Les 15 & 16 septembre, 200 titres de Bragelonne à 0,99€

15 09 2012

« On remet le couvert ? » Suite au grand succès de l' »opération 100k » en avril dernier, les éditions Bragelonne renouvellent la formule pour fêter leur 200 000 ebooks vendus, en proposant cette fois 200 titres à 0,99€ pendant tout le week end.

Quels sont les titres concernés cette fois-ci ? Bragelonne a décidé de « proposer la même sélection, mais d’ajouter les tomes 2 lorsque ceux-ci sont sortis, ainsi que des nouveautés depuis avril, notamment de nouvelles séries ».

Vous pouvez profiter de cette offre depuis les e-librairies Amazon.fr, ePagine, Feedbooks, Immateriel.net, iTunes Store ou encore Kobo.

 

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Le livre numérique fait sa rentrée !

11 09 2012

Si septembre 2011 avait déjà marqué un grand pas en avant pour la reconnaissance de l’ebook avec un site dédié à la rentrée littéraire numérique, septembre 2012 franchit manifestement encore une étape : cette fois-ci, le livre numérique semble partie prenante des stratégies de rentrée de tous les éditeurs, plus seulement des pure-players.

Marie-Pierre Sangouard, responsable des contenus pour le Kindle d’Amazon, a ainsi déclaré : « Nous préparons notre première rentrée littéraire. C’est la première fois que nous sommes vraiment intégrés dans le processus par les éditeurs, au même titre que les libraires. Aujourd’hui, les éditeurs pensent numérique. » C’est que selon l’institut GfK, plus d’un million de livres numériques se seraient écoulés sur le marché français en 2011, pour une valeur de 12 millions d’euros. De quoi mobiliser les éditeurs, d’autant plus que les français s’équipent de plus en plus pour la lecture numérique (entre 100 000 et 150 000 seraient déjà équipés d’e-readers, et l’institut GfK prévoit la vente de 3 millions de tablettes sur l’année 2012), ce qui laisse présager que la tendance devrait rester à la hausse pour la vente de livres numériques. On s’attendrait à ce que d’ici 2015, l’ebook représente 13 % des ventes de livres en volume et 7 % en valeur (Idate).

Alors, en ce début de rentrée, quoi de neuf du côté du livre numérique ?

Plateformes de vente : ouverture de l’Amazon Appstore et du Samsung Readers Hub

Amazon vient de lancer son Appstore dans cinq pays européens, dont la France. Riche de plusieurs dizaines de milliers d’applications déjà, ce nouvel Appstore se destine clairement à concurrencer ceux d’Apple et de Google. Il se murmure très fort que ce lancement préfigure celui de la tablette Kindle Fire en Europe, mais aucune annonce officielle n’a encore été faite à ce sujet. On a le temps, la rentrée ne fait que commencer…;-).

Beaucoup plus discrètement, mais l’information reste d’importance, Samsung a ouvert cet été son e-librairie Readers Hub. Il s’agit  d’une application Android à télécharger gratuitement et qui ouvre sur une offre de livres, destinés aux smartphones Galaxy SII et SIII, Galaxy Note, aux tablettes Galaxy Tabs… Le choix de livres y est pour le moment assez restreint.

Formats : le Book Industry Study Group valide l’Epub3.

Le BISG, sorte de haute autorité de l’industrie du livre à l’international, a annoncé donner son soutien au nouveau format Epub3 dans la perspective de promouvoir l’adoption d’un format unique et universel pour les ebooks, afin de pouvoir proposer à terme une offre mondiale compatible.

Livres numériques :

Cette année, plus de 90 % des 646 titres de la rentrée littéraire « papier » sont également disponibles en numérique. C’est vrai pour les titres de Gallimard, Flammarion, Albin Michel, mais aussi de ceux de Hachette ou d’Editis. Avec une réduction moyenne de 30% par rapport au prix de leur version papier, ils restent très chers comparés aux livres purement numériques, mais cela ne semble pas être un frein majeur à l’achat : les listes de best-sellers numériques restent étonnamment proches des listes de best-sellers papier. Nous ne disposons pas à l’heure actuelle de chiffres concernant la rentrée littéraire purement numérique, qui semble cette année se faire en toute discrétion via les plateformes commerciales existantes, et non via un site dédié comme l’année dernière.





