Ebooks & marketing : un pas en avant, un pas en arrière…

2 07 2012

Un pas en avant
deux pas en arrière
Deux pas en avant
un pas en arrière
Telle est ma philosophie.

En somme vous n’avancez pas

Non, mais je danse

Albert Memmi, Le mirliton du ciel, éd. Chemins de tr@verse, 2011

Cette citation illustre joliment les expériences qui ont lieu ces temps-ci en matière de marketing des livres numériques – car quoi que l’on en dise, on est encore loin de maîtriser les ficelles commerciales de ce marché émergent qu’est le livre numérique. Alors on enchaîne les expériences, certaines plutôt innovantes, ou tout du moins clairement numériques, mais d’autres aussi qui s’inscrivent dans la droite lignée de la promotion des livres papier. Voici quelques expériences récentes assez amusantes à cet égard…

La distribution de livres numériques dans la rue

C’est une expérience sympathique qui a été tentée par Kobo début juin dans le métro de Toronto. Accompagnée de l’auteur Julie Wilson, qui avait écrit pour l’occasion un recueil d’histoires courtes, « Seen Reading », l’équipe de Kobo a offert un Kobo Touch préchargé avec « Seen Reading » aux cent premières personnes croisées dans les couloirs du métro en train de lire (livres papier ou numériques). Voici une petite vidéo réalisée à cette occasion :

La dédicace de livres numériques

Allant encore plus loin dans la re-matérialisation des ebooks, certains travaillent à permettre la dédicace de livres numériques. Amazon a ouvert une plateforme spécifique à cet effet, KindleGraph, qui rassemble pas moins de 3 500 auteurs et 15 000 titres, mais n’est pas seule sur le créneau ; deux outsiders existent déjà, Spreecast et Autography, qui pour le dernier, a même trouvé une solution pour impliquer les libraires dans son service. Tout ceci n’est bien sûr accessible qu’aux anglophones à l’heure actuelle…

Les programmes de miles et autres points fidélité

Autre outil marketing très classique, bien que pas du tout spécifique au livre. C’est l’éditeur Diesel eBooks qui tente cette expérience, en partenariat avec Koinz Media Team, et qui va ainsi permettre aux clients de banques, d’hôtels et de programme de fidélité d’aviation d’utiliser leurs points fidélité pour acheter des ebooks parmi un catalogue de 500 000 titres proposés dans ce cadre.

Les clubs de lecture 

Traditionnel dans le concept, le club de lecture se réinvente néanmoins à l’heure du numérique. Si de petits clubs émergent et disparaissent régulièrement ici et là sur la toile, cette fois, c’est une initiative d’ampleur qui vient de démarrer : la légendaire Oprah Winfrey ouvre son club de lecture numérique, « Oprah’s Book Club 2.0 ». Affaire à suivre…

Bien sûr des expériences plus innovantes ont également lieu, comme l’opération 100k de Bragelonne il y a quelques mois, les différentes initiatives de promotion de livres sur réseaux sociaux ou encore toutes les offres qui fleurissent actuellement autour du concept de freemium (service de base gratuit pouvant être amélioré contre de l’argent). Tant qu’il n’y a pas de ligne claire à suivre, profitons-en, dansons…

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Kobo by Fnac : un concurrent sérieux pour le Kindle d’Amazon ?

4 11 2011

Avec les résultats décevants d’Apple et le moindre remous provoqué par l’arrivée de Google sur le marché du livre numérique, Amazon continue de dominer souverainement ce marché (pour rappel : on estime qu’ils représentent au moins 50 à 60% du marché du livre numérique aux Etats-Unis). Mais si la véritable concurrence était à attendre plutôt en provenance de Kobo ?

Lancé début 2009 par la chaîne de librairies canadienne Indigo Books and Music, initialement sous le nom de Shortcovers, Kobo s’est assez vite hissé au rang d’acteur majeur sur le marché américain du livre numérique, dont on estime qu’il représente aujourd’hui environ 10 à 15%. Comme Amazon, son offre d’origine, un e-reader associé à un catalogue d’ebooks, s’est progressivement enrichie d’applications, permettant d’utiliser le système Kobo sur une variété toujours plus grande de terminaux électroniques, puis d’outils de lecture sociale (sur ce point, avec ses services Kobo Pulse et Reading Life, Kobo est même plutôt en avance sur Amazon), et à présent d’une gamme élargie de terminaux électroniques de lecture.

