Inventer de nouveaux usages : l’ebook en bibliothèque

28 05 2012

Parmi les grand chantiers en cours, dans cette entrée timide mais progressive de la lecture numérique dans les mœurs, celui du prêt de livres numériques a fait parler de lui ces derniers temps. Voici un petit état des lieux en ce printemps 2012.

Comment prête t-on un livre numérique à l’heure actuelle ?

Via des bibliothèques ou des plateformes spécifiques de prêt de livres numériques

Pour faire simple, les bibliothèques achètent l’accès à un catalogue d’ouvrages qu’elles mettent à disposition de leurs utilisateurs. Les modalités techniques et économiques peuvent varier (voir plus bas).

Du point de vue de l’utilisateur, en général, le prêt de livres est géré par DRM et/ou par chronodégradation : le livre est prêté pour une durée déterminée, pendant laquelle il n’est pas accessible aux autres utilisateurs, et passée laquelle le fichier se rend inutilisable pour l’emprunteur. Et s’il n’a pas eu le temps de finir de le lire, il n’a qu’à le réemprunter.

Si ce système ressemble beaucoup à l’emprunt de livres papier, il présente néanmoins une contrainte majeure ; les utilisateurs doivent être équipés pour pouvoir lire des livres protégés par DRM (donc installer le logiciel Adobe Reader sur leur ordinateur, et utiliser des supports de lecture supportant les DRM Adobe : exit le Kindle, le Playbook, etc.).

Entre utilisateurs

Le principal système de prêt d’ebooks entre utilisateurs à l’heure actuelle est celui proposé par Amazon. De façon très similaire, un utilisateur peut prêter un de ses ebooks à un proche également utilisateur de Kindle, pour 14 jours, pendant lesquels le propriétaire du livre n’y a plus accès, et au terme desquels il retrouve son livre – et l’emprunteur le perd. La contrainte est comparable au système décrit plus haut – et le cercle encore plus fermé.

Bien sûr, avec des livres libres de DRMs, la question technique ne se poserait pas : aussi facilement qu’on remet un livre papier entre les mains d’un proche, on lui enverrait un courriel avec le livre en pièce jointe. Mais, quid de rendre le livre à son possesseur ? Détruirait-on vraiment un livre numérique prêté de sa bibliothèque une fois que l’on a fini de le lire, par acquis de conscience ? La brièveté de l’échange qui distingue prêt et don tendrait donc sans doute, en étant réaliste, à disparaître. Ainsi que la privation vécue par le possesseur originel du livre dans le cas du prêt ou du don. Mais si cette multiplication des petits pains aurait de quoi plaire aux utilisateurs, elle pose d’évidents problèmes aux auteurs.

Avec quel modèle économique ?

Pour le lecteur, l’emprunt de livres numériques est évidemment gratuit, ou au pire, conditionné à la souscription à un abonnement d’un montant (en général faible) complètement dé-corrélé de l’intensité de sa consommation de livres.

Pour les bibliothèques en revanche, c’est plus compliqué. Certains éditeurs fonctionnent sur un système de « licences », qui peut prendre différentes formes, par exemple :

  • je te vends un livre que tu peux prêter maximum X fois (26 fois pour la maison d’édition Harper Collins, par exemple) ;
  • je te vends un certain nombre d’exemplaires de mon livre, et tu ne peux pas prêter plus que ce nombre d’exemplaires simultanément ;
  • je te vends mon livre beaucoup plus cher que son prix public, mais avec une totale liberté de nombre de prêts…

D’autres, et le système semble déjà plus intelligent, perçoivent une redevance mensuelle proportionnelle à l’utilisation qui a été faite de leur livre (modèle de « pay-per-use »).

On discute également la possibilité de mettre en place un système de « rent-to-own », dans lequel les bibliothèques paieraient un droit de prêt pendant un certain temps, au bout duquel elles deviendraient propriétaires du fichier, mais l’expérience ne semble pas encore avoir été tentée.