Retour d’expérience : « J’ai testé la lecture numérique à la plage »

7 09 2012

En attendant de faire notre vraie rentrée lundi :-), nous republions ici un billet initialement paru sur le blog du Labo BNF, pour un dernier goût de vacances…

 » Pourquoi cette expérience ?

J’avais été séduit par les perspectives de la lecture numérique en vacances : elle permet d’emporter des milliers de livres dans un appareil de 200g, soit une belle garantie de valise allégée. Les liseuses permettent de lire en plein soleil et donc sur la plage, contrairement aux tablettes. Elles ont autonomie suffisante pour la durée des vacances : 2 semaines de lecture à temps plein, donc largement assez pour quelques heures par jour.

Préparation au voyage

En préparation à mes vacances, j’avais rechargé la liseuse à bloc. En effet, elle était livrée avec un simple câble de rechargement USB nécessitant un PC ; et je n’avais pas l’intention d’emporter mon PC : il aurait introduit un risque de travailler depuis mon lieu de vacances, et constituait un chargeur un peu trop lourd et encombrant… J’avais aussi préchargé un certain nombre de livres et d’articles de blogs dans la liseuse. Car, en l’absence estivale de PC et de Wifi, il était impossible d’y installer aucun contenu, avec mon modèle dépourvu de connexion 3G.

Le douloureux apprentissage de la vie numérique loin de chez soi…

Arrivé sur mon lieu de vacances, j’ai rapidement constaté qu’une liseuse demande une grande vigilance : j’ai rattrapé de justesse mes enfants qui voulaient en faire le pont-levis de leur château de sable… La liseuse n’aime ni l’eau ni le sable, et j’avais oublié d’acheter un “DryCase”…

Coté contenu, j’ai vite réalisé que j’étais tombé dans le piège des livres gratuits proposés par le vendeur de liseuse : on m’avait conseillé “L’art de la guerre” de Sun Tzu, qui ne m’a pas passionné ; mon envie de relire Jules Verne n’était pas si forte. Il est vrai que je n’avais pas pris le temps de parcourir le catalogue du projet Gutenberg ou celui de Gallica… Si les catalogues de eBooks se sont largement étoffés, il reste encore des marges de progression. Impossible de trouver des ouvrages adaptés à une prise de recul estivale, comme, par exemple, “The Timeless Way of Building” de Christopher Alexander.

Epilogue

Il s’est avéré que, trop confiant dans l’autonomie de ma liseuse, j’avais oublié d’en désactiver le wifi : elle s’est déchargée en 3 jours… J’ai donc terminé mes vacances en retombant dans la lecture de l’actualité sur mon Smartphone (dont j’avais emporté le chargeur). Et mon expérience de la lecture profonde sur écran eInk a finalement tourné court… Pour relativiser cette aventure, il faut se souvenir que les beaux livres n’aiment pas non plus le sable. Et un des avantages de la lecture numérique est de pouvoir accéder aux mêmes contenus à partir d’un smartphone, une tablette, ou une liseuse en s’organisant bien (voir Lire dans le Cloud). L’expérience reste la meilleure garantie contre les mauvaises surprises. »





Nouvelle parution – « Justice ! » par François Lefort

26 06 2012

Et si Outreau n’était pas un cas isolé ? Dans Justice ! Pour l’honneur d’un prêtre, à paraître en version papier le 9 juillet 2012 aux éditions Chemins de tr@verse, François Lefort dévoile son dossier judiciaire et invite le lecteur à s’interroger sur la pertinence du verdict rendu.

L’affaire

François Lefort, prêtre et humanitaire très médiatique dans les années 90, a été jugé en 2005, après dix années d’instruction, pour viols et agressions sexuelles sur mineurs de quinze ans.

Se pouvait-il que celui que l’on associait alors à l’Abbé Pierre pour son action en faveur des plus défavorisés, qui avait été chargé de missions par deux cabinets ministériels, fût un pervers sexuel, un tartuffe, un « illusionniste » ?