Prochaine étape ? L’Europe. « Notre stratégie est de pénétrer de nouveaux marchés en nous associant aux leaders, aux acteurs de référence. », explique Michael Serbinis (CEO de Kobo). Après l’Allemagne et l’Espagne, Kobo applique cette stratégie en France : il proposera son e-reader en partenariat avec la Fnac. « Notre ambition commune est d’offrir une solution performante et l’offre de catalogue la plus large pour répondre aux attentes de nos clients et s’affirmer sur le marché français.» selon Alexandre Bompard (PDG de la Fnac). L’offre « Kobo par Fnac » est attendue pour les fêtes de fin d’année…

Nous n’avons pas encore de détails techniques concernant le modèle d’e-reader proposé par Kobo dans le cadre de ce partenariat mais il y a fort à parier qu’il sera très proche de son Kobo Touch. Design très épuré, écran E-ink Pearl de 6 pouces, tactile jusqu’au bout des ongles (il n’y a aucun bouton !), relativement léger (185 grammes), avec un stockage réel utilisateur de 1Go (mais jusqu’à 32Go avec des cartes MicroSD) et une autonomie de batterie d’environ un mois, une connectivité Wi-Fi ; le Kobo Touch est complètement dans les standards techniques actuels du marché. Son accès facilité au catalogue d’ouvrages Kobo ainsi que ses fonctions de lecture sociale particulièrement avancées (connexion de Reading Life avec les comptes Twitter et Facebook de l’utilisateur, statistiques de lecture, échange de commentaires avec le reste de la – déjà importante – communauté de lecteurs Kobo) le placent néanmoins parmi les e-readers les plus attractifs à l’heure actuelle. Ci-dessous une comparaison entre le Kobo Touch et le Kindle 3, en images :

Avec la fusion des catalogues Kobo et Fnac, les possesseurs d’un « Kobo by Fnac » auront accès à un catalogue de 80 000 ouvrages en français (contre 35 000 sur le Kindle Store à l’heure actuelle), et 2 millions d’ouvrages en anglais. Et ils y auront vraisemblablement accès depuis une tablette tactile (à l’inverse des utilisateurs du Kindle 4). De sérieux atouts pour contrer Amazon… dont on murmure qu’elle pourrait réagir en anticipant la date prévue de lancement du Kindle Touch sur le marché français. La bagarre pourrait se continuer ensuite sur le terrain des tablettes : Kindle Fire vs. Kobo Vox ? Les deux sont attendues dans l’Hexagone dans les prochains mois…

Une inconnue majeure à l’heure actuelle : le prix auquel sera proposé le Kobo by Fnac, et qui pourrait être un argument de poids pour les consommateurs. Pourra t-il s’aligner sur les 99€ du Kindle ?…

Mise à jour du 07/11 : l’information est tombée ! C’est bien le modèle Kobo Touch qui sera proposé dans le cadre de l’offre Kobo by Fnac. Il sera vendu 129,99€, soit tout de même 30% de plus que le Kindle d’Amazon (sauf pour les adhérents de la Fnac qui pourront bénéficier d’une remise de 30€ en chèque-cadeau). Les précommandes ouvrent aujourd’hui et la vente en magasin au 28 novembre.





A la rencontre de la lecture numérique sur Facebook

6 10 2011

Facebook se lance dans la « sociabilisation de la lecture » grâce à son 1er partenariat avec Kobo, géant du secteur dont l’arrivée en France est imminente. Les fonctionnalités propres  au service de lecture numérique « Kobo Reading Life » devraient donc faire leur apparition sur Facebook : recommandation d’une lecture, propositions d’ouvrages, d’extraits et de citations entre autres. On parle également d’un service de comparaison des prix des livres numériques, sans pour autant livrer de détails de fonctionnement.