Quels sont les principaux acteurs impliqués ?

Les prestataires

Overdrive est la première société à s’être lancée dans le prêt de livres numériques, outre-Atlantique, et reste le leader dans ce domaine. A son actif, des centaines de bibliothèques, plus de 650 000 ebooks et audiobooks, plus de 18 000 établissements publics ou universitaires proposant son catalogue, des livres numériques compatibles avec presque tous les lecteurs ebook du marché.

3M propose également un service de bibliothèque en ligne, contenant plus de 100 000 livres, compatibles avec la plupart des lecteurs ebook du marché. Pour se distinguer d’Overdrive, ils proposent aux bibliothèques partenaires des services complémentaires, une borne tactile permettant aux utilisateurs d’explorer leur catalogue, ainsi qu’un service de prêt de lecteurs ebooks avec accès direct au catalogue.

OpenLibrary.org est un projet de bibliothèque d’Internet Archive. Grâce à ses mille bibliothèques partenaires, réparties dans six pays différents, OpenLibrary parvient à proposer au prêt plus de 100 000 ebooks, essentiellement du XXème siècle.

Pretnumerique.ca est une plateforme toute récente, crée par De Marque avec pour objectif de gérer le prêt de livres numériques sur l’ensemble du territoire canadien. Pour le moment, 50 éditeurs partenaires offrent ainsi un catalogue de 5100 titres, parmi lesquels les bibliothèques partenaires peuvent passer commande pour se constituer un catalogue à proposer à leurs lecteurs.

Cyberlibris est l’acteur majeur en France dans le domaine du prêt de livres numériques. Grâce à ses quelques 300 éditeurs partenaires, il a réussi à mettre en place un catalogue de livres numériques très riche et varié, décomposé en offres spécifiques : académique, professionnelle, familiale… qui a déjà séduit plusieurs centaines de bibliothèques scolaires, universitaires ou municipales (entre autres!).

Amazon s’est également attaqué à cette nouvelle utilisation des livres numériques, mais comment souvent, en s’adressant directement à l’utilisateur final, supprimant l’intermédiaire ici « bibliothèque ». Amazon a commencé par permettre à ses utilisateurs de se prêter mutuellement des livres dans un premier temps, puis a ouvert plus récemment la Kindle Owner’s Lending Library, un fonds de 145 000 ebooks que les utilisateurs Kindle « Premium » peuvent emprunter gratuitement au rythme d’un par mois. A partir du 19 juin prochain, on y trouvera notamment les Harry Potter, entre autres best-sellers…

Les éditeurs

Les éditeurs se montrent pour le moment assez frileux sur la question du prêt de livres numériques : viabilité économique, risque de piratage, sont autant d’incertitudes qui les incitent à rester en retrait. Quand les arguments avancés ne sont pas plus surprenants encore, ainsi cette déclaration d’Arnaud Nourry, PDG de Hachette, au Salon du livre de Paris en mars dernier :

« Ces lieux ont pour vocation d’offrir à des gens qui n’ont pas les moyens financiers, un accès subventionné par la collectivité, au livre. Nous sommes très attachés aux bibliothèques, qui sont des clients très importants pour nos éditeurs, particulièrement en littérature. Alors, il faut vous retourner la question : est-ce que les acheteurs d’iPad ont besoin qu’on les aide à se procurer des livres numériques gratuitement ? Je ne suis pas certain que cela corresponde à la mission des bibliothèques.