C’est en tout cas ce qu’a jugé la cour d’assises de Nanterre en le condamnant à huit ans de réclusion criminelle.

François Lefort a toujours clamé son innocence, et continue à le faire depuis la fin de sa libération conditionnelle en mai 2011.

Le livre

« Ce livre est un cri : le cri d’un homme brisé par la mort sociale à laquelle il a été condamné. Il ne vise qu’à exposer le plus sereinement possible les éléments de sa défense à tous ceux qui acceptent de l’entendre. Il permettra aux lecteurs, comme le rappelle si élégamment le code de procédure pénale, de « s’interroger eux-mêmes, dans le silence et le recueillement et de chercher, dans la sincérité de leur conscience, quelles impressions ont faites, sur leur raison, les preuves rapportées [par l’accusé] et les moyens de sa défense. »  » Béatrice Thony

Préfacé par Béatrice Thony, magistrate honoraire, son livre, à paraître aux éditions Chemins de tr@verse, revient sur le dossier judiciaire.

Il en expose les charges, mais aussi les incohérences. Le récit est bouleversant, très documenté, la démonstration d’une précision chirurgicale, et l’on en ressort avec l’impression que la Justice n’avait pas fermé toutes les portes avant de le condamner.

L’auteur de La vie passionnément nous plonge dans l’univers kafkaïen de la Justice et de la prison. Au-delà du témoignage, de la biographie, ce livre ouvre sur une série de questionnements sur le fonctionnement de notre système judiciaire.

L’auteur

Né en 1946, François Lefort est prêtre du diocèse d’Alger et médecin humanitaire.

Sa vie militante a commencé dans les bidonvilles de Nanterre à la fin de la guerre d’Algérie. C’est au contact de l’abbé Pierre, du père Joseph (ATD quart-monde) et de Mgr Rodhain (Secours Catholique) qu’il trouve la foi et éprouve le besoin de demander à devenir prêtre. En 1982, il effectue une mission en cabinet ministériel pour améliorer la situation des banlieues naissantes (relogements, insertion des jeunes de 2ème génération, lutte contre la toxicomanie). Depuis son internat en médecine, il participe à des missions humanitaires d’urgence sur des terrains d’action difficiles (Zaïre, Rwanda, Libéria, Amérique latine, pays de l’Est…).

De 1985 à 1993, il est nommé médecin-chef de Foum Gléïta, en Mauritanie. Il participe à la création de foyers d’enfants des rues à Nouakchott, dirige pendant un temps la section locale de Caritas. Il prolonge son engagement auprès des enfants des rues comme salarié au sein de la fondation Raoul Follereau puis de Médecins du Monde, jusqu’en 1997.

En décembre 1995, François Lefort est mis en examen en France pour viols, plainte portée par des enfants des rues du Sénégal. Il est condamné en 2005 à huit ans de réclusion criminelle. Libéré en 2009, il dépose devant la Cour de cassation une demande de révision de son procès. Les faits nouveaux sont reconnus, mais pas jugés suffisants pour que le procès soit cassé. Actuellement, il se prépare à déposer une nouvelle demande. Depuis le 20 mai 2011, il est totalement libre et a enfin le droit de parler, c’est donc ce qu’il fait. Pour se préparer à ce nouveau combat qu’est sa réhabilitation et celles de victimes anonymes d’erreurs judiciaires, François Lefort est allé à pied jusqu’à Saint-Jacques-de-Compostelle et depuis il exerce comme prêtre de paroisse dans le nord de la Haute-Loire. Il est plusieurs fois reparti pour des missions humanitaires.

« Justice ! Pour l’honneur d’un prêtre » par François Lefort est disponible :

– En version numérique (PDF, ePub, Mobi) pour 9,99 €

Dès aujourd’hui sur Bouquineo.fr, iBookstore, Kindlestore, Google Play Books (à son ouverture), Kobo by Fnac (bientôt)

– En version papier pour 23 €

A partir du 9 juillet sur Bouquineo.fr, Amazon.fr, et chez votre libraire.

Pour lire gratuitement le début de ce livre en ligne, c’est ici.

