La lecture numérique en France : mise en perspective

8 04 2012

Un baromètre semestriel sur les usages du livre numérique en France a été mis en place par la Sofia, le SNE et la SGDL avec une première étude en mars 2012 qui a porté sur 2014 personnes pour l’échantillon « population française » et sur 505 personnes pour l’échantillon « lecteurs de livres numériques ». Nous vous en présenterons ici quelques conclusions majeures, mises en perspective avec celles issues de l’étude menée par le cabinet GFK en mai 2011 (sur un échantillon de 1000 personnes) ainsi que de chiffres nous provenant des Etats-Unis afin de mieux discerner le chemin qu’elles semblent tracer pour l’évolution de la lecture numérique en France.

L’ebook, aujourd’hui, ça concerne qui ?

Selon ce nouveau baromètre, réalisé par OpinionWay, seuls 5% des français auraient déjà lu, au moins en partie, un livre numérique, un chiffre étonnamment bas comparé au résultat de 14% obtenu par Gfk. Selon le baromètre OpinionWay, seuls 5% supplémentaires de la population française envisageraient de lire en numérique. A titre indicatif, aux Etats-Unis, on estime en février 2012 que 21% de la population aurait déjà lu un ebook.

Quel est le profil du lecteur d’ebooks ? Sans surprise, plutôt un homme, de moins de 35 ans et de CSP supérieure, et surtout, déjà gros consommateur de livres papier. Parmi les lecteurs de livres numériques, au cours du mois écoulé, 65% auraient lu un livre papier et 49% un ebook. Le livre numérique apporterait ainsi de nouvelles pratiques (et un plus gros volume de lecture, pour 24% des sondés), plus que de nouveaux lecteurs. Ceci est cohérent avec la tendance observée aux Etats-Unis. Une étude menée par le Pew Research Center conclut ainsi qu’en 2011, 72 % des lecteurs auraient lu un livre imprimé, et environ 88 % des personnes ayant lu au moins un ebook pendant l’année auraient également lu un livre imprimé.

 

Ebooks vs. livres papier

Comment se positionnent livres numériques et livres papier dans ces nouveaux usages ? La possession d’un terminal de lecture, la facilité de stockage, la mobilité et le prix sont selon le baromètre OpinionWay les principaux arguments qui semblent jouer en faveur du livre numérique, tandis que le confort de lecture, la variété du choix et le plaisir d’offrir constituent les atouts majeurs du livre imprimé. Ces résultats s’inscrivent dans la droite ligne de ce que l’on observe aux Etats-Unis.

En termes de type de livres lus, la littérature semble avoir la part belle dans les usages des lecteurs d’ebooks ; 62% déclarent en lire. Leur second choix va aux documents, actualités, essais, livres de beaux arts et livres pratiques (32% des achats) puis aux livres scientifiques et techniques (30%), aux dictionnaires et encyclopédies (27%), aux livres de sciences sociales (24%), aux bandes dessinées (22%) et à l’enseignement scolaire (18%). Seuls 13% lisent de la littérature numérique jeunesse, 12% des livres traitant de religion ou d’ésotérisme, et 11% des guides touristiques et autres ouvrages de documentation. Cette classification ne permet pas d’observer si se vérifie en France l’engouement pour les ebooks de SF et de littérature sentimentale et/ou érotique constaté aux Etats-Unis.

Pour les années à venir, 44% des lecteurs d’ebooks prévoient d’accroître leurs usages légaux de livres numériques et 43% de les maintenir au même niveau. 73% des lecteurs d’ebooks envisagent une stabilité ou une augmentation de leur usage du livre imprimé.

Sur quoi lit-on des ebooks aujourd’hui ?

Selon le baromètre OpinionWay, les principaux supports de lecture de livres numériques actuellement restent l’ordinateur, portable (45% des lecteurs d’ebooks) ou fixe (30%), suivi des téléphones portables et smartphones (22%), des tablettes (18%) et des liseuses (17%). Ces chiffres sont tout à fait comparables à ceux auxquels aboutissait l’étude Gfk en mai dernier (support de lecture principal l’ordinateur à 56%, le téléphone portable à 19%, la tablette à 15%). La pénétration des liseuses est beaucoup plus marquée aux Etats-Unis où elle talonne l’ordinateur comme support de lecture (41% des lecteurs d’ebooks contre 42% pour l’ordinateur).

Le baromètre apporte également un autre éclairage intéressant sur le choix du support de lecture en corrélant possession d’un support électronique et utilisation de ce support pour la lecture. Sans surprise, 92% des possesseurs de liseuses l’utilisent pour lire, mais c’est également le cas de 79% des lecteurs possesseurs de tablettes. Ce chiffres tombent à 56% pour les possesseurs d’ordinateurs portables, 45% pour les ordinateurs fixes et 27% pour les smartphones.

