Retour d’expérience : « J’ai testé la lecture numérique à la plage »

7 09 2012

En attendant de faire notre vraie rentrée lundi :-), nous republions ici un billet initialement paru sur le blog du Labo BNF, pour un dernier goût de vacances…

 » Pourquoi cette expérience ?

J’avais été séduit par les perspectives de la lecture numérique en vacances : elle permet d’emporter des milliers de livres dans un appareil de 200g, soit une belle garantie de valise allégée. Les liseuses permettent de lire en plein soleil et donc sur la plage, contrairement aux tablettes. Elles ont autonomie suffisante pour la durée des vacances : 2 semaines de lecture à temps plein, donc largement assez pour quelques heures par jour.

Préparation au voyage

En préparation à mes vacances, j’avais rechargé la liseuse à bloc. En effet, elle était livrée avec un simple câble de rechargement USB nécessitant un PC ; et je n’avais pas l’intention d’emporter mon PC : il aurait introduit un risque de travailler depuis mon lieu de vacances, et constituait un chargeur un peu trop lourd et encombrant… J’avais aussi préchargé un certain nombre de livres et d’articles de blogs dans la liseuse. Car, en l’absence estivale de PC et de Wifi, il était impossible d’y installer aucun contenu, avec mon modèle dépourvu de connexion 3G.

Le douloureux apprentissage de la vie numérique loin de chez soi…

Arrivé sur mon lieu de vacances, j’ai rapidement constaté qu’une liseuse demande une grande vigilance : j’ai rattrapé de justesse mes enfants qui voulaient en faire le pont-levis de leur château de sable… La liseuse n’aime ni l’eau ni le sable, et j’avais oublié d’acheter un “DryCase”…

Coté contenu, j’ai vite réalisé que j’étais tombé dans le piège des livres gratuits proposés par le vendeur de liseuse : on m’avait conseillé “L’art de la guerre” de Sun Tzu, qui ne m’a pas passionné ; mon envie de relire Jules Verne n’était pas si forte. Il est vrai que je n’avais pas pris le temps de parcourir le catalogue du projet Gutenberg ou celui de Gallica… Si les catalogues de eBooks se sont largement étoffés, il reste encore des marges de progression. Impossible de trouver des ouvrages adaptés à une prise de recul estivale, comme, par exemple, “The Timeless Way of Building” de Christopher Alexander.

Epilogue

Il s’est avéré que, trop confiant dans l’autonomie de ma liseuse, j’avais oublié d’en désactiver le wifi : elle s’est déchargée en 3 jours… J’ai donc terminé mes vacances en retombant dans la lecture de l’actualité sur mon Smartphone (dont j’avais emporté le chargeur). Et mon expérience de la lecture profonde sur écran eInk a finalement tourné court… Pour relativiser cette aventure, il faut se souvenir que les beaux livres n’aiment pas non plus le sable. Et un des avantages de la lecture numérique est de pouvoir accéder aux mêmes contenus à partir d’un smartphone, une tablette, ou une liseuse en s’organisant bien (voir Lire dans le Cloud). L’expérience reste la meilleure garantie contre les mauvaises surprises. »

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Google Play Livres enfin disponible en France !

18 07 2012

Ce matin, la tant attendue e-librairie de Google a fait son apparition pour les lecteurs français !

Google Play Livres c’est tout d’abord un catalogue de plusieurs milliers d’ebooks (PDF et ePub), couvrant assez largement le catalogue numérique français (livres créés en numérique comme livres papier numérisés, œuvres françaises et étrangères), et notamment ses best-sellers. Avec la loi sur le prix unique du livre numérique, pas de surprise sur les prix, ils sont identiques à ceux pratiqués partout ailleurs, allant de quelques centimes d’euros (en général, des publications d’éditeurs pure-player) à 19€ (en général, des versions numériques d’ouvrages existant en papier…). Il est possible de consulter gratuitement un extrait d’un livre avant de l’acheter. Les livres sont classés par catégories, avec un évident effort de marketing :

Google Play Livres, c’est également une application de lecture simple mais efficace ; elle fonctionne de manière fluide, propose pas mal de réglages pour améliorer le confort de lecture (taille de police, luminosité, couleur du fond de l’écran…), ainsi qu’un marque-pages bien utile, car il peut être synchronisé sur les différents appareils de lecture utilisés par le lecteur.