 





Dexter livre ses derniers secrets

18 06 2012

Journaliste spécialisé dans les séries télé, Guillaume Serres nous offre avec « Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter », qui paraît aujourd’hui aux éditions Chemins de tr@verse, 30 points d’entrée originaux et pertinents pour pénétrer dans les secrets de cette série culte.

Dexter, un phénomène méritant investigation

Expert en traces de sang de la police de Miami le jour, Dexter Morgan se transforme en tueur en série de tueurs en série et autres criminels la nuit.

Une esthétique glamour, mixée à la violence et au sang, un pitch provocateur, sont les éléments-clés de cette série qui amène toute une réflexion sur la violence de la société américaine, sur les notions de justice et de morale telles qu’elles sont abordées là-bas.

Un pitch un peu irréel pour une société où réalité et fiction se tirent la bourre en matière d’atrocités et de meurtres. Il y a un peu de provocation dans Dexter. Les polémiques n’ont pas empêché cette série de rencontrer un certain succès critique et de faire de belles audiences, des deux côtés de l’Atlantique.

Après une saison 5 qui a déçu, et au fil d’une sixième saison en cours de diffusion, Guillaume Serres dissèque cette série culte afin d’essayer de comprendre l’engouement qu’elle continue de susciter depuis 2006.

« Quand on les prend au sérieux en tant que divertissements et en tant que fictions, les séries ont des choses à nous dire, selon le philosophe Thibaut de Saint-Maurice (émission « Comme on nous parle », France Inter, 30/12/2010). Elles parlent du bonheur avec Desperate Housewives, de la liberté avec Prison Break, du rapport entre hommes et femmes avec Mad Men. Comme elles parlent du quotidien, de la vie, on peut prendre le temps d’y réfléchir. » Dexter, elle, parle de la mort, des morts violentes et criminelles qui feraient partie de la vie quotidienne des Américains. Elle mérite également qu’on y réfléchisse.

Testez vos connaissances sur Dexter grâce à notre quizz !

Anatomie d’un livre

« Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter » se présente sous la forme de questions/réponses permettant une lecture linéaire ou « à la carte » de l’ouvrage.

Il explore Dexter sous toutes ses coutures, le fond, la forme, le personnage principal bien sûr. Super-antihéros, « Samouraï » floridien, monstre « vide » en quête d’humanisation ?…

Il inscrit la série dans son contexte sociétal mais aussi dans une histoire de la fiction policière américaine, montre les ruptures et les renouveaux qu’elle a apportés à ce genre.

Il montre également les rouages de la série, la stratégie derrière son élaboration, le redoutable plan marketing dont elle a bénéficié.

Il se projette enfin dans son avenir et envisage des pistes pour la suite et la fin de la série.

« Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter », par Guillaume Serres, éditions Chemins de tr@verse, 2012.

Version numérique (PDF, ePub, Mobi) : 5,99€ / Version papier : 15€

En vente sur Bouquineo.fr, Amazon.fr, iBookstore, Kindle store.

Pour découvrir les premières pages du livre, c’est ici.

« Anatomie d’un succès : 30 questions sur Dexter » est le second ouvrage de la collection : « Séries TV » dirigée par Pierre Serisier (auteur du blog “Le Monde des séries“) aux éditions Chemins de tr@verse.

Le premier est « Anatomie d’un succès : 50 questions sur Les Experts », par Guillaume Regourd.

 

 





Ebooks jeunesse : quand les enrichissements appauvrissent la lecture

11 06 2012

Une étude des chercheurs du Joan Ganz Cooney Center, basé à New York, montre que les enrichissements apportés aux ebooks jeunesse, par la distraction qu’ils favorisent, ont tendance à perturber la compréhension et la mémorisation de l’histoire par l’enfant.

Au cours de l’étude, menée sur 32 parents et leurs enfants âgés de 3 à 6 ans, les familles ont reçu un livre papier, un ebook classique sur lecteur et un ebook amélioré sur tablette. Et il s’avère que les enfants retiennent de l’ebook enrichi essentiellement les petits détails accessoires animés, au détriment des détails de l’histoire voire même de son déroulement, ce qui n’est pas bon pour leur apprentissage de la langue. « L’ebook enrichi est moins efficace que la presse écrite et les ebooks classiques, qui profitent davantage des atouts d’une lecture commune », soulignent les chercheurs Cynthia Chiong, Jinny Ree, Lori Takeuchi et Ingrid Erickson.