 

Où s’approvisionne t-on en ebooks ?

Selon le baromètre OpinionWay, 80% des lecteurs d’ebooks se contenteraient de l’offre légale disponible, par respect du droit d’auteur (55% des répondants), par crainte de la sanction (30%) ou par satisfaction de l’offre existante (25%).

20% des lecteurs d’ebooks auraient en revanche déjà eu recours à une offre illégale de livres numériques, le plus souvent parce que l’offre légale manquait ou était trop chère (63% des répondants). Effet de hasard, pudeur des répondants ? Ce chiffre de 20%, déjà élevé, est pourtant bien inférieur à celui obtenu par Gfk (29%).

Toujours selon le baromètre OpinionWay, 74% de lecteurs d’ebooks auraient déjà acheté au moins un livre numérique. 36% se cantonnent donc aux ebooks gratuits, proportion à laquelle parvenait également l’étude Gfk.

Les ebooks sont achetés principalement en paiement à l’acte (67%) et chez des « géants » de l’Internet comme Amazon, l’Apple Store ou Google Books (cela arrive à 38% des lecteurs d’ebooks) ou du commerce culturel comme Fnac, Cultura ou Virgin (30%). Les sites de libraires (Dialogue, La Procure, Le furet du nord…) attirent encore 19% des lecteurs d’ebooks. Les sites d’acteurs « pure-players » ou d’auteurs restent en revanche une source d’approvisionnement marginale (11% vont dans des e-librairies pure-players, 8% sur des sites d’éditeurs ou d’auteurs), confirmant si besoin en était, que ce marché émergent est encore complètement entre les mains d’acteurs « traditionnels ».

 

Il est intéressant de constater que d’une année sur l’autre, les grandes tendances de la lecture numérique en France ne semblent pas évoluer de manière fondamentale et restent globalement cohérentes avec ce que l’on peut observer aux Etats-Unis. Une différence majeure entre ces deux pays est le taux de pénétration des liseuses, qui a sans doute une influence non-négligeable sur le décollage du marché, et que l’on peut expliquer au moins en partie par un simple décalage dans le temps ; aux Etats-Unis, la première liseuse vraiment pratique, et autonome, avec sa connexion Internet, est apparue en 2007 (c’était la première version du Kindle) quand en France il a fallu attendre 2011. Garder les yeux rivés au delà de l’Atlantique pour essayer de prévoir les évolutions du livre numérique en France n’est donc pas complètement absurde.

En attendant, dans les années à venir, selon le baromètre OpinionWay, 44% des lecteurs d’ebooks pensent augmenter leur usage de livres numériques légaux et 43% le maintenir ; 11% seulement pensent le diminuer. Rappelons tout de même que ces lecteurs ne constituent selon ce baromètre que 5% de la population française ; si la tendance est positive, la route reste longue. Et parsemée de défis : rendre le prix des livres numériques plus accessible, accroître et diversifier l’offre légale, améliorer les supports de lecture, les fichiers… ce n’est encore que le début de l’aventure !

Pour ceux qui veulent aller plus loin, l’étude complète est disponible ici.





Tablettes ou Liseuses ?

22 02 2012

Les utilisateurs de tablettes sont de plus en plus nombreux et selon le site du Figaro, le marché français des tablettes numériques devrait encore doubler en 2012 pour atteindre 3 millions de tablettes vendues.

La tablette numérique étant polyvalente, elle séduit de nombreux utilisateurs, et cette large progression du marché des tablettes se fait au détriment de celui des e-readers.

Ceux-ci étant parfaitement adaptés à la lecture tant par la qualité de leurs écrans que leurs luminosité, leurs poids et  durée de batterie, mais limités à la  lecture, se destinent en effet surtout à une utilisation par de grands lecteurs.

Une infographie parue la semaine dernière sur l’état du marché mondial des e-readers montre que les consommateurs français préfèrent  la tablette au lecteur ebook. La tablette a un taux de pénétration de 2,9 % contre 0,2% pour les e-readers, comme dans la plupart des autres pays européens.

Cette tendance devrait se poursuivre en 2012 ; Amazon a revu à la baisse ses prévisions de ventes d’e-readers (24 millions de Kindles contre les 28,6 millions estimés précédemment) mais à la hausse ses prévisions de ventes de tablettes (avec 14,9 millions au lieu des 12,7 millions initialement prévus).

L’arrivée d’e-readers en couleur sur le marché en 2012 devrait continuer à alimenter la guerre tablettes/e-redaers. Le Kyobo Mirasol fait d’ailleurs l’objet de comparaison avec les tablettes du marché. Si vous souhaitez voir les vidéos comparatives, c’est sur le blog d’Aldus !