Pour découvrir ce nouveau service par vous-même, c’est ici !

 





Ebooks & marketing : un pas en avant, un pas en arrière…

2 07 2012

Un pas en avant
deux pas en arrière
Deux pas en avant
un pas en arrière
Telle est ma philosophie.

En somme vous n’avancez pas

Non, mais je danse

Albert Memmi, Le mirliton du ciel, éd. Chemins de tr@verse, 2011

Cette citation illustre joliment les expériences qui ont lieu ces temps-ci en matière de marketing des livres numériques – car quoi que l’on en dise, on est encore loin de maîtriser les ficelles commerciales de ce marché émergent qu’est le livre numérique. Alors on enchaîne les expériences, certaines plutôt innovantes, ou tout du moins clairement numériques, mais d’autres aussi qui s’inscrivent dans la droite lignée de la promotion des livres papier. Voici quelques expériences récentes assez amusantes à cet égard…

La distribution de livres numériques dans la rue

C’est une expérience sympathique qui a été tentée par Kobo début juin dans le métro de Toronto. Accompagnée de l’auteur Julie Wilson, qui avait écrit pour l’occasion un recueil d’histoires courtes, « Seen Reading », l’équipe de Kobo a offert un Kobo Touch préchargé avec « Seen Reading » aux cent premières personnes croisées dans les couloirs du métro en train de lire (livres papier ou numériques). Voici une petite vidéo réalisée à cette occasion :

La dédicace de livres numériques

Allant encore plus loin dans la re-matérialisation des ebooks, certains travaillent à permettre la dédicace de livres numériques. Amazon a ouvert une plateforme spécifique à cet effet, KindleGraph, qui rassemble pas moins de 3 500 auteurs et 15 000 titres, mais n’est pas seule sur le créneau ; deux outsiders existent déjà, Spreecast et Autography, qui pour le dernier, a même trouvé une solution pour impliquer les libraires dans son service. Tout ceci n’est bien sûr accessible qu’aux anglophones à l’heure actuelle…

Les programmes de miles et autres points fidélité

Autre outil marketing très classique, bien que pas du tout spécifique au livre. C’est l’éditeur Diesel eBooks qui tente cette expérience, en partenariat avec Koinz Media Team, et qui va ainsi permettre aux clients de banques, d’hôtels et de programme de fidélité d’aviation d’utiliser leurs points fidélité pour acheter des ebooks parmi un catalogue de 500 000 titres proposés dans ce cadre.

Les clubs de lecture 

Traditionnel dans le concept, le club de lecture se réinvente néanmoins à l’heure du numérique. Si de petits clubs émergent et disparaissent régulièrement ici et là sur la toile, cette fois, c’est une initiative d’ampleur qui vient de démarrer : la légendaire Oprah Winfrey ouvre son club de lecture numérique, « Oprah’s Book Club 2.0 ». Affaire à suivre…

Bien sûr des expériences plus innovantes ont également lieu, comme l’opération 100k de Bragelonne il y a quelques mois, les différentes initiatives de promotion de livres sur réseaux sociaux ou encore toutes les offres qui fleurissent actuellement autour du concept de freemium (service de base gratuit pouvant être amélioré contre de l’argent). Tant qu’il n’y a pas de ligne claire à suivre, profitons-en, dansons…





Nouvelle parution – « Justice ! » par François Lefort

26 06 2012

Et si Outreau n’était pas un cas isolé ? Dans Justice ! Pour l’honneur d’un prêtre, à paraître en version papier le 9 juillet 2012 aux éditions Chemins de tr@verse, François Lefort dévoile son dossier judiciaire et invite le lecteur à s’interroger sur la pertinence du verdict rendu.