Des conclusions qui ne vont pas faire plaisir à la multitude d’acteurs du domaine de l’édition jeunesse qui se sont engouffrés dans ce nouveau domaine qu’est l’ebook enrichi ces dernières années. Mais qui sont pourtant assez intuitives. Suffisamment pour que nous n’ayons pas attendu cette étude, aux éditions Chemins de tr@verse, pour choisir une ligne éditoriale jeunesse très simple, épurée, centrée sur des histoires de qualité soutenues par des illustrations en harmonie avec l’esprit de l’histoire. Pas que nous rejetions en bloc les enrichissements numériques – nous faisons aussi des expériences dans ce domaine, et sortirons notre premier ebook jeunesse enrichi en septembre (une édition numérique du classique Drôle d’alphabet ou les aventures d’une tarte aux pommes par Agnès Rosenstiehl) – mais nous nous refusons à faire des enrichissements « gadgets », qui n’apportent rien à l’enfant en termes pédagogiques. Pour nous, un livre jeunesse doit, par son fond, accompagner l’enfant dans les grands défis cognitifs, relationnels, émotionnels, qui sont les siens, et par sa forme, aider l’enfant dans son acquisition de la langue et dans la construction de sa faculté de mémorisation. Tout ce qui vient perturber ces processus constitue à nos yeux un appauvrissement du livre et non un enrichissement.

Alors, faut-il remiser tous ces livres super-enrichis et s’en retourner aux bons vieux livres classiques ? Les chercheurs du Joan Ganz Cooney Center ne sont pas aussi durs. « Les enfants semblent les apprécier. Si les livres enrichis peuvent impliquer des enfants qui n’auraient pas été intéressés par la lecture, cela nous permettra d’atteindre un objectif important. Dans notre étude, nous avons surtout cherché à porter l’accent sur l’apprentissage et la compréhension. Ce n’est cependant qu’une des nombreuses finalités de la lecture. Si le but est tout simplement d’amuser ou d’explorer un conte classique, d’une nouvelle manière, les livres enrichis sont importants. »

Tous les chemins mènent à Rome…

Pour découvrir notre catalogue jeunesse, c’est ici.





Inventer de nouveaux usages : l’ebook en bibliothèque

28 05 2012

Parmi les grand chantiers en cours, dans cette entrée timide mais progressive de la lecture numérique dans les mœurs, celui du prêt de livres numériques a fait parler de lui ces derniers temps. Voici un petit état des lieux en ce printemps 2012.

Comment prête t-on un livre numérique à l’heure actuelle ?

Via des bibliothèques ou des plateformes spécifiques de prêt de livres numériques

Pour faire simple, les bibliothèques achètent l’accès à un catalogue d’ouvrages qu’elles mettent à disposition de leurs utilisateurs. Les modalités techniques et économiques peuvent varier (voir plus bas).

Du point de vue de l’utilisateur, en général, le prêt de livres est géré par DRM et/ou par chronodégradation : le livre est prêté pour une durée déterminée, pendant laquelle il n’est pas accessible aux autres utilisateurs, et passée laquelle le fichier se rend inutilisable pour l’emprunteur. Et s’il n’a pas eu le temps de finir de le lire, il n’a qu’à le réemprunter.

Si ce système ressemble beaucoup à l’emprunt de livres papier, il présente néanmoins une contrainte majeure ; les utilisateurs doivent être équipés pour pouvoir lire des livres protégés par DRM (donc installer le logiciel Adobe Reader sur leur ordinateur, et utiliser des supports de lecture supportant les DRM Adobe : exit le Kindle, le Playbook, etc.).