Découvrir la scène littéraire jeunesse

3 12 2011

En manque d’idée de sortie pour ce dimanche pluvieux qui s’annonce ? Si vous habitez en région parisienne, pourquoi ne pas aller faire un tour au Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil qui continue jusqu’à lundi ?

Une bonne occasion de découvrir la scène littéraire jeunesse, papier bien sûr mais aussi numérique grâce au Pôle numérique organisé cette année. Ce pôle se structure autour d’une tablette géante crée par le Salon et sur laquelle les enfants peuvent expérimenter jeux, dessins, composition de musique, interactivité avec des personnages… Un iPad est également mis à leur disposition pour leur permettre de découvrir des applications-livres innovantes.

Initiative sympathique, les éditions Fleurus et Mango offrent pour tout achat d’un livre papier sur leur stand, un livre numérique gratuit à choisir parmi une sélection de 50 titres numériques des catalogues des maisons Fleurus, Mango, Rustica et Mame. Cette sélection comprend des livres jeunesse bien sûr mais également des livres de cuisine, de vie pratique, des livres religieux, des romans…

L’entrée du Salon est gratuite pour les moins de 18 ans.

Pour plus de détails, et pour les modalités d’accès, c’est ici.





Du nouveau sur le blog de Bouquineo !

29 11 2011

Il y a eu un certain nombre de mises à jour sur le blog aujourd’hui ! En voici le détail et les liens d’accès pour ceux qui souhaitent les découvrir…

Page « E-readers »

Info pratique : une mise à jour des modèles PRS-350, 650 et 950 a été rendue disponible !

Page « Glossaire »

Ajout du terme « impression à la demande » (merci Verzat pour la suggestion ! 🙂 )

Page « Logiciels gratuits »

Stanza : Amazon a effectué une dernière mise à jour de l’application, destinée à la rendre compatible avec iOS5. Profitez-en, après, c’en sera fini de l’excellente Stanza…

Page « Tablettes »

Ajout de l’Archos 70b ereader, un modèle qui sera très prochainement en vente dans les 250 points de vente Chapitre et France Loisirs pour 89€ (record battu !).

Ajout également de deux initiatives originales :

– les tablettes Lexibook Touchman et Lexibook Tablet, destinées aux enfants.

Qooq, la tablette made in France dédiée à la cuisine.

Bonne lecture ! 🙂





Kindle, Cybook Odyssey, Kobo by Fnac… où les acheter ?

13 11 2011

Les boutiques en ligne, c’est pratique, mais rien ne vaut quand même de pouvoir avoir un premier contact physique avec un objet souhaité. Alors pour ceux qui seraient tentés par un e-reader, mais qui veulent plus que des informations trouvées sur Internet pour faire leur choix, voici un petit bilan sur qui propose quoi aujourd’hui en France…

Boulanger (et donc aussi Planète Saturn désormais !) : on y trouve les Cybook (Opus, Orizon), les Sony (PRS-350, PRS-650, PRS-T1), l’Archos A70, ainsi que leur propre référence : l’Essentiel B (versions Graff’it color, e-Story, e-Story pocket). Ils vendent également les tablettes Samsung Galaxy et Qooq.

Carrefour : on y trouve le Samsung E60 et l’Archos 70B, notamment ; il est difficile d’obtenir une liste exhaustive, d’autant plus que l’offre est très variable selon les magasins !

Casino : à partir du 1er décembre, Casino proposera le Kindle d’Amazon. On y trouve également des tablettes dont l’iPad. Des modèles d’exposition seront disponibles pour les curieux… 🙂

Darty : il y a du choix chez Darty ! On y retrouve les Cybook (Opus, Orizon, Odyssey), les Sony (PRS-350, PRS-650, PRS-T1 ), l’Archos 70B, les MpMan (Colorebook7, Moovybook7 ), le Phonica EB 62, le Samsung SNE65, les iRiver (IRIVER STORY, IRIVER COVER).

Fnac : exit le FnacBook, place au Kobo by Fnac dans les étals à partir du 28 novembre.

France Loisir : loin de se laisser démonter par l’échec du Oyo, France Loisir récidive et lance lEbook Reader 3.0 (produit par la société allemande Trekstor) le 21 novembre.

Virgin : Virgin propose le Kindle d’Amazon (en exclusivité jusqu’au 1er décembre), et en parallèle lance une offre spécifique basée sur le Cybook Odyssey.

Voilà, on espère n’avoir rien oublié… si vous voyez d’autres modèles dans certaines de ces enseignes, ou d’autres enseignes proposant des e-readers, n’hésitez pas à nous le signaler par commentaires afin d’enrichir cette liste pour les prochains lecteurs ! 🙂





Kobo by Fnac : un concurrent sérieux pour le Kindle d’Amazon ?