L’affaire

François Lefort, prêtre et humanitaire très médiatique dans les années 90, a été jugé en 2005, après dix années d’instruction, pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans.

Se pouvait-il que celui que l’on associait alors à l’Abbé Pierre pour son action en faveur des plus défavorisés, qui avait été chargé de missions par deux cabinets ministériels, fût un pervers sexuel, un tartuffe, un « illusionniste » ?

C’est en tout cas ce qu’a jugé la cour d’assises de Nanterre en le condamnant à huit ans de réclusion criminelle.

François Lefort a toujours clamé son innocence, et continue à le faire depuis la fin de sa libération conditionnelle en mai 2011.

Le livre

« Ce livre est un cri : le cri d’un homme brisé par la mort sociale à laquelle il a été condamné. Il ne vise qu’à exposer le plus sereinement possible les éléments de sa défense à tous ceux qui acceptent de l’entendre. Il permettra aux lecteurs, comme le rappelle si élégamment le code de procédure pénale, de « s’interroger eux-mêmes, dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelles impressions ont faites, sur leur raison, les preuves rapportées [par l’accusé] et les moyens de sa défense. »  » Béatrice Thony

Préfacé par Béatrice Thony, magistrate honoraire, son livre, à paraître aux éditions Chemins de tr@verse, revient sur le dossier judiciaire.

Il en expose les charges, mais aussi les incohérences. Le récit est bouleversant, très documenté, la démonstration d’une précision chirurgicale, et l’on en ressort avec l’impression que la Justice n’avait pas fermé toutes les portes avant de le condamner.

L’auteur de La vie passionnément nous plonge dans l’univers kafkaïen de la Justice et de la prison. Au-delà du témoignage, de la biographie, ce livre ouvre sur une série de questionnements sur le fonctionnement de notre système judiciaire.

L’auteur

Né en 1946, François Lefort est prêtre du diocèse d’Alger et médecin humanitaire.

Sa vie militante a commencé dans les bidonvilles de Nanterre à la fin de la guerre d’Algérie. C’est au contact de l’abbé Pierre, du père Joseph (ATD quart-monde) et de Mgr Rodhain (Secours Catholique) qu’il trouve la foi et éprouve le besoin de demander à devenir prêtre. En 1982, il effectue une mission en cabinet ministériel pour améliorer la situation des banlieues naissantes (relogements, insertion des jeunes de 2ème génération, lutte contre la toxicomanie). Depuis son internat en médecine, il participe à des missions humanitaires d’urgence sur des terrains d’action difficiles (Zaïre, Rwanda, Libéria, Amérique latine, pays de l’Est…).

De 1985 à 1993, il est nommé médecin-chef de Foum Gléïta, en Mauritanie. Il participe à la création de foyers d’enfants des rues à Nouakchott, dirige pendant un temps la section locale de Caritas. Il prolonge son engagement auprès des enfants des rues comme salarié au sein de la fondation Raoul Follereau puis de Médecins du Monde, jusqu’en 1997.

En décembre 1995, François Lefort est mis en examen en France pour viols, plainte portée par des enfants des rues du Sénégal. Il est condamné en 2005 à huit ans de réclusion criminelle. Libéré en 2009, il dépose devant la Cour de cassation une demande de révision de son procès. Les faits nouveaux sont reconnus, mais pas jugés suffisants pour que le procès soit cassé. Actuellement, il se prépare à déposer une nouvelle demande. Depuis le 20 mai 2011, il est totalement libre et a enfin le droit de parler, c’est donc ce qu’il fait. Pour se préparer à ce nouveau combat qu’est sa réhabilitation et celles de victimes anonymes d’erreurs judiciaires, François Lefort est allé à pied jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle et depuis il exerce comme prêtre de paroisse dans le nord de la Haute-Loire. Il est plusieurs fois reparti pour des missions humanitaires.