Une initiative qui fait des heureux et devrait en inspirer plus d’un ! Pour preuve, la société Graphicly, plateforme de vente de BD, a lancé dernièrement une application permettant aux éditeurs de BD de diffuser leurs œuvres directement depuis le réseau social Facebook. Cette application va permettre à n’importe quel auteur ou éditeur de proposer des extraits ou une version intégrale d’un ouvrage, avec plusieurs options d’intégration possibles. 4000 titres disponibles, une cinquantaine d’éditeurs présents comme Archaia, Top Cow ou Red5 Comics : voilà qui laisse présager un bon avenir des outils de diffusion sur Facebook !





« Cast your friends » sur Facebook !

30 07 2011

GoodReads lance un nouvel outil ludique et social, « Cast your friend ». Le principe en est simple : vous êtes en train de lire et un personnage du roman vous rappelle un de vos amis ; vous le lui faites donc savoir sur Facebook.

Comment cela marche-t-il? Une liste d’ouvrages vous est proposée, vous vous connectez à Facebook et vous identifiez un de vos amis comme un des personnages du livre sélectionné.

La valeur et le succès d’un livre dépend en partie de la capacité que les lecteurs ont à s’identifier à un ou plusieurs personnages, alors pourquoi ne pas étendre ceci à son cercle d’ami ? Cette opération amusante est un bon moyen de faire circuler un livre et de le faire découvrir à toute une communauté grâce aux réseaux sociaux.





Amazon, le géant du secteur, est loin d’avoir sorti toutes ses cartes !

24 06 2011

Amazon annonçait il y a peu vendre plus de livres numériques que de livres papiers. Des résultats qui semblent en lien direct avec les ventes du Kindle : Amazon affirme en avoir vendu trois fois plus sur les cinq premiers mois de 2011 que pour l’ensemble de 2010. Pas étonnant donc qu’Amazon s’investisse encore davantage sur le marché du livre numérique. En effet, fort de ses 16 années d’expérience comme libraire en ligne, Amazon sort de plus en plus du cadre de simple vendeur de livres et propose des outils et des fonctionnalités innovantes pour la promotion des livres sur Internet et sur les réseaux sociaux. Plus encore, Amazon  s’est aussi lancé dans le prêt d’ebooks et l’autoédition. Le but affiché ; démocratiser le livre numérique !
 
Amazon, la promotion des livres et les réseaux sociaux

 En première ligne des nouveautés, la création de Backstory. Un outil dans lequel chaque lecteur pourra retrouver les entretiens avec l’auteur, les commentaires de clients sur leur lecture, les listes de lecture de l’auteur, mais également des podcasts et bien d’autres choses encore. Seconde innovation, Author Interviews@Amazon, qui proposera la diffusion d’entretiens sous forme possible de Web TV, dédiée au livre. Chaque nouvelle interview serait annoncée sur la page Facebook d’Amazon et sur le site Omnivoracious.com, le blog d’Amazon dédié au livre.

Depuis quelques mois, Amazon expérimente également le commerce de produits culturels via Facebook. Une version Béta qui nécessite d’abord le passage sur Amazon pour ensuite être redirigé sur Facebook. Arrivé là, la page se divise en deux parties : la première vous rappelle les dates d’anniversaires de vos amis et vous suggère des cadeaux en fonction de leurs préférences, la seconde référence les produits culturels appréciés de vos amis pour vous en suggérer l’achat.
 
Amazon et les lecteurs de livres numériques
 
Retour sur une rumeur persistante et aujourd’hui confirmée : le lancement au second semestre 2011 d’une nouvelle tablette Amazon tournant sous Android. Amazon a commandé entre 700 000 et 800 000 écrans tactiles électrophorétiques, de technologie FFS, au fabricant d’ordinateurs taiwanais Quanta, pour un montant de 3,5 milliards de dollars. Cette technologie FFS permettrait de concurrencer l’écran LED de l’iPad2, avec un écran rétroéclairé de 7 pouces et une palette de 16 millions de couleurs avec une résolution de 169 PPI pour un affichage de 1024 x 600. L’iPad2 compte une résolution de 132 PPI pour un affichage de 1024 x 768.