Entre utilisateurs

Le principal système de prêt d’ebooks entre utilisateurs à l’heure actuelle est celui proposé par Amazon. De façon très similaire, un utilisateur peut prêter un de ses ebooks à un proche également utilisateur de Kindle, pour 14 jours, pendant lesquels le propriétaire du livre n’y a plus accès, et au terme desquels il retrouve son livre – et l’emprunteur le perd. La contrainte est comparable au système décrit plus haut – et le cercle encore plus fermé.

Bien sûr, avec des livres libres de DRMs, la question technique ne se poserait pas : aussi facilement qu’on remet un livre papier entre les mains d’un proche, on lui enverrait un courriel avec le livre en pièce jointe. Mais, quid de rendre le livre à son possesseur ? Détruirait-on vraiment un livre numérique prêté de sa bibliothèque une fois que l’on a fini de le lire, par acquis de conscience ? La brièveté de l’échange qui distingue prêt et don tendrait donc sans doute, en étant réaliste, à disparaître. Ainsi que la privation vécue par le possesseur originel du livre dans le cas du prêt ou du don. Mais si cette multiplication des petits pains aurait de quoi plaire aux utilisateurs, elle pose d’évidents problèmes aux auteurs.

Avec quel modèle économique ?

Pour le lecteur, l’emprunt de livres numériques est évidemment gratuit, ou au pire, conditionné à la souscription à un abonnement d’un montant (en général faible) complètement dé-corrélé de l’intensité de sa consommation de livres.

Pour les bibliothèques en revanche, c’est plus compliqué. Certains éditeurs fonctionnent sur un système de « licences », qui peut prendre différentes formes, par exemple :

  • je te vends un livre que tu peux prêter maximum X fois (26 fois pour la maison d’édition Harper Collins, par exemple) ;
  • je te vends un certain nombre d’exemplaires de mon livre, et tu ne peux pas prêter plus que ce nombre d’exemplaires simultanément ;
  • je te vends mon livre beaucoup plus cher que son prix public, mais avec une totale liberté de nombre de prêts…

D’autres, et le système semble déjà plus intelligent, perçoivent une redevance mensuelle proportionnelle à l’utilisation qui a été faite de leur livre (modèle de « pay-per-use »).

On discute également la possibilité de mettre en place un système de « rent-to-own », dans lequel les bibliothèques paieraient un droit de prêt pendant un certain temps, au bout duquel elles deviendraient propriétaires du fichier, mais l’expérience ne semble pas encore avoir été tentée.

Quels sont les principaux acteurs impliqués ?

Les prestataires

Overdrive est la première société à s’être lancée dans le prêt de livres numériques, outre-Atlantique, et reste le leader dans ce domaine. A son actif, des centaines de bibliothèques, plus de 650 000 ebooks et audiobooks, plus de 18 000 établissements publics ou universitaires proposant son catalogue, des livres numériques compatibles avec presque tous les lecteurs ebook du marché.

3M propose également un service de bibliothèque en ligne, contenant plus de 100 000 livres, compatibles avec la plupart des lecteurs ebook du marché. Pour se distinguer d’Overdrive, ils proposent aux bibliothèques partenaires des services complémentaires, une borne tactile permettant aux utilisateurs d’explorer leur catalogue, ainsi qu’un service de prêt de lecteurs ebooks avec accès direct au catalogue.

OpenLibrary.org est un projet de bibliothèque d’Internet Archive. Grâce à ses mille bibliothèques partenaires, réparties dans six pays différents, OpenLibrary parvient à proposer au prêt plus de 100 000 ebooks, essentiellement du XXème siècle.

Pretnumerique.ca est une plateforme toute récente, crée par De Marque avec pour objectif de gérer le prêt de livres numériques sur l’ensemble du territoire canadien. Pour le moment, 50 éditeurs partenaires offrent ainsi un catalogue de 5100 titres, parmi lesquels les bibliothèques partenaires peuvent passer commande pour se constituer un catalogue à proposer à leurs lecteurs.

Cyberlibris est l’acteur majeur en France dans le domaine du prêt de livres numériques. Grâce à ses quelques 300 éditeurs partenaires, il a réussi à mettre en place un catalogue de livres numériques très riche et varié, décomposé en offres spécifiques : académique, professionnelle, familiale… qui a déjà séduit plusieurs centaines de bibliothèques scolaires, universitaires ou municipales (entre autres!).