Par définition, me semble-t-il, les gens qui ont acheté un Kindle ou un iPad, ont un pouvoir d’achat, là où les gens qui sont les usagers de ces lieux en manquent. La position de Hachette aujourd’hui, c’est que l’on ne vend pas aux bibliothèques, pour éviter d’avoir ces prix très hauts, considérant qu’il n’y a pas encore de nécessité. On changera un jour, quand on aura trouvé les formules, il y’en a plein d’autres, comme la licence qui octroierait une utilisation durant six mois. Encore une fois, les bibliothèques sont essentielles dans l’économie du livre, mais il est tout aussi essentiel que les gens achètent des livres. Si on commence à donner un accès libre et quasiment gratuit au lecteur pour des versions numériques, alors que le marché est à peine en train d’émerger, on va tuer le marché. »

Pour information, Hachette serait néanmoins en train de remettre en place une expérience de prêt d’ebooks.

Les bibliothèques

Il est impossible d’en dresser une liste à proprement parler, mais sachez que d’ores et déjà, bon nombre de bibliothèques scolaires, universitaires, mais aussi municipales, proposent le prêt d’ebooks (elles seraient plus de 4000 !). Les initiatives sont variées, allant du prêt d’e-readers avec catalogue inclus (comme le tout récent projet « Tab en bib »), à la création d’espaces de lecture numérique (par exemple à la bibliothèque des Champs-Libres, à Rennes). Renseignez-vous près de chez vous !

Les principaux points de débat actuels

  • Le contenu des catalogues : nombre d’éditeurs hésitent encore à ouvrir leurs best-sellers et autres nouveautés au prêt en numérique. Les catalogues actuels sont donc très fournis en livres « anciens », mais ce n’est pas nécessairement ce que souhaitent les lecteurs, comme le souligne Cyrille Jaouan, de la bibliothèque Dumont d’Aulnay-sous-Bois :« Nous avons de super outils, mais le contenu est limité aux ouvrages libres de droits, et donc assez vieux. Ce que veulent les usagers, ce sont les derniers best-sellers, ou les derniers polars »
  • L’accessibilité des livres : les problèmes de DRM, de compatibilité des appareils et logiciels de lecture des utilisateurs, de chronodégradation des fichiers, sont autant de problèmes qui compromettent l’expérience de lecture, et risquent de détourner les lecteurs de l’emprunt d’ebooks.
  • La rémunération des auteurs ; c’est en ce moment une question brûlante au Royaume-Uni notamment.
  • La protection contre le piratage, l’éternelle angoisse de certains éditeurs et auteurs…




Youboox : un accès gratuit et légal aux livres numériques

12 04 2012

Depuis le mois dernier, la start-up française Youboox a osé franchir le pas dont la perspective faisait tant frémir : intégrer de la publicité aux livres numériques pour en permettre l’accès gratuit.

La publicité ne se trouve pas exactement dans le livre, mais juste au dessus du livre, dans l’écran de lecture, et aux dires des premiers utilisateurs, elle se laisserait oublier assez facilement.

Et elle est la condition économique permettant un service par ailleurs intéressant (les revenus publicitaires sont partagés avec les éditeurs partenaires) ; Youboox permet à ses utilisateurs de lire gratuitement, et en toute légalité, en streaming, n’importe quel ebook de leur catalogue (qui en compte un millier à l’heure actuelle). Ils peuvent également consulter des conseils et des critiques éditoriales sur les livres proposés, voir les notations et recommandations de la communauté de lecteurs, partager leurs propres lectures sur les réseaux sociaux ; une expérience de lecture déjà relativement riche. Youboox est accessible sur Internet mais également via leur application pour iPad.

Voici une petite démonstration de leur service :

Dans un avenir proche, Youboox prévoit de proposer également un abonnement payant (9,90€/mois) aux utilisateurs désireux de ne plus voir de publicités et de pouvoir lire leurs livres hors ligne. Le catalogue serait également plus important.

Un pari audacieux… et vous, qu’en pensez-vous ?





Retour d’expérience : « Une nouvelle ère pour moi : la liseuse électronique »

24 10 2011

Extrait d’un article publié sur le blog Passion de lecteur. Ce blogueur a participé au programme de prêt d’e-reader mis en place par Numériklivres et Bookeen et livre ici ses premières impressions.