Le Kindle devient, quant à lui, plus accessible avec la création de Kindle for the web, une interface web qui permet de consulter des contenus en ligne. Pas besoin d’installation ni de logiciel : un simple navigateur permet de lire des extraits (et seulement les extraits pour l’instant) d’ebooks Kindle. Il est même possible de copier l’interface sur son site et de configurer la taille du lecteur, comme on le fait avec une vidéo YouTube. Désormais « équipé » de son Cloud Drive, Amazon permet d’ores et déjà de stocker en ligne des ouvrages aux formats compatibles Kindle.

Amazon et le prêt d’ebooks

Au niveau des logiciels, des fonctionnalités et du catalogue de livres en ligne, Amazon est très compétitif et continue de prendre les devants face à la concurrence. Pour preuve, le lancement d’un nouveau service révolutionnaire aux Etats-Unis dans le courant de l’année. Les lecteurs pourront bientôt avoir accès au contenu de 11 000 bibliothèques, situées sur tout le territoire américain, et y emprunter des ebooks. Le programme Kindle Library Lending est ouvert aux possesseurs du Kindle mais également, à toute personne ayant téléchargé l’application PC, Mac, Android, etc. L’innovation ; la prise de notes sur un livre sera conservée. Une personne qui emprunte un livre en bibliothèque, le rend, puis le consulte de nouveau, pourra avoir accès à l’intégralité des annotations qu’elle avait faites dans le livre électronique consulté. Mieux encore, si l’usager décide finalement d’acheter le livre pour le garder dans sa bibliothèque personnelle, ses annotations seront également reproduites.
 
Une innovation moins convaincante : la plateforme d’autoédition d’Amazon, un échec programmé ?

La plateforme d’autoédition d’Amazon ne cesse de faire du bruit depuis sa création ! Déjà plusieurs semaines que les constats se multiplient qui pointent la présence de livres numériques « spam ». Il s’agit là d’ouvrages « copiés-collés » d’autres et qui sont revendus sous un titre et un nom d’auteur différent. Chaque mois, des milliers d’ouvrages numériques fabriqués à partir de « fermes à contenu », appelées Private Label Rights (PLR), sont donc publiés sur la librairie en ligne du distributeur américain. Ces livres « bon marché » sont fabriqués à partir d’informations achetées à bas prix en ligne et reformatées en livres numériques.
 
La présence de ces ouvrages indésirables oblige les internautes à fouiller parmi un nombre beaucoup plus important de titres pour trouver ce qu’ils recherchent, ce qui, à long terme, risque de ternir l’image du Kindle et de miner l’initiative de soutien aux auteurs auto-publiés lancée par Amazon. Un détournement de l’esprit de l’initiative d’origine face auquel on peut s’attendre à ce qu’Amazon prenne rapidement des mesures fortes.

Prochain objectif probable pour le géant du secteur : ouvrir sa propre maison d’édition avec livres papiers et numériques !





Gallica s’exporte sur Facebook !

22 02 2011

La mise en place d’un nouveau plugin permet à la bibliothèque numérique de voir ses œuvres partagées et feuilletées sur les murs du réseau social de Mark Zuckerberg. Ainsi dans le cartouche “Partager” disponible en bas de chaque document, vous avez le choix entre l’export du lecteur sur votre site ou votre blog ou bien directement sur Facebook.

 

Rappelons qu’en 2010 la bibliothèque numérique Gallica battait tous ces records de fréquentation, en enregistrant une forte hausse (85%) avec une moyenne de 30 000 visiteurs par jour. Au final, plus de 7,4 millions d’internautes se sont connectés au cours de l’année contre seulement 4 millions en 2009.

Lancée en 1997 par la Bibliothèque nationale de France, le projet Gallica avait pour but de devenir la « bibliothèque virtuelle de l’honnête homme ». Au 24 février 2010, la plateforme Gallica proposait la consultation en ligne de 1 020 766 documents (ouvrages numérisés, manuscrits, presse et revues, images, cartes, paroles et musiques, partition…).

Vous pouvez venir la découvrir ici 😉 !










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