Amazon s’est également attaqué à cette nouvelle utilisation des livres numériques, mais comment souvent, en s’adressant directement à l’utilisateur final, supprimant l’intermédiaire ici « bibliothèque ». Amazon a commencé par permettre à ses utilisateurs de se prêter mutuellement des livres dans un premier temps, puis a ouvert plus récemment la Kindle Owner’s Lending Library, un fonds de 145 000 ebooks que les utilisateurs Kindle « Premium » peuvent emprunter gratuitement au rythme d’un par mois. A partir du 19 juin prochain, on y trouvera notamment les Harry Potter, entre autres best-sellers…

Les éditeurs

Les éditeurs se montrent pour le moment assez frileux sur la question du prêt de livres numériques : viabilité économique, risque de piratage, sont autant d’incertitudes qui les incitent à rester en retrait. Quand les arguments avancés ne sont pas plus surprenants encore, ainsi cette déclaration d’Arnaud Nourry, PDG de Hachette, au Salon du livre de Paris en mars dernier :

« Ces lieux ont pour vocation d’offrir à des gens qui n’ont pas les moyens financiers, un accès subventionné par la collectivité, au livre. Nous sommes très attachés aux bibliothèques, qui sont des clients très importants pour nos éditeurs, particulièrement en littérature. Alors, il faut vous retourner la question : est-ce que les acheteurs d’iPad ont besoin qu’on les aide à se procurer des livres numériques gratuitement ? Je ne suis pas certain que cela corresponde à la mission des bibliothèques.

Par définition, me semble-t-il, les gens qui ont acheté un Kindle ou un iPad, ont un pouvoir d’achat, là où les gens qui sont les usagers de ces lieux en manquent. La position de Hachette aujourd’hui, c’est que l’on ne vend pas aux bibliothèques, pour éviter d’avoir ces prix très hauts, considérant qu’il n’y a pas encore de nécessité. On changera un jour, quand on aura trouvé les formules, il y’en a plein d’autres, comme la licence qui octroierait une utilisation durant six mois. Encore une fois, les bibliothèques sont essentielles dans l’économie du livre, mais il est tout aussi essentiel que les gens achètent des livres. Si on commence à donner un accès libre et quasiment gratuit au lecteur pour des versions numériques, alors que le marché est à peine en train d’émerger, on va tuer le marché. »

Pour information, Hachette serait néanmoins en train de remettre en place une expérience de prêt d’ebooks.

Les bibliothèques

Il est impossible d’en dresser une liste à proprement parler, mais sachez que d’ores et déjà, bon nombre de bibliothèques scolaires, universitaires, mais aussi municipales, proposent le prêt d’ebooks (elles seraient plus de 4000 !). Les initiatives sont variées, allant du prêt d’e-readers avec catalogue inclus (comme le tout récent projet « Tab en bib »), à la création d’espaces de lecture numérique (par exemple à la bibliothèque des Champs-Libres, à Rennes). Renseignez-vous près de chez vous !

Les principaux points de débat actuels

  • Le contenu des catalogues : nombre d’éditeurs hésitent encore à ouvrir leurs best-sellers et autres nouveautés au prêt en numérique. Les catalogues actuels sont donc très fournis en livres « anciens », mais ce n’est pas nécessairement ce que souhaitent les lecteurs, comme le souligne Cyrille Jaouan, de la bibliothèque Dumont d’Aulnay-sous-Bois :« Nous avons de super outils, mais le contenu est limité aux ouvrages libres de droits, et donc assez vieux. Ce que veulent les usagers, ce sont les derniers best-sellers, ou les derniers polars »
  • L’accessibilité des livres : les problèmes de DRM, de compatibilité des appareils et logiciels de lecture des utilisateurs, de chronodégradation des fichiers, sont autant de problèmes qui compromettent l’expérience de lecture, et risquent de détourner les lecteurs de l’emprunt d’ebooks.
  • La rémunération des auteurs ; c’est en ce moment une question brûlante au Royaume-Uni notamment.
  • La protection contre le piratage, l’éternelle angoisse de certains éditeurs et auteurs…







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