 

 » Un nouveau défi pour un gros lecteur papier à la tête d’une bibliothèque de plus de mille livres, sous tout format, après un regain d’attrait pour les livres téléchargées et sous format audio comme MP 3 ; la lecture en mode numérique.

Depuis plusieurs mois, je suis l’actualité en ce domaine et me sentais depuis longtemps attiré par ce nouvel outil technologique mais je craignais d’être décu et ne savais pas vers quel liseuse se diriger. […]

Fort de mon envie dévorante de découvrir cet objet, j’ai postulé [au programme de prêt d’un Cybook Orizon mis en place par Numériklivres et Bookeen] et, heureux hasard, j’ai été sélectionné et voilà […], j’ai entre mes mains l’objet de toutes mes tentations et dispose de 15 jours pours le découvrir et l’appécier.

 

* Premières impressions :

Quel bel objet, léger, chargé de livres originaux dont je ferai ici les chroniques. Maniabilité, pratique de manipulation et une première innovation appréciable l’adaptation des polices de caractères.

Je me plonge dans une étude plus détaillée et ferai ici, par mon compte twitter et Facebook, le récit de cette belle expérience….

D’ores et déjà un grand merci à numeriks et à Delphine de cet envoi.

 

* Premier bilan au bout de cette semaine d’essai :

Enfin une semaine quasi entière pour approfondir et se faire adopter par ce bijou numérique. C’est sur les routes de Charentes et de Charentes Maritimes entre midi et deux, entre 22 h 00 et minuit que j’ai emmené ce nouveau compagnon avec un à deux livres papier (on ne savait jamais….) et autanrt le dire, j’ai fait des envieux et suscité avec ce bel objet quelques questions de la part de quelques personnes au hasard de mes pauses lecture numérique.

Quelques mots d’abord sur la manipulation et la découverte des menus et outils de découverte. Je l’avoue, je ne suis pas un pandorre en termes de maitrîse des outils technologiques de tout nature. La manipulation  de cette liseuse n’a pas échappé à ce constat.. Pour découvrir le menu et ses différents réglages sur la taille des caractères, le mode nuit et jour, je m’y suis pris à plusieurs reprises mais c’est fait et quel bonheur de lire, ces ajustements faits.

Lectures sous une orientation portrait ou paysage, lecture en mode nuit ou en mode jour, c’est un vrai jeu auquel on se livre avec un certain plaisir.

Outils à la fois tactiles mais aussi à la touche menu pour parcourir ou entreprende ou reprise de lecture, cette liseuse est vraiment la soeur de la tablette tactile informatique.

De toutes les possibilités offertes par cette liseuse, seule la fonctionnalité Internet n’a pas été mise en place, je n’ai pas voulu insister mais pour moi c’est plus ma propre incapacité dans le domaine que la liseuse qui est mise en cause.

De plus, les livres et éditions chargées sont déjà suffisament alléchants pour le délai restant.

Belle appréciation aussi des écrans de veille et leur mise en place automatique, de jolies illustrations toutes liées à la lecture et aux livres.  »

 

Extrait du billet suivant, à la fin des quinze jours de prêt :

 » Et bien après quinze jours intensifs d’essai grâce à cette opération, je me suis découvert une nouvelle addiction ; la liseuse numérique.

Les raisons ; une maniabilité et une légéreté absolue, une adaptabilité au niveau de la poilice de caractère, une capacité d’archivage et de chargement, une grande durée de chargement sans recharger sur PC, des capacités similaires à une tablette. Ajouter à cela un dynamisme certain des éditeurs numériques, y compris sur des oeuvres classiques et cela notamment chez Numerik., rien de négatif dans l’ensemble ou plutôt si….. quand et laquelle des liseuses vais je m’acheter ou me faire offrir…. Noêl c’est bien loin.

Merci donc à Booken et Numeriklivres et bravo à Sophie, la prochaine victime (je le parierai) de ce prêt. »

Pour lire la totalité de ces billets, c’est ici.