« Justice ! Pour l’honneur d’un prêtre » par François Lefort est disponible :

– En version numérique (PDF, ePub, Mobi) pour 9,99 €

Dès aujourd’hui sur Bouquineo.fr, iBookstore, Kindlestore, Google Play Books (à son ouverture), Kobo by Fnac (bientôt)

– En version papier pour 23 €

A partir du 9 juillet sur Bouquineo.fr, Amazon.fr, et chez votre libraire.

Pour lire gratuitement le début de ce livre en ligne, c’est ici.

 





Ebooks jeunesse : quand les enrichissements appauvrissent la lecture

11 06 2012

Une étude des chercheurs du Joan Ganz Cooney Center, basé à New York, montre que les enrichissements apportés aux ebooks jeunesse, par la distraction qu’ils favorisent, ont tendance à perturber la compréhension et la mémorisation de l’histoire par l’enfant.

Au cours de l’étude, menée sur 32 parents et leurs enfants âgés de 3 à 6 ans, les familles ont reçu un livre papier, un ebook classique sur lecteur et un ebook amélioré sur tablette. Et il s’avère que les enfants retiennent de l’ebook enrichi essentiellement les petits détails accessoires animés, au détriment des détails de l’histoire voire même de son déroulement, ce qui n’est pas bon pour leur apprentissage de la langue. « L’ebook enrichi est moins efficace que la presse écrite et les ebooks classiques, qui profitent davantage des atouts d’une lecture commune », soulignent les chercheurs Cynthia Chiong, Jinny Ree, Lori Takeuchi et Ingrid Erickson.

Des conclusions qui ne vont pas faire plaisir à la multitude d’acteurs du domaine de l’édition jeunesse qui se sont engouffrés dans ce nouveau domaine qu’est l’ebook enrichi ces dernières années. Mais qui sont pourtant assez intuitives. Suffisamment pour que nous n’ayons pas attendu cette étude, aux éditions Chemins de tr@verse, pour choisir une ligne éditoriale jeunesse très simple, épurée, centrée sur des histoires de qualité soutenues par des illustrations en harmonie avec l’esprit de l’histoire. Pas que nous rejetions en bloc les enrichissements numériques – nous faisons aussi des expériences dans ce domaine, et sortirons notre premier ebook jeunesse enrichi en septembre (une édition numérique du classique Drôle d’alphabet ou les aventures d’une tarte aux pommes par Agnès Rosenstiehl) – mais nous nous refusons à faire des enrichissements « gadgets », qui n’apportent rien à l’enfant en termes pédagogiques. Pour nous, un livre jeunesse doit, par son fond, accompagner l’enfant dans les grands défis cognitifs, relationnels, émotionnels, qui sont les siens, et par sa forme, aider l’enfant dans son acquisition de la langue et dans la construction de sa faculté de mémorisation. Tout ce qui vient perturber ces processus constitue à nos yeux un appauvrissement du livre et non un enrichissement.

Alors, faut-il remiser tous ces livres super-enrichis et s’en retourner aux bons vieux livres classiques ? Les chercheurs du Joan Ganz Cooney Center ne sont pas aussi durs. « Les enfants semblent les apprécier. Si les livres enrichis peuvent impliquer des enfants qui n’auraient pas été intéressés par la lecture, cela nous permettra d’atteindre un objectif important. Dans notre étude, nous avons surtout cherché à porter l’accent sur l’apprentissage et la compréhension. Ce n’est cependant qu’une des nombreuses finalités de la lecture. Si le but est tout simplement d’amuser ou d’explorer un conte classique, d’une nouvelle manière, les livres enrichis sont importants. »

Tous les chemins mènent à Rome…

Pour découvrir notre catalogue jeunesse, c’est ici.





