une machine à l’autre au gré de mes futurs changements de matériel informatique, mon choix est vite fait.

Oui, il m’arrive de « pirater » un livre. Cela reste cependant plutôt rare, les textes disponibles en piratage étant peu ou prou les mêmes que ceux disponibles légalement. N’attendez pas de moi des liens : il ne faut pas plus de cinq minutes à l’internaute un peu débrouillard pour télécharger en epub le dernier Guillaume Musso ou la série des Nicolas Le Floch de Jean-François Parot, le tout sans DRM. Les lecteurs boulimiques de SF et de littérature sentimentale trouveront de quoi se sustenter pendant de nombreux mois. Bien sûr, pour télécharger illégalement Guy Dupré ou William Gaddis, c’est une autre paire de manches ; les amateurs de littérature moins « mainstream » devront encore attendre longtemps avant de pouvoir pirater leurs auteurs favoris.

Oui, je deviens (un peu) éditeur. Avec le livre numérique, la frontière entre lecteur et éditeur s’estompe, je l’expérimente à mon modeste niveau. 

Pour étoffer l’offre libre de droits, d’abord. Les principaux sites proposant en epub des textes du domaine public (Ebooks gratuits, projet Gutenberg, Manybooks, Feedbooks) en donnent pour tous les goûts, avec une qualité de fichiers cependant inégale et quelques lacunes surprenantes. Un deuxième vivier, indirect, est constitué par les bibliothèque numériques en format html : Wikisource, Bibliothèque de Lisieux, l’ABU… L’offre élargit alors considérablement celle des sites sus-mentionnés, mais il reste à convertir les fichiers html en fichiers epub, voire opérer un mini-travail éditorial. Ma technique est alors la suivante : d’abord, je génère à la volée un epub avec le plugin Dotepub, en un clic. Le résultat est moche mais suffisant pour lire les premières pages avant de décider si je souhaite lire le texte en entier. J’ai créé à cet effet un dossier “Extraits” dans ma liseuse (qui contient également les extraits gratuits des parutions récentes). Si le texte me plaît, j’utilise alors d’autres outils pour créer un epub digne de ce nom : Calibre et Sigil ou bien Feedbooks.

A côté de son catalogue de livres numériques, Feedbooks propose en effet un éditeur de livres numériques simple et performant. Il gère couverture, notes de bas de page et sommaire dynamique, mais ne permet pas d’intervenir sur la structure du livre (intitulés des parties et chapitres). Il présente l’énorme avantage de proposer une plateforme gratuite d’hébergement des fichiers ainsi créés, afin d’en faire profiter toute la communauté. J’ai moi-même fait l’expérience avec quelques textes courts récupérés sur Wikisource, comme Les Derniers Jours d’Emmanuel Kant, de Thomas de Quincey, ou Le Bal du comte d’Orgel de Radiguet : la réalisation de l’epub prend quelques minutes et la mise en ligne, après vérification du fichier par l’équipe de Feedbooks, intervient un jour ou une semaine après.

Pour corriger, pour customiser : Le psychorigide de l’orthographe que je suis, allant parfois jusqu’à corriger au crayon une faute dans un livre imprimé (je sais, c’est absurde), pourrait désormais pousser le vice jusqu’à corriger une coquille directement dans le fichier epub. Sans m’étendre davantage sur mes propres TOC, il n’est pas rare de trouver sur les forums “pirates” des versions corrigées et améliorées des fichiers epub commercialisés par certains éditeurs truffés de coquilles ou de problèmes divers (métadonnées défectueuses, espaces insécables mal gérés, etc.). Non que je considère comme normal que ce soit au lecteur de faire ce travail ! Je corrige aussi systématiquement les fichiers téléchargés sur le Projet Gutenberg (ajout d’une couverture, d’un vrai titre de fichier, de métadatas propres, suppression de la vingtaine de pages sur les conditions de réutilisation, etc.).

Pour conserver des textes épuisés : quel amateur éclairé, quel enseignant-chercheur en littérature n’a pas sa petite liste de livres épuisés, qu’il recherche assidûment chez les bouquinistes et sur les sites spécialisés ? Au titre de la copie privée, il m’est arrivé parfois de photocopier l’exemplaire conservé par la bibliothèque d’un livre que je cherchais désespérément sur Priceminister ou Livre-rare-book. Mais qui a envie de lire un livre sur des photocopies ? Avec la bonne méthodologie et de bons outils logiciels, transformer le tout en un beau livre numérique vraiment adapté à la lecture demande aujourd’hui peu de temps et de compétences.

Redécouvrez cet article directement sur le blog de l’intéressé, Lirographe !








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