Plus d’informations sur le Cybook Orizon ici.





Faites des économies en louant vos manuels scolaires

25 07 2011

Avec le programme Kindle Textbooks Rental, Amazon tend la main aux étudiants et leur propose un service de location de manuels scolaires selon leurs besoins, soit pour une durée pouvant aller de 30 à 360 jours. Un service qui leur permettrait d’économiser jusqu’à 80 % du prix du livre.

Autre service additif, la conservation des notes prises  après l’expiration de la date de location. De quoi pallier la perte des informations liées à la revente d’occasion desdits ouvrages, mais également permettre de multiplier les notes, sans se limiter à la marge laissée par l’éditeur, toujours trop restreinte.

Amazon assure que des dizaines de milliers de manuels scolaires seront à louer dès la rentrée 2011 sur son Kindle, ainsi que sur l’ensemble de l’environnement Kindle et qu’il s’agira d’ouvrages de qualité issus de ses partenariats avec des éditeurs de renom. « Les étudiants nous disent qu’ils aiment les prix bas que nous offrons sur les manuels scolaires imprimés neufs ou d’occasion. Nous sommes désormais heureux d’offrir aux étudiants la possibilité de louer des manuels sur Kindle et de ne payer que pour le temps dont ils en ont besoin », explique Dave Bizkit, vice-président Amazon Kindle.





Les bibliothèques se mobilisent pour le prêt d’ebooks

1 07 2011

Depuis quelques mois déjà, les initiatives, partenariats et accords en faveur du prêt d’ebooks se multiplient. L’intérêt pour le lecteur est simple : il fait des économies de temps et d’argent en accédant gratuitement à un catalogue de plus en plus important de livres numériques, qu’il devrait sinon payer, et ce, de manière instantanée, sans avoir à se déplacer dans un lieu physique. La contrepartie ; une contrainte de temps d’emprunt, comme dans n’importe quelle bibliothèque. 

 Le premier sur le secteur : OverDrive

OverDrive est leader dans le domaine depuis maintenant plusieurs années. Déployant applications et partenariats avec les établissements, la firme s’installe progressivement sur le marché. A son actif, des centaines de bibliothèques, plus de 500 000 ebooks et audiobooks à disposition ainsi qu’une application Windows Phone.
 
Son concurrent, 3M, essaye de réagir, mais semble encore à la traîne, d’abord en terme de catalogue, avec seulement 5 000 titres, mais également sur les liens tissés avec les acteurs. En effet, plus 15 000 établissements publics ou universitaires proposent le catalogue d’OverDrive. De plus,  les livres numériques d’OverDrive sont compatibles avec presque tous les lecteurs ebook du marché, ainsi que les tablettes, à l’exception du Kindle.

Internet Archive et son millième partenaire.

Internet Archive s’est entouré de mille bibliothèques, réparties dans six pays différents, pour proposer plus de 100 000 ebooks du XX ème siècle en prêt. Tout titulaire d’un compte sur OpenLibrary.org peut ainsi emprunter 5 ouvrages durant deux semaines et les lire en ligne depuis un navigateur web ou les télécharger en version PDF / EPUB. Comme dans n’importe quelle bibliothèque, les livres ne peuvent être empruntés que par une seule personne à la fois.A découvrir ici

De nombreux autres acteurs sont en train de se lancer dans le prêt d’ebooks, notamment Amazon, via son Kindle, ou encore Kobo, deux géants sur le marché du livre numérique ; voyons comment cela fera évoluer les usages…





Amazon, le géant du secteur, est loin d’avoir sorti toutes ses cartes !