Inventer de nouveaux usages : l’ebook en bibliothèque

28 05 2012

Parmi les grand chantiers en cours, dans cette entrée timide mais progressive de la lecture numérique dans les mœurs, celui du prêt de livres numériques a fait parler de lui ces derniers temps. Voici un petit état des lieux en ce printemps 2012.

Comment prête t-on un livre numérique à l’heure actuelle ?

Via des bibliothèques ou des plateformes spécifiques de prêt de livres numériques

Pour faire simple, les bibliothèques achètent l’accès à un catalogue d’ouvrages qu’elles mettent à disposition de leurs utilisateurs. Les modalités techniques et économiques peuvent varier (voir plus bas).

Du point de vue de l’utilisateur, en général, le prêt de livres est géré par DRM et/ou par chronodégradation : le livre est prêté pour une durée déterminée, pendant laquelle il n’est pas accessible aux autres utilisateurs, et passée laquelle le fichier se rend inutilisable pour l’emprunteur. Et s’il n’a pas eu le temps de finir de le lire, il n’a qu’à le réemprunter.

Si ce système ressemble beaucoup à l’emprunt de livres papier, il présente néanmoins une contrainte majeure ; les utilisateurs doivent être équipés pour pouvoir lire des livres protégés par DRM (donc installer le logiciel Adobe Reader sur leur ordinateur, et utiliser des supports de lecture supportant les DRM Adobe : exit le Kindle, le Playbook, etc.).

Entre utilisateurs

Le principal système de prêt d’ebooks entre utilisateurs à l’heure actuelle est celui proposé par Amazon. De façon très similaire, un utilisateur peut prêter un de ses ebooks à un proche également utilisateur de Kindle, pour 14 jours, pendant lesquels le propriétaire du livre n’y a plus accès, et au terme desquels il retrouve son livre – et l’emprunteur le perd. La contrainte est comparable au système décrit plus haut – et le cercle encore plus fermé.

Bien sûr, avec des livres libres de DRMs, la question technique ne se poserait pas : aussi facilement qu’on remet un livre papier entre les mains d’un proche, on lui enverrait un courriel avec le livre en pièce jointe. Mais, quid de rendre le livre à son possesseur ? Détruirait-on vraiment un livre numérique prêté de sa bibliothèque une fois que l’on a fini de le lire, par acquis de conscience ? La brièveté de l’échange qui distingue prêt et don tendrait donc sans doute, en étant réaliste, à disparaître. Ainsi que la privation vécue par le possesseur originel du livre dans le cas du prêt ou du don. Mais si cette multiplication des petits pains aurait de quoi plaire aux utilisateurs, elle pose d’évidents problèmes aux auteurs.

Avec quel modèle économique ?

Pour le lecteur, l’emprunt de livres numériques est évidemment gratuit, ou au pire, conditionné à la souscription à un abonnement d’un montant (en général faible) complètement dé-corrélé de l’intensité de sa consommation de livres.

Pour les bibliothèques en revanche, c’est plus compliqué. Certains éditeurs fonctionnent sur un système de « licences », qui peut prendre différentes formes, par exemple :

  • je te vends un livre que tu peux prêter maximum X fois (26 fois pour la maison d’édition Harper Collins, par exemple) ;
  • je te vends un certain nombre d’exemplaires de mon livre, et tu ne peux pas prêter plus que ce nombre d’exemplaires simultanément ;
  • je te vends mon livre beaucoup plus cher que son prix public, mais avec une totale liberté de nombre de prêts…

D’autres, et le système semble déjà plus intelligent, perçoivent une redevance mensuelle proportionnelle à l’utilisation qui a été faite de leur livre (modèle de « pay-per-use »).

On discute également la possibilité de mettre en place un système de « rent-to-own », dans lequel les bibliothèques paieraient un droit de prêt pendant un certain temps, au bout duquel elles deviendraient propriétaires du fichier, mais l’expérience ne semble pas encore avoir été tentée.