4 11 2011

Avec les résultats décevants d’Apple et le moindre remous provoqué par l’arrivée de Google sur le marché du livre numérique, Amazon continue de dominer souverainement ce marché (pour rappel : on estime qu’ils représentent au moins 50 à 60% du marché du livre numérique aux Etats-Unis). Mais si la véritable concurrence était à attendre plutôt en provenance de Kobo ?

Lancé début 2009 par la chaîne de librairies canadienne Indigo Books and Music, initialement sous le nom de Shortcovers, Kobo s’est assez vite hissé au rang d’acteur majeur sur le marché américain du livre numérique, dont on estime qu’il représente aujourd’hui environ 10 à 15%. Comme Amazon, son offre d’origine, un e-reader associé à un catalogue d’ebooks, s’est progressivement enrichie d’applications, permettant d’utiliser le système Kobo sur une variété toujours plus grande de terminaux électroniques, puis d’outils de lecture sociale (sur ce point, avec ses services Kobo Pulse et Reading Life, Kobo est même plutôt en avance sur Amazon), et à présent d’une gamme élargie de terminaux électroniques de lecture.

Prochaine étape ? L’Europe. « Notre stratégie est de pénétrer de nouveaux marchés en nous associant aux leaders, aux acteurs de référence. », explique Michael Serbinis (CEO de Kobo). Après l’Allemagne et l’Espagne, Kobo applique cette stratégie en France : il proposera son e-reader en partenariat avec la Fnac. « Notre ambition commune est d’offrir une solution performante et l’offre de catalogue la plus large pour répondre aux attentes de nos clients et s’affirmer sur le marché français.» selon Alexandre Bompard (PDG de la Fnac). L’offre « Kobo par Fnac » est attendue pour les fêtes de fin d’année…

Nous n’avons pas encore de détails techniques concernant le modèle d’e-reader proposé par Kobo dans le cadre de ce partenariat mais il y a fort à parier qu’il sera très proche de son Kobo Touch. Design très épuré, écran E-ink Pearl de 6 pouces, tactile jusqu’au bout des ongles (il n’y a aucun bouton !), relativement léger (185 grammes), avec un stockage réel utilisateur de 1Go (mais jusqu’à 32Go avec des cartes MicroSD) et une autonomie de batterie d’environ un mois, une connectivité Wi-Fi ; le Kobo Touch est complètement dans les standards techniques actuels du marché. Son accès facilité au catalogue d’ouvrages Kobo ainsi que ses fonctions de lecture sociale particulièrement avancées (connexion de Reading Life avec les comptes Twitter et Facebook de l’utilisateur, statistiques de lecture, échange de commentaires avec le reste de la – déjà importante – communauté de lecteurs Kobo) le placent néanmoins parmi les e-readers les plus attractifs à l’heure actuelle. Ci-dessous une comparaison entre le Kobo Touch et le Kindle 3, en images :

Avec la fusion des catalogues Kobo et Fnac, les possesseurs d’un « Kobo by Fnac » auront accès à un catalogue de 80 000 ouvrages en français (contre 35 000 sur le Kindle Store à l’heure actuelle), et 2 millions d’ouvrages en anglais. Et ils y auront vraisemblablement accès depuis une tablette tactile (à l’inverse des utilisateurs du Kindle 4). De sérieux atouts pour contrer Amazon… dont on murmure qu’elle pourrait réagir en anticipant la date prévue de lancement du Kindle Touch sur le marché français. La bagarre pourrait se continuer ensuite sur le terrain des tablettes : Kindle Fire vs. Kobo Vox ? Les deux sont attendues dans l’Hexagone dans les prochains mois…

Une inconnue majeure à l’heure actuelle : le prix auquel sera proposé le Kobo by Fnac, et qui pourrait être un argument de poids pour les consommateurs. Pourra t-il s’aligner sur les 99€ du Kindle ?…

Mise à jour du 07/11 : l’information est tombée ! C’est bien le modèle Kobo Touch qui sera proposé dans le cadre de l’offre Kobo by Fnac. Il sera vendu 129,99€, soit tout de même 30% de plus que le Kindle d’Amazon (sauf pour les adhérents de la Fnac qui pourront bénéficier d’une remise de 30€ en chèque-cadeau). Les précommandes ouvrent aujourd’hui et la vente en magasin au 28 novembre.





Joyeux e-Halloween !

31 10 2011

Pour ceux qui souhaiteraient profiter de l’ambiance d’Halloween bien calés dans leur fauteuil avec leur tablette de lecture, voici quelques treats numériques !

Quelques applications pour iPhone et iPad bénéficiant de promotions spéciales Halloween

La sélection Halloween des éditions Harlequin

– Juste pour le plaisir : Comment se fabriquer un costume d’Halloween avec deux iPads 2

Et pour finir, un tour de magie spécial Halloween sympa exécuté avec un iPad, par le prestidigitateur allemand Simon Pierro :








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