24 06 2011

Amazon annonçait il y a peu vendre plus de livres numériques que de livres papiers. Des résultats qui semblent en lien direct avec les ventes du Kindle : Amazon affirme en avoir vendu trois fois plus sur les cinq premiers mois de 2011 que pour l’ensemble de 2010. Pas étonnant donc qu’Amazon s’investisse encore davantage sur le marché du livre numérique. En effet, fort de ses 16 années d’expérience comme libraire en ligne, Amazon sort de plus en plus du cadre de simple vendeur de livres et propose des outils et des fonctionnalités innovantes pour la promotion des livres sur Internet et sur les réseaux sociaux. Plus encore, Amazon  s’est aussi lancé dans le prêt d’ebooks et l’autoédition. Le but affiché ; démocratiser le livre numérique !
 
Amazon, la promotion des livres et les réseaux sociaux

 En première ligne des nouveautés, la création de Backstory. Un outil dans lequel chaque lecteur pourra retrouver les entretiens avec l’auteur, les commentaires de clients sur leur lecture, les listes de lecture de l’auteur, mais également des podcasts et bien d’autres choses encore. Seconde innovation, Author Interviews@Amazon, qui proposera la diffusion d’entretiens sous forme possible de Web TV, dédiée au livre. Chaque nouvelle interview serait annoncée sur la page Facebook d’Amazon et sur le site Omnivoracious.com, le blog d’Amazon dédié au livre.

Depuis quelques mois, Amazon expérimente également le commerce de produits culturels via Facebook. Une version Béta qui nécessite d’abord le passage sur Amazon pour ensuite être redirigé sur Facebook. Arrivé là, la page se divise en deux parties : la première vous rappelle les dates d’anniversaires de vos amis et vous suggère des cadeaux en fonction de leurs préférences, la seconde référence les produits culturels appréciés de vos amis pour vous en suggérer l’achat.
 
Amazon et les lecteurs de livres numériques
 
Retour sur une rumeur persistante et aujourd’hui confirmée : le lancement au second semestre 2011 d’une nouvelle tablette Amazon tournant sous Android. Amazon a commandé entre 700 000 et 800 000 écrans tactiles électrophorétiques, de technologie FFS, au fabricant d’ordinateurs taiwanais Quanta, pour un montant de 3,5 milliards de dollars. Cette technologie FFS permettrait de concurrencer l’écran LED de l’iPad2, avec un écran rétroéclairé de 7 pouces et une palette de 16 millions de couleurs avec une résolution de 169 PPI pour un affichage de 1024 x 600. L’iPad2 compte une résolution de 132 PPI pour un affichage de 1024 x 768.

Le Kindle devient, quant à lui, plus accessible avec la création de Kindle for the web, une interface web qui permet de consulter des contenus en ligne. Pas besoin d’installation ni de logiciel : un simple navigateur permet de lire des extraits (et seulement les extraits pour l’instant) d’ebooks Kindle. Il est même possible de copier l’interface sur son site et de configurer la taille du lecteur, comme on le fait avec une vidéo YouTube. Désormais « équipé » de son Cloud Drive, Amazon permet d’ores et déjà de stocker en ligne des ouvrages aux formats compatibles Kindle.

Amazon et le prêt d’ebooks

Au niveau des logiciels, des fonctionnalités et du catalogue de livres en ligne, Amazon est très compétitif et continue de prendre les devants face à la concurrence. Pour preuve, le lancement d’un nouveau service révolutionnaire aux Etats-Unis dans le courant de l’année. Les lecteurs pourront bientôt avoir accès au contenu de 11 000 bibliothèques, situées sur tout le territoire américain, et y emprunter des ebooks. Le programme Kindle Library Lending est ouvert aux possesseurs du Kindle mais également, à toute personne ayant téléchargé l’application PC, Mac, Android, etc. L’innovation ; la prise de notes sur un livre sera conservée. Une personne qui emprunte un livre en bibliothèque, le rend, puis le consulte de nouveau, pourra avoir accès à l’intégralité des annotations qu’elle avait faites dans le livre électronique consulté. Mieux encore, si l’usager décide finalement d’acheter le livre pour le garder dans sa bibliothèque personnelle, ses annotations seront également reproduites.
 