Quels sont les principaux acteurs impliqués ?

Les prestataires

Overdrive est la première société à s’être lancée dans le prêt de livres numériques, outre-Atlantique, et reste le leader dans ce domaine. A son actif, des centaines de bibliothèques, plus de 650 000 ebooks et audiobooks, plus de 18 000 établissements publics ou universitaires proposant son catalogue, des livres numériques compatibles avec presque tous les lecteurs ebook du marché.

3M propose également un service de bibliothèque en ligne, contenant plus de 100 000 livres, compatibles avec la plupart des lecteurs ebook du marché. Pour se distinguer d’Overdrive, ils proposent aux bibliothèques partenaires des services complémentaires, une borne tactile permettant aux utilisateurs d’explorer leur catalogue, ainsi qu’un service de prêt de lecteurs ebooks avec accès direct au catalogue.

OpenLibrary.org est un projet de bibliothèque d’Internet Archive. Grâce à ses mille bibliothèques partenaires, réparties dans six pays différents, OpenLibrary parvient à proposer au prêt plus de 100 000 ebooks, essentiellement du XXème siècle.

Pretnumerique.ca est une plateforme toute récente, crée par De Marque avec pour objectif de gérer le prêt de livres numériques sur l’ensemble du territoire canadien. Pour le moment, 50 éditeurs partenaires offrent ainsi un catalogue de 5100 titres, parmi lesquels les bibliothèques partenaires peuvent passer commande pour se constituer un catalogue à proposer à leurs lecteurs.

Cyberlibris est l’acteur majeur en France dans le domaine du prêt de livres numériques. Grâce à ses quelques 300 éditeurs partenaires, il a réussi à mettre en place un catalogue de livres numériques très riche et varié, décomposé en offres spécifiques : académique, professionnelle, familiale… qui a déjà séduit plusieurs centaines de bibliothèques scolaires, universitaires ou municipales (entre autres!).

Amazon s’est également attaqué à cette nouvelle utilisation des livres numériques, mais comment souvent, en s’adressant directement à l’utilisateur final, supprimant l’intermédiaire ici « bibliothèque ». Amazon a commencé par permettre à ses utilisateurs de se prêter mutuellement des livres dans un premier temps, puis a ouvert plus récemment la Kindle Owner’s Lending Library, un fonds de 145 000 ebooks que les utilisateurs Kindle « Premium » peuvent emprunter gratuitement au rythme d’un par mois. A partir du 19 juin prochain, on y trouvera notamment les Harry Potter, entre autres best-sellers…

Les éditeurs

Les éditeurs se montrent pour le moment assez frileux sur la question du prêt de livres numériques : viabilité économique, risque de piratage, sont autant d’incertitudes qui les incitent à rester en retrait. Quand les arguments avancés ne sont pas plus surprenants encore, ainsi cette déclaration d’Arnaud Nourry, PDG de Hachette, au Salon du livre de Paris en mars dernier :

« Ces lieux ont pour vocation d’offrir à des gens qui n’ont pas les moyens financiers, un accès subventionné par la collectivité, au livre. Nous sommes très attachés aux bibliothèques, qui sont des clients très importants pour nos éditeurs, particulièrement en littérature. Alors, il faut vous retourner la question : est-ce que les acheteurs d’iPad ont besoin qu’on les aide à se procurer des livres numériques gratuitement ? Je ne suis pas certain que cela corresponde à la mission des bibliothèques.

Par définition, me semble-t-il, les gens qui ont acheté un Kindle ou un iPad, ont un pouvoir d’achat, là où les gens qui sont les usagers de ces lieux en manquent. La position de Hachette aujourd’hui, c’est que l’on ne vend pas aux bibliothèques, pour éviter d’avoir ces prix très hauts, considérant qu’il n’y a pas encore de nécessité. On changera un jour, quand on aura trouvé les formules, il y’en a plein d’autres, comme la licence qui octroierait une utilisation durant six mois. Encore une fois, les bibliothèques sont essentielles dans l’économie du livre, mais il est tout aussi essentiel que les gens achètent des livres. Si on commence à donner un accès libre et quasiment gratuit au lecteur pour des versions numériques, alors que le marché est à peine en train d’émerger, on va tuer le marché. »

Pour information, Hachette serait néanmoins en train de remettre en place une expérience de prêt d’ebooks.

