De l’état de l’offre de livres numériques en France

2 06 2011

Le MOTiF vient de publier une version réactualisée de son Tableau de bord sur l’offre légale et illégale de livres numériques en France. Voici donc quelques chiffres tout frais !

Selon le Syndicat national de l’édition, la vente de livres numériques aurait représenté environ 1,5 % du chiffre d’affaires de l’édition en France en 2010, contre environ 1 % en 2009 et 0,1 % en 2008. Une progression encourageante, même si encore éloignée des rythmes frénétiques atteints aux États-Unis (plus de 200% d’augmentation entre février 2010 et février 2011, pour atteindre aujourd’hui de 8 à 10% du chiffres d’affaires du secteur du livre).

Cette croissance est notamment alimentée par celle du catalogue disponible, qui s’est enrichi de 10 000 titres supplémentaires cette année et en possède maintenant 80 000, soit 15% du catalogue papier total. Cette croissance est essentiellement due à l’effort de numérisation des titres existants entrepris par les maisons d’édition, et seulement dans une moindre mesure au développement d’une offre numérique spécifique. 35,3% des best-sellers papier sont désormais disponibles légalement au téléchargement.

Le nombre de librairies en lignes continue également à augmenter régulièrement. On en dénombre aujourd’hui une petite cinquantaine.

Ces librairies ont des profils très divers, allant des « pure-players » (comme nous !) aux éditeurs papier en passant par des enseignes de la grande distribution, culturelle (Fnac) ou non (Boulanger, Darty…).

On y vend essentiellement les livres numériques « à la pièce », pour un prix moyen de 12,20€ (soit 21,3% de moins que le prix moyen d’un livre papier), très peu à l’abonnement. Les livres vendus sont essentiellement aux formats PDF (jusqu’à 95% des fichiers d’une librairie, chez Didactibook par exemple, 90% chez Immatériel, 75% chez fnac.com…) et ePub (10 000 à 12 000 titres sont actuellement disponibles dans ce format, sur les 80 000 du catalogue numérique français). 75% des librairies en ligne continuent à proposer des livres numériques sous « verrou numérique » (DRM).

En matière de fonctionnalités, elles restent encore assez simples. En plus de la visualisation de la couverture et des informations essentielles autour du livre, elles proposent pour l’essentiel (plus des deux-tiers) la consultation d’extraits ou le feuilletage en ligne (voire les deux, dans 50% des cas). 39% permettent également le dépôt d’avis ou de commentaires sur les livres. Seulement 24% permettent de partager l’information sur le livre vers les réseaux sociaux, et 17% de recommander un livre à un ami par email. Seules 4% des e-librairies cumulent ces trois dernières fonctionnalités. 34% en revanche, n’en proposent aucune des trois.

L’offre illégale de livres numériques continue également de se développer en parallèle, répartie entre des gros agrégateurs généralistes (proposant aussi musiques, vidéos, jeux…) et des plateformes spécialisées dans le livre numérique. Mais plutôt faiblement comparé à l’offre légale : si un nombre équivalent de best-sellers sont disponibles en offre légale (35,3%) et illégale (36%), l’année dernière ces chiffres étaient respectivement de 17,3% et 27,9%. Et c’est essentiellement aux best-sellers que s’attaquent les pirates du livre numérique. De quoi faire relativiser…

L’étude intégrale du MOTiF est accessible ici.

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L’ePub 3.0 arrive !

24 05 2011

L’IDPF (International Digital Publishing Forum, l’organisme à l’origine du format ePub) vient d’émettre un communiqué de presse annonçant l’entrée de la version 3.0 du format ePub en phase de finalisation, avec la perspective d’une livraison dans les prochains mois.

Format ouvert devenu progressivement la norme en matière de livres numériques, l’ePub était jusqu’alors conçu et adapté surtout pour la lecture de livres numériques simples (souvent appelés « homothétiques ») sur de petits écrans, grâce à sa capacité à recomposer la page en fonction des préférences de présentation de chacun. Mais il montrait vite ses limites dès qu’il était question de mises en pages complexes ou d’inclusion d’éléments interactifs dans un ouvrage, ce qui, avec la prolifération récente des expériences en matière d’ebooks enrichis, devenait problématique.

Qu’à cela ne tienne, l’équipe de l’IDPF a retroussé ses manches et voilà le travail : l’ePub 3.0 permettra d’intégrer dans un livre des fichiers audio et vidéo, mais également des images redimensionnables (pour s’adapter à la taille de l’écran utilisé) et des fonctionnalités interactives. Les contenus texte et audio pourront être synchronisés. La gestion des styles de mise en forme et des spécificités linguistiques (par exemple, l’écriture verticale) sera également grandement améliorée.

Voici une petite démonstration de ce que tout cela peut donner concrètement :

Cette nouvelle version est donc une petite révolution dans le monde des livres numériques enrichis, qui ne seront bientôt plus cantonnés aux actuels livres-applications développés pour une plateforme spécifique (en général, pour l’App store d’Apple…), mais pourront prendre la forme de livres ePub lisibles sur n’importe quel outil de lecture. Une belle avancée !





Comment lire des ePubs sur un Kindle ?

20 05 2011

L’un des principaux désagréments du Kindle d’Amazon serait-il sur le point d’être résolu ?

Jusqu’ici, il était à peu près impossible de lire des livres au format ePub sur son Kindle. « A peu près », car il existait tout de même une parade : il était possible de convertir ses ePubs au format Mobi en utilisant le logiciel Calibre. Mais cela compliquait tout de même considérablement l’accès à un livre (autrement téléchargeable directement sur l’appareil, sans passer par un ordinateur…), et dans les faits, pour beaucoup, choisir le Kindle revenait au final à accepter de se contenter de l’offre de livres numériques du Kindlestore. Ce n’est peut-être pas là que se trouve le plus innovant de la lecture numérique.

Il existe désormais un logiciel permettant de lire des livres au format ePub sur son Kindle : FBReader. L’installation du logiciel semble néanmoins assez complexe et réservée à des personnes ayant une aise certaine dans le domaine informatique. Si vous souhaitez tenter, les explications sont disponibles (en anglais) ici.

Mais surtout, il semblerait qu’Amazon soit en train de travailler à permettre la lecture des ePubs (non-protégés par DRM) sur le Kindle de manière native. Il ne s’agit pour l’instant que d’une rumeur, car rien n’a été officiellement annoncé par Amazon. Mais cette évolution serait stratégiquement assez bien vue de la part d’Amazon pour préserver son emprise actuelle sur le marché du livre numérique, et est donc tout à fait plausible…








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