Une innovation moins convaincante : la plateforme d’autoédition d’Amazon, un échec programmé ?

La plateforme d’autoédition d’Amazon ne cesse de faire du bruit depuis sa création ! Déjà plusieurs semaines que les constats se multiplient qui pointent la présence de livres numériques « spam ». Il s’agit là d’ouvrages « copiés-collés » d’autres et qui sont revendus sous un titre et un nom d’auteur différent. Chaque mois, des milliers d’ouvrages numériques fabriqués à partir de « fermes à contenu », appelées Private Label Rights (PLR), sont donc publiés sur la librairie en ligne du distributeur américain. Ces livres « bon marché » sont fabriqués à partir d’informations achetées à bas prix en ligne et reformatées en livres numériques.
 
La présence de ces ouvrages indésirables oblige les internautes à fouiller parmi un nombre beaucoup plus important de titres pour trouver ce qu’ils recherchent, ce qui, à long terme, risque de ternir l’image du Kindle et de miner l’initiative de soutien aux auteurs auto-publiés lancée par Amazon. Un détournement de l’esprit de l’initiative d’origine face auquel on peut s’attendre à ce qu’Amazon prenne rapidement des mesures fortes.

Prochain objectif probable pour le géant du secteur : ouvrir sa propre maison d’édition avec livres papiers et numériques !





Les lecteurs Kobo, bientôt disponibles en France ?

22 06 2011

Depuis quelques temps, l’arrivée imminente des lecteurs Kobo en France fait du bruit. Peu connu en Europe, Kobo est pourtant aux Etats-Unis un concurrent de taille face aux géants du secteur que sont Amazon, Barnes & Noble, Google et Apple ; il y détiendrait 10 % du marché du livre numérique. Véritable « touche à tout », Kobo, c’est des applications pour iPhone et tablette, mais aussi des e-readers peu chers, une plateforme communautaire, un catalogue francophone de  211 208 ouvrages à l’heure actuelle (dont 208 668 gratuits), et bientôt, dans les traces d’Amazon, une plateforme d’auto-publication et de prêt d’ebooks !

Kobo a également présenté récemment son tout nouveau lecteur de livres numériques, le Kobo eReader Touch Edition. Ce qu’il faut en retenir : un écran Pearl, des fonctionnalités sociales unique avec « Reading Life », la possibilité de transférer beaucoup d’ebooks, un écran tactile performant, un clavier numérique très réactif, un changement de pages rapide, un bon gestionnaire de bureau (Kobo Desktop) et un catalogue important de 2,3 millions d’ouvrages. Ses faiblesses : pas de fonction audio, seulement deux polices, pas de dictionnaires ou de système de recherche dans le texte et la nécessité de passer par un ordinateur pour enregistrer l’appareil.

Le Kobo Touch reste toutefois un appareil intéressant pour ceux qui veulent acheter un reader à encre électronique de qualité pour moins de 150 €. En attendant qu’il soit disponible en France, le catalogue francophone est d’ores et déjà disponible ici.

Si aucune de ces nouveautés prises séparément n’est fondamentalement innovante ou impressionnante, il n’en reste pas moins que leur cumul est en train de construire une offre assez complète et cohérente qui présentera des avantages évidents aux yeux des consommateurs français par rapport aux systèmes comparables : le Kindle (également censé arriver en France sous peu !), plus « fermé » et pas tactile, le FnacBook dont l’offre n’a jusqu’ici que modérément séduit (et dont le fabricant est en dépôt de bilan), ou encore le Cybook Orizon qui contre-attaque déjà par une baisse de prix (de 229€ à 199€) et une mise à jour de l’appareil.  Autre actualité remarquée :  Le pocketbook 360 qui passe de 169€ à 129€ avec 1 000 titres français gratuits, déjà pré-enregistrés sur l’appareil

Affaires à suivre…








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