Les bibliothèques

Il est impossible d’en dresser une liste à proprement parler, mais sachez que d’ores et déjà, bon nombre de bibliothèques scolaires, universitaires, mais aussi municipales, proposent le prêt d’ebooks (elles seraient plus de 4000 !). Les initiatives sont variées, allant du prêt d’e-readers avec catalogue inclus (comme le tout récent projet « Tab en bib »), à la création d’espaces de lecture numérique (par exemple à la bibliothèque des Champs-Libres, à Rennes). Renseignez-vous près de chez vous !

Les principaux points de débat actuels

  • Le contenu des catalogues : nombre d’éditeurs hésitent encore à ouvrir leurs best-sellers et autres nouveautés au prêt en numérique. Les catalogues actuels sont donc très fournis en livres « anciens », mais ce n’est pas nécessairement ce que souhaitent les lecteurs, comme le souligne Cyrille Jaouan, de la bibliothèque Dumont d’Aulnay-sous-Bois :« Nous avons de super outils, mais le contenu est limité aux ouvrages libres de droits, et donc assez vieux. Ce que veulent les usagers, ce sont les derniers best-sellers, ou les derniers polars »
  • L’accessibilité des livres : les problèmes de DRM, de compatibilité des appareils et logiciels de lecture des utilisateurs, de chronodégradation des fichiers, sont autant de problèmes qui compromettent l’expérience de lecture, et risquent de détourner les lecteurs de l’emprunt d’ebooks.
  • La rémunération des auteurs ; c’est en ce moment une question brûlante au Royaume-Uni notamment.
  • La protection contre le piratage, l’éternelle angoisse de certains éditeurs et auteurs…




Prix des livres numériques : ça bouge !

11 05 2012

Depuis le début du mois, plusieurs éditeurs et auteurs ont annoncé une baisse, provisoire ou permanente, du prix de vente de leurs livres numériques, témoignant, si besoin en était, que ce marché continue à se chercher.

Le prix des livres numériques semble en effet être une variable importante dans la décision d’achat d’un ebook, comme l’ont démontré plusieurs expériences, notamment récemment chez Bragelonne, dont l' »opération 100K » (100 titres à 99 centimes pendant une journée, pour fêter leurs 100000 ventes numériques) a tout de même généré 15300 ventes.

Publie.net a ainsi décidé d’appliquer désormais à ses nouveautés un prix d’appel de 0,99 centimes pour inciter les lecteurs à découvrir ces titres, après une expérience concluante de cette formule sur le livre de Jean-Daniel Magnin, « Le jeu continue après ta mort ».

0,99 centimes, c’est également le prix que vient de choisir Paulo Coelho pour ses ebooks (uniquement aux Etats-Unis et au Canada pour le moment). « C’est une décision cruciale pour moi. Pendant des années, j’ai affirmé que les contenus gratuits n’est pas une menace pour le commerce du livre. En baissant le prix d’un livre et en l’alignant sur celui d’une chanson sur iTunes, le lecteur sera encouragé à payer pour l’obtenir, au lieu de le télécharger gratuitement ».

Sans aller aussi loin,  Hachette vient de décider d’aligner le prix de 2000 de ses ebooks sur le prix de leur version poche. Cette expérimentation ne concerne que des titres de littérature, publiés par Hachette, et existant déjà en poche, mais c’est déjà un grand pas symbolique.

Rendez-vous sans doute dans quelques mois pour faire le point sur le résultat de ces initiatives !

 








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